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FRANCE

La CJR examine le rôle de Pasqua dans l'affaire GEC-Alsthom

Texte par Dépêche

Dernière modification : 21/04/2010

Autrefois convaincus d'avoir versé en 1994 un pot-de-vin destiné à financer les activités politiques de Charles Pasqua, les anciens dirigeants du groupe GEC-Alsthom ont apporté un soutien inattendu à l'ex-ministre de l'Intérieur.

AFP - Naguère perduadés d'avoir été "rackettés" au profit d'un financement politique de la mouvance Pasqua, les anciens dirigeants de GEC-Alsthom ont été beaucoup moins affirmatifs mercredi devant la Cour de justice de la République.

Ils ont ainsi apporté un soutien inattendu à la défense de l'ancien ministre de l'Intérieur, jugé depuis lundi dans trois affaires de malversations présumées.

Qu'est-ce que la CJR ?

La Cour de justice de la République est une juridiction d’exception créée en 1993, suite au scandale du sang contaminé et la multiplication des affaires liées à la politique. Elle n’est compétente que pour des infractions commises par des ministres durant l’exercice de leurs fonctions. Elle compte quinze juges : trois magistrats de la Cour de cassation et douze parlementaires – six députés et six sénateurs – élus par leurs pairs.

Une chose est sûre : Alsthom a payé. En 1994, alors que le groupe de construction ferroviaire souhaitait transférer le siège de sa branche transport de la Défense (Hauts-de-Seine) à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), il avait besoin du feu vert de la Datar, organisme sous tutelle du ministère de l'Intérieur, alors occupé par Charles Pasqua.

Ce feu vert se monnaye cher, fait alors comprendre aux dirigeants d'Alsthom le consultant qu'ils ont chargé du dossier. Ce dernier leur conseille de prendre contact avec le "petit monsieur", surnom d'Etienne Leandri, un sulfureux personnage réputé proche de Charles Pasqua.

Le tarif d'Etienne Leandri ? 5,2 MF (790.000 euros), pour décrocher l'agrément de la Datar. En mai 1994, le compte suisse d'une société panaméenne, contrôlée par GEC-Alsthom, crédite sur celui d'une autre société cette somme, aussitôt reversée à une troisième société, dont l'ayant droit est Etienne Leandri.

Lors de l'instruction, les dirigeants d'Alsthom diront avoir eu l'impression de céder à un "racket" destiné "à une forme" de financement des activités politiques du ministre de l'Intérieur.

Un soupçon qui vaut à Charles Pasqua de comparaître devant la cour de justice de la République (CJR) pour "complicité d'abus de biens sociaux et de recel" dans ce dossier, mais aussi dans deux autres affaires de malversations financières présumées.

Les anciens cadres d'Alsthom ont été déjà condamnés pour leur implication dans ce scandale, devant le tribunal correctionnel, puis en appel.

Ces procès ont modifié leur lecture de l'affaire, ont-ils expliqué devant les juges de la CJR dans une étonnante unanimité.

"Mon impression aujourd'hui, c'est que des gens de l'entourage de M. Pasqua, ou qui le connaissaient bien, se sont servis de son nom et de sa réputation pour que nous ayons peur et que nous effectuions ce versement", à leur seul profit et pas pour le compte du ministre, raconte Bernard Lebrun, ancien directeur financier de GEC-Alsthom transport.

"Je suis incapable de dire si M. Leandri parlait au nom de Pasqua ou non", a pour sa part avoué l'ex-responsable de la société, Claude Darmon.

Il poursuit : "M. Leandri ne m'a jamais précisé que l'argent était destiné à M. Pasqua. Je reconnais avoir été un peu naïf. J'aurais très bien pu être l'objet d'une escroquerie de la part d'Etienne Leandri. Aujourd'hui j'ai des doutes".

La défense de Charles Pasqua boit du petit lait : les témoins défendent précisément cette thèse, d'un ministre victime de son entourage, lequel se serait servi de son nom pour extorquer de l'argent à un grand groupe industriel.

Pierre Bilger, ex-PDG de GEC-Alsthom, le reconnaît également : les deux scénarios, celui de l'escroquerie ou celui de la corruption orchestrée par le ministre, lui paraissent aujourd'hui avoir "une crédibilité identique".

Charles Pasqua se lève et pousse son avantage : "que vous ayez pu penser une seule minute que payer permettait d'obtenir une décision administrative, ça me renverse !", s'exclame-t-il

Que le pot-de-vin d'Alsthom ait fini son chemin, sous la forme de 700.000 dollars (4MF), sur le compte d'une société contrôlée par son fils unique, Pierre-Philippe, définitivement condamné à un an de prison ferme dans cette affaire, ni Charles Pasqua, ni les juges, n'y font allusion.

Première publication : 21/04/2010

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