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EUROPE

Victoire écrasante de l'opposition de droite aux élections législatives

Vidéo par Gulliver CRAGG , Achren VERDIAN

Texte par Dépêche

Dernière modification : 12/04/2010

Le Bureau national électoral a annoncé, après des résultats partiels sur 99 % des suffrages dépouillés, la large victoire du parti d'opposition de droite Fidesz aux élections législatives. L'extrême droite fait une percée et entre au Parlement.

AFP - Le parti d'opposition de droite Fidesz a remporté une écrasante victoire dès le premier tour des élections législatives dimanche en Hongrie, tandis que l'extrême droite a réussi une percée et fait son entrée au Parlement, selon les résultats publiés par le Bureau national électoral (OVI).

Sur la base de 99% des bulletins de vote dépouillés, le Fidesz totalise 52,77% des suffrages et est déjà assuré d'avoir au moins 206 sièges sur les 386 du parlement monocaméral. Le premier tour de scrutin a permis de répartir un total de 265 sièges entre les quatre partis représentés.

Il faudra cependant attendre le deuxième tour le 25 avril pour savoir si le Fidesz disposera de la majorité des deux tiers dans la nouvelle assemblée, ce qui lui permettrait de réviser la Constitution.

Son charismatique dirigeant, l'ex-Premier ministre Viktor Orban, âgé de 46 ans, aura ainsi réussi à prendre sa revanche sur les socialistes et mettre un terme à son purgatoire de huit années dans l'opposition.

L'extrême droite hongroise du parti Jobbik, créé en 2003, a, elle, réussi une percée à 16,71% pour son entrée au parlement national. Le Jobbik connu pour ses prises de position racistes, antisémites et contre les Roms, améliore donc son score des élections européennes en juin 2009 (près de 15%).

Grand perdant, le Parti socialiste MSZP se maintient toutefois à la deuxième place avec 19,29% des voix, une chute spectaculaire par rapport à ses 43,21% de 2006.

Contrairement aux sondages, le dernier arrivé dans l'arène politique, le petit parti de la gauche écologiste LMP a réussi à franchir la barre des 5% des suffrages nécessaires pour être représenté au parlement. Avec une campagne axée sur le mot d'ordre "la politique peut être différente", il a obtenu un succès d'estime de 7,42% des suffrages.

Viktor Orban, futur nouveau chef du gouvernement hongrois et ancien artisan de la transformation du régime post-communiste, avait été, à 35 ans, le plus jeune Premier ministre conservateur d'Europe, de 1998 à 2002.

Il a fait une campagne sur des idées très générales promettant dimanche matin encore "de sortir le pays du désespoir" lorsqu'il a glissé son bulletin dans l'urne.

Dans ses discours électoraux devant des dizaines de milliers de fidèles, alors qu'il a évité tout débat avec ses adversaires, il a affirmé qu'il allait créer un million d'emplois en dix ans dans ce pays d'à peine 10 millions d'habitants et frappé d'un taux de chômage de plus de 11%.

Les électeurs hongrois ont été moins nombreux à se rendre aux urnes dimanche pour ce premier tour avec un taux de participation de 64,29% contre 67,83% au premier tour des législatives de 2006. Ce scrutin s'était alors soldé par une défaite de justesse du Fidesz à 42,03% contre 43,21% aux socialistes.

Ces derniers, reconduits après leur victoire en 2002, avaient formé une coalition avec les libéraux, qui a éclaté en avril 2009 avec la démission des ministres libéraux. Depuis, le pays est dirigé par un gouvernement socialiste minoritaire conduit par un Premier ministre technocrate et sans parti, Gordon Bajnai.

Très affectée par la crise financière, la Hongrie avait été sauvée in extremis de la faillite en octobre 2008 par un prêt de 20 milliards d'euros du Fonds monétaire international (FMI), de la Banque mondiale et de l'Union européenne.

Dix-huit mois plus tard, le pays compte parmi ceux dont les finances ont été les mieux assainies grâce à une politique drastique d'économies budgétaires, imposée par le FMI et l'UE.

L'un des principaux enjeux de l'après-législatives est de savoir quelle politique économique et sociale Viktor Orban mettra-t-il en oeuvre, alors qu'il a beaucoup promis.

Première publication : 12/04/2010

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