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EUROPE

Trafic aérien quasi-normal, le retour des passagers prendra du temps

©

Vidéo par Christophe DANSETTE

Texte par Dépêche

Dernière modification : 22/04/2010

Selon l'Organisation européenne de la navigation aérienne, Eurocontrol, le trafic aérien reviendra à un niveau quasi-normal en Europe ce jeudi. Le rapatriement des milliers de passagers coincés risque de prendre encore plusieurs semaines.

AFP - Le trafic aérien européen reviendra à un niveau quasi normal jeudi, mais il faudra encore des jours, voire des semaines, pour faire revenir les centaines de milliers de passagers coincés à travers le monde à la suite de l'éruption d'un volcan islandais.

"Il est prévu que presque 100% du trafic aérien sera assuré en Europe jeudi", après une semaine de très graves perturbations, a annoncé dans l'après-midi l'Organisation européenne de la navigation aérienne, Eurocontrol.

Les retombées économiques

En Islande, le volcan Eyjafjöll, dont l'éruption a provoqué un chaos jamais vu dans le transport aérien mondial, semblait enfin se calmer, même si les scientifiques préviennent que l'éruption peut se prolonger ou d'autres survenir dans un futur proche.

L'intensité de l'éruption a chuté de 80% depuis samedi et la production de cendres était mercredi, selon les sismologues islandais, "vraiment insignifiante".

Ce nuage de cendres craché par le volcan, baladé au gré des vents de l'Atlantique jusqu'à l'ouest de la Russie, a cloué au sol les avions et laissé sur le carreau des millions de voyageurs.

Un vol-test effectué mardi par un appareil à hélice ATR-72 dans l'espace aérien du Danemark n'a pas occasionné de dégâts dans les moteurs, selon l'aviation civile danoise.

Signe d'une amorce de fin de galère pour les passagers, plus de 80% des vols prévus mercredi en Europe devaient avoir été assurés au terme de la journée, l'espace aérien ne demeurant limité qu'au-dessus de 20.000 pieds dans quelques rares zones dont la Finlande et le nord de l'Ecosse, selon Eurocontrol.

A l'aéroport parisien de Roissy-Charles de Gaulle, "un retour à la normale" est prévu dès jeudi matin.

Dans les aéroports britanniques, le trafic a repris lentement mercredi et avait atteint 80% de son niveau normal vers 17H00 GMT, selon les services du trafic aérien (NATS) qui prévoyaient un volume proche de 90% vers 06H00 GMT jeudi. A l'aéroport londonien d'Heathrow, le premier du monde en terme de trafic international de passagers, rouvert mardi à 21H00 GMT, le trafic n'avait en revanche atteint mercredi que 58% de son niveau habituel.

La plupart des grandes compagnies européennes prévoyaient un retour à la normal au plus tard jeudi matin, alors que les principales compagnies d'Asie et du Golfe ont annoncé mercredi la reprise leurs vols vers l'Europe.

Malgré la reprise des vols, gouvernements, autorités de l'aviation et compagnies ont averti qu'il faudrait des jours, voire des semaines, pour que les centaines de milliers de voyageurs encore en souffrance puissent regagner leurs destinations.

Un navire britannique de la Royal Navy, le HMS Albion, a accosté mercredi soir dans le sud de l'Angleterre) avec 450 soldats britanniques et 280 touristes restés bloqués en Espagne.

Véronique David, une infirmière française de 42 ans, a elle poursuivi sa semaine de "galère" au retour de vacances à San Francisco en passant la nuit sur un tapis de sol à Heathrow, avouant commencer "à en avoir marre".

A Sydney, la queue atteignait 200 mètres pour l'embarquement sur un vol British Airways. "Les gens n'en peuvent plus", lâchait Jane Gershfield, passeport et billet à la main.

En France, les voyagistes Nouvelles Frontières et Voyageurs du monde ont jugé le délai de 48 heures pour le retour de la quasi-totalité des Français "raisonnable" et réalisable pour au moins 90% d'entre eux. Environ 43.000 étaient encore bloqués à l'étranger mercredi soir, selon le gouvernement.

Se posera ensuite l'épineuse question des remboursements.

Au Royaume-Uni, le directeur général de l'Association des représentants des compagnies aériennes (BAR), Mike Carrivick, a dénoncé la réglementation européenne "injuste", trop généreuse selon lui sur les remboursements des frais occasionnés aux passagers par la paralysie récente du trafic.

La compagnie Ryanair a d'ores et déjà indiqué qu'elle limiterait les remboursements au prix payé pour le billet.

Les compagnies aériennes, dont les pertes de recettes atteignent selon l'Association internationale du transport aérien (IATA) 1,7 milliard de dollars, ont accusé les gouvernements d'avoir réagi à l'excès en interdisant purement en simplement le trafic aérien.

Selon l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI), il n'y a pas, pour le moment, de normes internationales fixant le niveau de concentration de cendres volcaniques dangereux pour les avions.

L'IATA, soulignant les risques de faillite, compte demander à l'Union européenne d'autoriser les Etats membres à rembourser aux compagnies le coût d'immobilisation de leurs avions.

Les deux plus importants tour-opérateurs d'Europe, TUI travel et Thomas Cook, ont vivement critiqué la gestion par Londres de la crise.

Les conséquences globales sur l'économie restent elles encore à chiffrer, alors que des usines et des entreprises à travers le monde ont dû tourner au ralenti.

Le coût pour les aéroports européens est évalué à 1,26 milliard d'euros, selon le Conseil des aéroports pour l'Europe. Quant au secteur du tourisme, touché de plein fouet, le gouvernement français évalue d'ores et déjà ses pertes à 200 millions d'euros dans le pays.

Première publication : 22/04/2010

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