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Planète

Soixante minutes dans le noir pour la planète bleue

Vidéo par Céline MISSOFFE

Texte par Dépêche

Dernière modification : 28/03/2010

Après l'Opéra de Sydney ou encore la Cité interdite de Chine, la Tour Eiffel et le palais de l'Élysée ont à leur tour éteint leurs lumières samedi soir. Près de 4 000 villes participaient à l'opération "Une heure pour la planète".

AFP - L'Opéra de Sydney, le front de mer de Hong Kong et le mémorial d'Hiroshima ont tour à tour été plongés dans l'obscurité samedi pour l'opération mondiale "Une heure pour la planète" (Earth Hour) destinée à promouvoir la lutte contre le réchauffement climatique.

A Sydney, les sirènes des ferries du port ont retenti pour donner le signal du "black-out" qui a débuté à 20h30 locales (09H30 GMT), tandis que les immeubles de bureaux et des millions de foyers australiens plongeaient dans le noir.

Cette année, près de 4.000 villes dans 125 pays, contre 88 l'an dernier, participent à l'événement organisé par le Fonds mondial pour la nature (WWF), soit un nombre record de participants quelques mois après les résultats décevants du sommet de l'ONU à Copenhague.

Des centaines d'édifices prestigieux, de la Tour Eiffel à Paris aux Pyramides et Sphinx d'Egypte, en passant par l'Empire State Building de New York, devaient plonger à leur tour dans le noir.

Parmi les 1.200 monuments qui devaient couper leur éclairage pendant une heure, figuraient aussi la Fontaine de Trevi et la Tour de Pise en Italie, les cathédrales Notre-Dame de Paris et Saint Paul à Londres.

En Chine, l'extinction de la Cité interdite et du "Nid d'oiseau", le stade emblématique des jeux Olympiques de Pékin en 2008, revêtaient un aspect particulièrement symbolique dans ce pays à la croissance économique fulgurante, mais qui s'est aussi arrogé le titre de plus gros pollueur de la planète.

"Du Brésil à l'Amérique, au Canada, jusqu'à l'Australie, au Japon, à l'Inde, c'est toute une mosaïque de pays qui participent cette année", s'est félicité le principal responsable de l'opération, Andy Ridley.

Trois heures avant Sydney, le petit archipel néo-zélandais des îles Chatham avait discrètement éteint ses générateurs, ne laissant que douze éclairages publics allumés. L'opération mondiale devait se terminer 24 heures plus tard aux îles Samoa.

Ont suivi la forêt de néons du front de mer de Hong Kong, les bureaux de Jakarta, Séoul et Tokyo.

Une centaine d'étudiants ont allumé des bougies et applaudi quand la lumière s'est éteinte sur le Mémorial de la paix d'Hiroshima, un des rares bâtiments a avoir survécu à la bombe atomique qui a ravagé la ville en 1945, selon un responsable local.

L'obscurité devait aussi recouvrir à Londres Big Ben et le Parlement, et aux Etats-Unis de célèbres sites et monuments comme le Mont Rushmore, l'Empire State Building, le Golden Gate Bridge à San Francisco, ou le "Strip" de Las Vegas, où sont alignés les casinos.

A Rio de Janeiro, les projecteurs éclairant l'immense statue du Christ sur la colline du Corcovado, s'éteindront.

A Dubai, Burj Khalifa, la tour la plus haute du monde culminant à 828m, sera également dans la nuit.

Mais à Bangkok, la campagne Earth Hour a été suspendue pour des raisons de sécurité alors que des dizaines de milliers de manifestants réunis dans la capitale exigent le renversement du Premier ministre.

Le secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-moon, a estimé vendredi que l'opération était "à la fois un avertissement et une lueur d'espoir".

"Le changement climatique est un sujet d'inquiétude pour chacun d'entre nous. Les solutions sont entre nos mains et sont prêtes à être appliquées par les individus, les communautés, les entreprises et les gouvernements à travers le monde", a-t-il dit.

Cette opération, née à Sydney en 2007, survient trois mois après l'échec du sommet sur le climat de Copenhague. Un accord a minima fixe comme objectif de limiter à deux degrés la hausse moyenne de la température de la planète mais reste très évasif sur les moyens d'y parvenir, ne donnant aucun objectif chiffré à court terme (2020) ou moyen terme (2050).

Les grands pays en développement, dont la Chine et l'Inde, s'arc-boutent contre toute tentative de leur faire accepter des contraintes. Ils considèrent en outre que les objectifs de réduction annoncés par les pays industrialisés sont encore loin du compte.
 

Première publication : 28/03/2010

  • ENVIRONNEMENT

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