Dernière modification : 30/03/2010 

- Moscou - Russie - Terrorisme


Journée de deuil dans le pays après le double attentat du métro de Moscou

Au lendemain de la mort de 39 personnes dans un double attentat-suicide dans le métro de Moscou, une journée de deuil a été décrétée en Russie. Dans les stations touchées, des centaines de personnes déposent des fleurs en hommage aux victimes.

Par Carlotta RANIERI (vidéo)
Dépêche (texte)
 

AFP - La ville de Moscou se recueillait mardi à la mémoire des 39 personnes tuées dans le double attentat suicide la veille dans le métro de la capitale, alors que la pression montait contre les autorités russes critiquées pour leur politique de sécurité.
   
Des habitants venaient déposer des fleurs dans les stations de métro Loubianka et Park Koultoury, où les deux attentats commis lundi à une heure de pointe par deux femmes kamikazes ont fait également 73 blessés.
   
Une veillée de prière de l'Eglise orthodoxe à la mémoire des victimes était prévue à la mi-journée à la cathédrale du Christ-Sauveur, le plus grand édifice religieux de la capitale.
   
Au cours de cette journée de deuil décrétée par la municipalité, les drapeaux devaient être en berne et les chaînes de télévision et les théâtres devaient annuler leurs programmes de divertissement.
   
Alors que de nombreux policiers étaient déployés dans le métro, la presse russe accusait le gouvernement du Premier ministre Vladimir Poutine de ne pas avoir réussi à prévenir ces attaques, attribuées par les autorités à deux femmes kamikazes liées à des groupes rebelles du Caucase du Nord.
   
"La réalité a mis fin aux illusions sur la sécurité au quotidien", estime le quotidien économique Vedomosti.
   
Car "au cours de ces dernières années, les autorités et les chaînes de télévision publiques (pro-Kremlin, ndlr) ont laissé croire aux Russes que le terrorisme était localisé dans le Caucase du Nord et ne menaçait pas les simples citoyens", constate le journal.
   
Moscou a été frappée plusieurs fois depuis les années 1990 par des explosions mortelles mais le dernier attentat d'ampleur dans le métro remonte au 6 février 2004. Il avait fait 41 morts et 250 blessés.
   

Les premiers secours arrivent dans la station de Loubianka, après l'attentat-suicide survenu lundi à 7h56 heure locale. Cette photo, ainsi que la suivante, a été extraite de l'enregistrement d'une caméra de sécurité, puis postée sur Twitter quelques heures plus tard.
Pompiers et secouristes affluent dans la station Loubianka, lundi matin. Au moins 24 personnes y ont été tuées lors de l'explosion provoquée par une femme kamikaze, selon les autorités.
Un deuxième attentat a frappé la station Park Koultouri, dans le sud-ouest du centre de Moscou, à 8h40 (4h40 GMT). Comme à la station Loubianka, une femme kamikaze aurait déclenché sa ceinture d'explosifs à l'arrivée d'une rame.
Au moins 12 personnes ont été tuées et des dizaines d'autres blessées dans la station Park Koultouri, selon le ministère des Situations d'urgence.
Le siège des services de renseignements russes, le FSB, se trouve juste au dessus de la station Loubianka, où la première déflagration a été entendue.
Les secours s'activent dans les stations frappées par les attentats pour évacuer les blessés. Les deux explosions se sont produites en pleine heure de pointe. Près de 8,5 millions de personnes empruntent chaque jour le métro dans la capitale russe. (Photo AFP)
Les pompiers russes transportent du matériel de secours dans la station de métro Loubianka, tandis que la police boucle le quartier. (Photo AFP)
Les dizaines de blessés sont évacués vers les hôpitaux de la capitale russe. Plusieurs d'entre eux se trouvent dans un état grave. (Photo AFP)

    Or, ce qui s'est passé lundi "a montré que les autorités n'ont pas réussi à faire de progrès significatifs pour résoudre le problème du séparatisme dans le Caucase du Nord", renchérit le quotidien Vremia Novosteï.
       
    Pourtant, "on a renforcé les lois contre les personnes accusées de terrorisme, on a changé la structure des organismes assurant la sécurité et augmenté leurs effectifs et on a créé le Comité national antiterroriste. Mais tout ça n'a pas pu servir de garantie contre le retour des terroristes à Moscou", déplore le journal.
       
    Les attentats n'ont pas été revendiqués, mais l'"Emirat du Caucase", un groupe dirigé par le chef islamiste tchétchène Dokou Oumarov, avait appelé récemment à attaquer Moscou.
       
    Le comité d'enquête du parquet russe a lancé un appel à toute personne ayant été témoin des attentats et mis en place une ligne téléphonique, soulignant que "toute information était importante" pour les enquêteurs, a déclaré le porte-parole du ministère public, Vladimir Markine, cité par l'agence Interfax.
       
    Deux femmes et un troisième complice présumé sont recherchés, selon une source au sein des services de sécurité.
       
    Une piste étrangère n'est pas exclue, a déclaré pour sa part lundi soir le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov.
       
    "Nous tous savons très bien que des terroristes clandestins sont très actifs à la frontière entre l'Afghanistan et le Pakistan. Nous savons que plusieurs attentats y sont préparés, pour être perpétrés non seulement en Afghanistan, mais aussi dans d'autres pays. Parfois, ces itinéraires vont jusqu'au Caucase" russe, a-t-il estimé.
       
    Pour sa part, la chef de la diplomatie américaine Hillary Clinton a qualifié le terrorisme d'"ennemi commun". "Que l'on soit dans le métro de Moscou, le métro de Londres, un train à Madrid ou un immeuble de bureaux à New York, nous faisons face au même ennemi", a-t-elle affirmé à la chaîne canadienne CTV.

     

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