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Economie

"Cette récompense démontre que les médias en ligne ne tuent pas la presse"

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 14/04/2010

Pour la première fois dans l'histoire des prix Pulitzer, deux sites internet indépendants ont été honorés. Stuart Allan, auteur de "Online News", revient sur la signification de la récompense reçue par Propublica.org.

Le prix Pulitzer, vieille institution, honore un site Internet. Quelle en est la signification pour les médias en ligne ?

Stuart Allan : C’est une reconnaissance très encourageante pour ce média. Le prix décerné à Propublica prouve qu’une certaine forme de journalisme, le journalisme collaboratif, offre de nouvelles perspectives pour une profession en plein doute. Propublica a travaillé main dans la main avec le "New York Times" pour cette enquête [sur des dérives médicales graves pendant l'ouragan qui a ravagé la Nouvelle-Orléans, ndlr] qui a été primée. Cela démontre que les médias en ligne peuvent être complémentaires des publications traditionnelles et qu’ils ne tuent la presse traditionnelle.

Il est aussi surprenant que le prix décerné concerne la catégorie investigation alors qu’on assimile souvent l’Internet aux rumeurs et aux informations légères...

S. A. : J’aimerais croire que cette époque est révolue et que ce prix permette enfin de dépasser ce cliché. Il faut bien comprendre que les médias traditionnels ont de moins en moins les moyens de se lancer dans des enquêtes telles que celle menée par Propublica. L’article a nécessité deux ans de travail ! Quel journal peut encore aujourd’hui se permettre de détacher l’un de ses salariés pendant deux ans sur un seul sujet ? Ce prix montre que pour faire du journalisme de qualité aujourd’hui, il faut être imaginatif car les revenus publicitaires ne permettent plus de faire de longue enquête. Et cette idée d’un journalisme qui ne dépend plus uniquement de la publicité est quelque chose de très neuf aux Etats-Unis.

Propublica n’est-il pas un cas unique grâce à l’argent qu’il reçoit de riches donateurs comme, notamment, le couple de milliardaires américains Sandler ?

S. A. : Certes Propublica bénéficie de fonds importants, mais le modèle qu’il propose peut fonctionner à une échelle beaucoup plus modeste. Par exemple, dans la presse scientifique. Lorsqu’un journaliste cherche des points de vue et des spécialistes, il peut se tourner vers la blogosphère où il trouvera bon nombre de scientifiques qui pourront chacun lui amener une expertise et plusieurs points de vue.

Une autre spécificité de Propublica est que ces articles sont libres de droits ("creative commons"), ce qui est très différent des pratiques de la presse traditionnelle…

S. A. : Oui, et en un sens ce prix Pulitzer est également la reconnaissance d’une autre approche du journalisme dont Propublica est l’un des plus éminents représentants. Le site promeut une libre circulation de l’information, sans entrave aucune. Le fait que le site a pu faire une enquête comme celle qui a été primée prouve que cette totale liberté peut être synonyme de grande qualité. C’est également cruel pour tous les médias qui sont obligés de traiter des sujets qui plaisent soit-disant au public afin d’attirer la publicité et qui, du coup, se retrouvent coincés à parler de people et d’informations badines.

Première publication : 13/04/2010

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