Dernière modification : 12/04/2010 

- Abhisit Vejjajiva - Chemises rouges - Manifestations - Thaïlande - Thaksin Shinawatra


"La polémique s'installe après notre reportage exclusif sur les affrontements"

FRANCE 24 a diffusé des images exclusives des affrontements entre les "chemises rouges" et les forces de l'ordre à Bangkok, samedi soir. Notre correspondant Cyril Payen, qui les a tournées, revient sur la couverture de l'évènement.

Par Cyril PAYEN / John LIN / Régis DESCONCLOIS (vidéo)
FRANCE 24 (texte)
 

France24.com : Comment vous êtes-vous retrouvé au cœur de l'affrontement entre les "chemises rouges" et les forces de l'ordre, ce qui vous a permis de tourner les images diffusées sur France 24 ?

Exclusif : Au cœur des affrontements entre armée et "chemises rouges"

Images tournées lors des affrontements survenus le 10 avril.

Cyril Payen : Quand on a compris que, en quelques endroits précis, les affrontements risquaient d'être violents, notre équipe de journalistes s'y est rendue. C'était un choix délibéré.

Mais on ne s'attendait pas du tout à une telle escalade de la violence, et encore moins à ce qu'une grenade explose au pied des soldats, blessant John Lin, notre collègue. On a eu de la chance d'être sur place, mais encore plus de s'en sortir vivant.

Avant de partir couvrir ces affrontements, nous avions séparé les équipes en deux. Une première s'est rendue dans un centre commercial du côté des "chemises rouges", et la seconde du côté des soldats, dans une rue proche des quartiers touristiques de Bangkok, celle où a été tournée la vidéo des tirs. Une fois sur place, les soldats ont accepté que nous les filmions. Il n'y a pas eu d'hostilité de leur part envers notre équipe.

Les images sont marquantes parce qu'on était au plus près de l'action, mais le danger était bien présent. Techniquement, notre collègue a eu de la chance que sa caméra ne soit pas orientée du côté de la détonation, sinon l'explosion aurait brisé son objectif et il n'aurait pas pu continuer à filmer.

 

Pouvez-vous revenir sur la polémique consécutive à la diffusion de cette vidéo ?

C. P. : Une vraie polémique est née des images que nous avons tournées en Thaïlande. Nous sommes les seuls à les avoir obtenues, et les seuls à avoir été au milieu des soldats lorsque cela est arrivé.

On ressent beaucoup de pression, surtout depuis que le gouvernement a affirmé avoir tiré en l'air et seulement avec des balles en caoutchouc, samedi soir.

Ce qui fait débat en Thaïlande après la diffusion de notre vidéo, c'est avant tout la présence possible d'une troisième force. Cette violence subite n'est pas logique : quelques minutes avant l'explosion, des "chemises rouges" et des soldats se serraient la main. Dans la rue résonnait de la musique classique - du Chopin - diffusée par des grands hauts parleurs de l'armée afin d'apaiser les esprits.

Aujourd'hui on ne sait toujours pas quel camp a lancé la grenade. Armée et manifestants s'en rejettent la responsabilité. On sait que les "chemises rouges" dérobent régulièrement du matériel aux forces de l'ordre. Plusieurs fusils lance-grenades M79 avec leurs munitions ont disparu depuis un mois.

 

Comment expliquez-vous ces violences qui ont fait au moins 21 morts pendant le week-end ?

C. P. : L'hypothèse d'une troisième force en présence est renforcée par l'autopsie des blessés. Dans les morgues et les hôpitaux, nous avons vu au moins six civils tués par une balle en plein milieu du front. C'est plutôt la signature d'un tireur d'élite - dit "sniper" - que celle d'un tir de dissuasion.

Et, au vu des blessures, il s'agit de fusils snipers à très forte puissance, une arme peu commune que seules quelques forces spéciales militaires détiennent. Les soldats que nous avons vus n'en sont pas équipés.

Il pourrait s'agir de gens qui ne sont pas issus de l'armée, mais qui tirent "dans le tas" pour créer le chaos. Cela pourrait être soit des vétérans de l'armée, soit une faction "dure" et lourdement équipée des "rouges". La Thaïlande a toujours eu de nombreuses factions militaires différentes. Le pays a d'ailleurs subi 16 coups d'États en 32 ans.

Commentaires (5)

Fusils sniper

"Et, au vu des blessures, il s'agit de fusils snipers à très forte puissance, une arme peu commune que seules quelques forces spéciales militaires détiennent. Les soldats que nous avons vus n'en sont pas équipés."
Nous dites-vous. De quoi parlez-vous ?
Faites-vous allusion à des armes utilisant des .50 BMG (12.7 x 99 mm) comme le Mac Millan ou le Barret ? Les blessures sont alors facilement identifiables. Je n'ai vu nulle part la mention de telles armes dans les médias thaïlandais.
Les munitions de calibre 5.56x45 mm (.223 Remington) ou 7,62x51 mm(.308 Winchester) sont aussi utilisées par les snipers (SPR Mk.12, SAM-R, SDM-R, dérivé du M16 en 5.56 et Mk.11 Mod 0 dérivé aussi du M16 en 7.62 comme le HK PSG-1)et les blessures infligées peu différentes de celle provoqué par un tir de M16 ou d'un AK74(5.56x45) ou d'un AK47 (7.62 x 39 mm).
Il y a eu plus de 1 470 blessés, que six personnes aient été tué d'une balle dans le front ne permet pas d'établir que ce soit le fait de tireurs d'élites.
Votre hypothèse "de gens [...] qui tirent "dans le tas" ne peux expliquer l'usage de fusils de sniper ! Avec un M16 un bon tireur peut tirer à 300 m (sans instrument d'aide à la visée) avec une redoutable précision.
Fonder l'action de tireurs d'élites sur les bases que vous citez me parais bien léger...

les vols interdits

moi je pense que les autorités doivent faire tout leur possible pour degager se nuage volcanique car les européens ont besion de se deplacer .oubien comme les américain se disent la premiére puissance au monde il doivent donner l'exemple en faisant par exemple envoyer un grand vent sur le nuage .

verité

Je peux dire que sur silom aujourd'hui, il y avait des militaires armés. Super chouette comme ambiance.
Les rouges se sont installés en plein centre de Bangkok, il y a des gens armés sur les toits tout autours. Vive les vacances.
Attention, cela va bouger. Et cela va faire très mal; aux gens qui manifestent, à ceux qui se trouveront par là, et à tous les thailandais, de toutes les couleurs. Car maintenant la Thailande a perdu son image de Paradis. La Thailande est aussi violente et dangereuse que les autres pays.
Sai Ya, que fais tu à Bangkok ?

prendre contact avec les journalistes de FRANCE24

je me présente, je m'appelle Saya, je suis actuellement en Thailande pour des raisons professionnelles.
mais vu la situation politique, rien n'avance.
Interessé par la tournure des évènement ici.

j'aurai aimé prendre contact avec vous l'équipe de reporter. Pour parler de la situation et quels en sont les conséquences?

je vous fais part de mon adresse mail: sai-ya@hotmail.fr

j'espere pouvoir vous rencontrer rapidement.

Bon courage.

La veritee sur la Thailande

Je suis une thailandaise qui vit a Bangkok depuis 40 ans.Donc si vous,les francais qui veulent savoir la veritee sur cette violence,priez de chercher les details avant de parler au monde.Contacter directement svp.

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