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Sept chefs-d'œuvre français s'apprêtent à rejoindre Shanghaï... si le ciel le permet

Texte par Dépêche

Dernière modification : 19/04/2010

Les chefs-d'œuvre picturaux français sélectionnés pour représenter l'Hexagone lors de l'Exposition universelle de Shanghaï, qui débute le 1er mai, sont prêts à s'envoler pour la Chine. À moins que le nuage de cendres en décide autrement...

AFP - Sept chefs d'oeuvre du musée d'Orsay, dont l'emblématique "Angélus" de Millet, ont été mis en caisse ce lundi avec d'infinies précautions et sont désormais prêts à s'envoler pour l'Exposition universelle de Shanghai où ils représenteront la France. Si le ciel le permet.

En principe six tableaux et une sculpture doivent partir en fin de semaine pour Shanghai, sur des vols réguliers et séparés. A moins que les perturbations du trafic aérien, engendrées par l'éruption du volcan islandais n'obligent à différer leur départ.

L'Exposition universelle de Shanghai ouvrira ses portes au public le 1er mai, pour six mois. Cent millions de visiteurs (à 95% Chinois) sont attendus pour cette manifestation.

Des chefs d'oeuvre des peintres Jean-François Millet, Edouard Manet, Vincent Van Gogh, Paul Gauguin, Paul Cézanne, Pierre Bonnard et du sculpteur Auguste Rodin ont été retenus pour être les ambassadeurs culturels du Pavillon français.

"Ils témoignent de la vitalité de la création en France dans la seconde moitié du XIXe siècle", explique à l'AFP Guy Cocheval, président du musée d'Orsay, qui a supervisé le décrochage des tableaux.

"L'Angélus" (1857-1859) de Millet, qui représente un couple de paysans recueillis pour leur prière du soir en plein champ, a déjà participé à l'Exposition universelle de 1867 à Paris.

Une fois sa vitre protectrice retirée, le fameux tableau fait l'objet d'un constat sur son état, pour des questions d'assurance. "Je vérifie la couche picturale, si il n'y pas de soulèvement de peinture, si le cadre est intact", explique Philippe Saunier, conservateur au musée d'Orsay. C'est lui qui sera chargé d'accompagner la toile à Shanghai et de dresser un constat sur son état à l'arrivée.

Le tableau est ensuite décroché très délicatement par des agents aux mains gantées, d'une société spécialisée dans le transport des oeuvres d'art.

Ils emmaillotent avec soin le tableau puis le déposent dans une caisse en bois construite spécialement.

Recouverte de plusieurs couches de mousse protectrice, la caisse, isotherme, maintient une température constante et un taux d'humidité stable.

La caisse sera ouverte 48 heures avant l'accrochage de l'oeuvre pour permettre au tableau de s'adapter à son nouvel environnement, dans le Pavillon français construit par l'architecte Jacques Ferrier.

"L'Angélus" est l'"une des dix oeuvres majeures du musée d'Orsay", souligne M. Cocheval, "les visiteurs asiatiques s'arrêtent instantanément devant quand ils visitent le musée".

"C'est un tableau qui résume la France rurale du XIXe siècle, une France catholique, avec son clocher qui sonne l'Angélus", relève M. Saunier.

Lorsqu'une association américaine l'achète en 1889, la perspective de son départ déclenche un émoi national. Le collectionneur Alfred Chauchard le rachète alors pour un somme faramineuse (750.000 francs-or). Vingt ans plus tard, il le lègue au Louvre.

Le musée d'Orsay dépêche également pour Shanghai le "Balcon" (vers 1868) de Manet. Mais aussi "La Salle de danse à Arles" (1888) de Van Gogh, "Le repas" de Gauguin (1891), "La femme à la cafetière" (1890-1895) de Cézanne et "La loge" (1908) de Bonnard.

"L'âge d'airain", un nu masculin de Rodin, est pour ainsi dire un habitué des expositions universelles car il a déjà participé à celles de 1889 et de 1900 à Paris.

Première publication : 19/04/2010

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