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Élus du Hezbollah et de l'Alliance du 14-Mars s'affrontent... sur un terrain de foot

Texte par Julien PEYRON

Dernière modification : 08/06/2010

Des parlementaires et des ministres de tout bords ont fait une trêve le temps d’un match de foot. Ils ont chaussé les crampons lors d’une rencontre de "réconciliation", le jour du 35e anniversaire du début de la guerre civile.

Un seul hymne national, repris en cœur par les deux équipes. D’un côté, les rouges du Premier ministre Saad Hariri; de l’autre, les blancs emmenés par le député du Hezbollah Ali Ammar. C’est une confrontation assez particulière qui s’est tenue mardi soir au stade de la cité sportive de Beyrouth. Les deux équipes, composées de ministres et de parlementaires libanais, ont voulu faire de cette rencontre un symbole pour la paix, 35 ans jour pour jour après le début de la guerre civile.

Baptisé "Nous sommes tous une seule équipe", le match s’est tenu sous les yeux amusés du président de la République Michel Sleimane, qui s’est bien gardé de préciser quelle équipe il soutenait. Les deux équipes se sont affrontées 30 petites minutes sur un rythme peu soutenu, du fait de la condition physique de la plupart des joueurs. N’ayant pas été ouvert au public pour des raisons de sécurité, le match s’est disputé devant des gradins composés uniquement de journalistes et de diplomates.

"Ali Ammar n'a aucune stratégie de défense"

Le Premier ministre Saad Hariri a salué une rencontre "organisée entre frères d’un même pays" précisant que "les ministres et les parlementaires qui y ont pris part représentent toute la population libanaise". "Quand le Liban joue en équipe, il peut vaincre", a-t-il ajouté, profitant du fait que son équipe s’est facilement imposée 2-0.

Dotés d’une maîtrise technique et tactique bien supérieure, les joueurs rouges ne se sont d’ailleurs pas privés de commenter leur victoire. Le double buteur et farouche adversaire politique du Hezbollah, Samy Gemayel, a profité de l’occasion pour tacler le parti chiite sur ses lacunes "footballistiques". Selon lui, le score "prouve qu’Ali Ammar [le capitaine de l’équipe blanche et député du Hezbollah] n'a aucune stratégie de défense"…

Son cousin Nadim Gemayel, qui lui jouait dans l’équipe des blancs pour l’occasion, a pour sa part reconnu que "l’équipe de Saad Hariri possède une belle attaque", avant d’ajouter que la défense des blancs était, de toute façon, "essentiellement dirigée contre Israël, qui représente le véritable ennemi de tous les Libanais".


Les vieux antagonismes et les vieilles rancœurs ont cependant été oubliés l’espace d’une rencontre. À l’issue du match, tous les joueurs sans exception se sont embrassés avant de se rassembler devant les bancs de touche pour une photo de groupe.

Le Premier ministre libanais Saad Hariri (au centre, numéro 22) pose au milieu des joueurs des deux équipes. (Photo : AFP)

 

 

Première publication : 14/04/2010

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