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Moyen-orient

La victoire du laïc Iyad Allaoui laisse augurer de difficiles tractations

Vidéo par Alix LE BOURDON

Texte par Dépêche

Dernière modification : 27/03/2010

Le chef du gouvernement sortant, Nouri al-Maliki, refuse de reconnaitre sa défaite alors que, selon les résultats officiels, Iyad Allaoui remporte les législatives avec deux sièges d'avance. La formation d'un cabinet de coalition s'annonce difficile.

AFP - Le vainqueur des législatives irakiennes, le laïque Iyad Allawi, a lancé samedi ses négociations pour former une coalition gouvernementale, mais ses projets pourraient être compliqués par un avis de la Cour suprême réclamé par son rival, le Premier ministre Nouri al-Maliki.

"Allaoui veut enterrer le communautarisme politique"

Proclamant les résultats officiels, la commission électorale a annoncé vendredi soir que le Bloc irakien de M. Allawi avait obtenu 91 sièges au Parlement lors des législatives du 7 mars, contre 89 pour l'Alliance pour l'Etat de droit (AED) de M. Maliki, qui a contesté ces chiffres.

M. Allawi a indiqué samedi que sa liste avait nommé le vice-Premier ministre sortant, le sunnite Rifaa al-Issawi, pour mener les négociations avec les autres partis.

"Jusqu'ici il y avait des discussions. Les négociations commencent maintenant après l'annonce des résultats. Le dialogue se déroule avec les différentes forces politiques sans exception", a-t-il dit.

"Nous pensons qu'il doit y avoir un gouvernement fort capable de prendre des décisions qui servent le peuple irakien et permettent à l'Irak d'atteindre la paix et la stabilité et de reprendre sa place dans le monde arabo-islamique et au sein de la communauté internationale", a-t-il encore ajouté.

Il a également assuré qu'il entendait ouvrir une "nouvelle page" avec les pays voisins de l'Irak --la Syrie, l'Iran, l'Arabie saoudite et le Koweït-- et établir avec eux "meilleures relations" basées sur "la coopération et le fraternité".

Un avis de la Cour suprême, rendu il y a deux jours mais annoncé seulement samedi, pourrait toutefois compliquer les projets de M. Allawi.

A la demande de M. Maliki, la Cour a interprété l'article de la Constitution qui stipule que le président de la République confie au "candidat du plus large bloc à l'assemblée la formation du conseil des ministres".

"Les tractations à venir vont être très difficiles"

La Cour suprême a jugé dans son avis que la tâche de former un gouvernement pouvait également être confiée à une alliance de listes qui se sont présentées indépendamment mais qui ensemble totalisent le plus grand nombre de sièges.

Si la liste de M. Maliki, qui n'a que deux sièges de retard sur Iyad Allawi, réussit à former une coalition avec d'autres listes, notamment l'alliance de partis chiites religieux (70 sièges) ou l'alliance kurde (43 sièges), elle pourrait être chargée de former le prochain cabinet.

L'avis de la Cour suprême pourrait générer une grave crise politique et retarder la formation du cabinet, laquelle devrait prendre plusieurs mois.

Pour M. Allawi cependant, la constitution est claire.

"Le bloc qui a remporté le plus (de sièges) est celui chargé de former le gouvernement même s'il n'a gagné que d'une demi-personne (...) Le peuple a choisi le Bloc irakien pour être la base du dialogue avec les autres", a-t-il martelé.

M. Maliki a refusé de reconnaître sa défaite, arguant que les résultats n'étaient "pas définitifs".

Il avait lui-même appelé à un nouveau décompte des voix après les accusations de fraudes émises par son parti et agité l'épouvantail d'un "retour à la violence" si la commission n'accédait pas à cette demande.

Dossier : Les élections législatives irakiennes

Les résultats annoncés par la commission électorale seront définitifs après leur certification finale par la Cour suprême et l'examen par la commission électorale des éventuelles plaintes que les candidats pourront déposer à partir de samedi.

L'ONU et les Etats-Unis ont salué le scrutin. L'ambassadeur américain en Irak, Christopher Hill, et le commandant des troupes américaines, le général Ray Odierno, ont eux jugé qu'il n'existait "aucune preuve de fraudes massives ou sérieuses".

Première publication : 26/03/2010

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