Dernière modification : 18/04/2010 

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Disparition du comédien burkinabè Sotigui Kouyaté

Disparition du comédien burkinabè Sotigui Kouyaté

Le cinéma africain est en deuil. Le comédien burkinabè Sotigui Kouyaté, 74 ans, est mort hier à Paris d'une maladie pulmonaire. Il avait été récompensé en 2009 à Berlin d'un Ours d'argent pour son rôle dans "London River".

Par Dépêche (texte)
 

AFP - Le comédien burkinabè Sotigui Kouyaté, acteur au cinéma et au théâtre dans de nombreuses pièces de Peter Brook, est décédé samedi après-midi à Paris d'une maladie pulmonaire à l'âge de 74 ans, a annoncé à l'AFP son agent.
   
L'acteur est décédé à 18H30 locales (16H30 GMT) au Centre hospitalier Georges Pompidou, a indiqué à l'AFP le ministre de la Culture du Burkina Faso, Filippe Sawadogo, déplorant "une grande perte pour le cinéma et le théâtre dans le monde, en Afrique et au Burkina Faso".
   
Récompensé par l'Ours d'argent 2009 du meilleur acteur dans "London river" du Franco-Algérien Rachid Bouchareb, Sotigui Kouyaté, installé en France et en Suisse, était l'un des grands acteurs africains contemporains et grands promoteurs du cinéma malien et burkinabè.
   
Né en 1936 à Bamako, Sotigui Kouyaté avait d'abord été joueur de football professionnel et sélectionné deux fois en équipe nationale. Il s'est orienté ensuite vers l'enseignement puis la comédie et, en 1966, il a monté sur place sa propre compagnie de théâtre populaire.
   
Après plusieurs films burkinabè, notamment de Mustapha Diop, Sotigui Kouyaté a été à l'affiche en 1986 de "Black Mic Mac", comédie du Français Thomas Gilou.
   
L'année précédente, Peter Brook, dont il deviendra le comédien fétiche, lui confie un premier rôle au théâtre dans "Mahabharata", puis "La Tempête", "L'Homme qui prenait sa femme pour un chapeau", "Qui est là", "Antigone", 'Hamlet", "Le Costume" et "Tierno Bokar"...
   
Avec sa longue et noble silhouette et son visage de sage, Sotigui Kouyaté a également marqué au cinéma dans "IP5" de Jean-Jacques Beineix avec Yves Montand, "Tombés du ciel" de Philippe Lioret, "Le Maître des éléphants", de Patrick Grandperret, "La Genèse" d'Oumar Sissoko, "Little Senegal" de Rachid Bouchareb.
   
"Je suis guinéen d'origine, malien de naissance et burkinabè d'adoption. Je ne suis passé par aucune école de théâtre, si ce n'est la grande école de la rue, de la vie", confiait l'acteur.
   
"Sotigui est l'un des plus grands sages de la culture qui ont apporté la renaissance aux arts vivants en Afrique", a estimé le ministre burkinabè, ancien délégué général du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco).
   
"C'est l'un des hommes qui ont magnifié la culture et le cinéma africains", a-t-il salué, présentant ses condoléances "au nom du président du (Burkina) Faso (Blaise Compaoré), du gouvernement et du peuple burkinabè à la famille de l'illustre disparu et au monde du théâtre et du cinéma".
   
Le cinéaste burkinabè Gaston Kaboré (primé au Fespaco 1997 pour son film "Buud Yam") a rendu hommage à "un homme extraordinaire, un géant de la comédie". "Il part en emportant beaucoup d'énergie. (...) Il y a un grand séisme dans le monde du cinéma et du théâtre de l'Afrique et du monde avec la perte de cet homme qui a joué dans les plus grands théâtres du monde. Je dirais tout simplement: immense talent, immense culture, une grande figure".
   
Un autre cinéaste du Burkina, Idrissa Ouédraogo (grand prix du jury à Cannes en 1990 pour son film "Tilaï"), a évoqué "un père" et "un grand homme". "De toute façon il survivra, parce qu'il est dans beaucoup de films, c'est un exemple et les exemples restent toujours. Un homme qui quitte le Burkina, qui va en France, qui réussit et qui est admiré du monde entier, c'est un exemple de courage, de combativité et tout ça c'est du Sotigui".

 

Commentaires (3)

Condeleances

C'est avec un grand regret que apris le decès de ce grand artiste a dimension international. Je vous adresse mes condeleances, que son AME se repose en paix

La disparition de Sotigui Kouyaté

Je suis bouleversé d’apprendre la disparition de Sotigui.
J’ai eu le rare privilège de jouer avec lui une adaptation pout le théâtre du « supplément au voyage de Bougainville de Denis Diderot».
Les répétitions de ce spectacle ont été un enchantement, il avait le don de nous transcender tout simplement avec quelques mots : Dans le décor, il y avait un arbre dont le tronc était creux, il restait caché dedans pendant toute la première partie de ce spectacle.
Lors des répétitions il avait la patience de rester dans le tronc d’arbre. Sa jolie et impressionnante et douce figure en sortait parfois pour me dire « C’est très très bien Déni… en roulant les R d’une façon qui n’appartenait qu’à lui seul»
Pendant ce spectacle il me prenait plusieurs fois les mains et à chaque fois il me donnait une énergie faite de force et de générosité.
Quelques années plus tard, j’ai participé à un stage dirigé par lui « L’art du Griot » à la Cartoucherie ; au travers d’exercices et de discours, il a permis au groupe que nous étions de vivre des moments inoubliables.
A la fin du stage il a pris soin de parler à chacun de nous avec douceur et gentillesse, il a prodigué à chacun des conseils et des directions de travail.
Il était un grand connaisseur d’âmes.
A chaque fois que je suis allé le voir au théâtre des Bouffes du Nord, après la représentation il m’accueillait avec son grand sourire que je n’oublierai jamais en ma disant : « Hé ! Saint Déni comment vas-tu ? »
Je suis triste, je pense à toute sa famille qui tous sont beaux et généreux comme lui.
Je suis fier de t’avoir rencontré Sotigui, tu as été un père pour moi.
Grâce à toi j’ai pu découvrir Amadou Hampâté Bâ.
Tu m’as tant appris…
Tu sentais si bon...
Merci Sotiguy
Denis Hecker

le cinema africain

c'est une grande perte pour l'afrique dans le domaine du cinema car il fut un grand precurseur du cinema africain

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