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Economie

Pékin renforce sa position au sein de la Banque mondiale

Texte par Dépêche

Dernière modification : 27/04/2010

La réforme portant sur les droits de vote à la Banque mondiale a accru l'influence des pays émergents au sein de l'institution financière. La représentation des pays les plus pauvres a enregistré, quant à elle, un net recul.

AFP - Les pays émergents ont été les grands gagnants de la réforme des droits de vote à laquelle sont parvenus dimanche les États membres de la Banque mondiale, une question sur laquelle le Fonds monétaire international a fait du surplace.

Lors des réunions des printemps des deux institutions de Washington, la Banque mondiale est parvenue à tenir l'engagement du G20 en septembre de transférer au moins 3% de ces voix des pays riches vers les pays dits "en développement et en transition".

Le transfert entériné dimanche a été finalement de 3,13%, donnant à ces pays 47,19% des droits de vote.

Dans le détail, les gagnants sont logiquement les pays qui tirent la croissance de l'économie mondiale depuis plusieurs années: la Chine (de 2,77% à 4,42%), le Brésil (de 2,06% à 2,24%) ou encore l'Inde (de 2,77% à 2,91%). À eux trois, ces pays ont emporté près des deux tiers du morceau.

Les perdants sont surtout des membres du G7: en premier lieu le Japon (de 7,62% à 6,84%), la France et la Grande-Bretagne (qui passent tous deux de 4,17% à 3,75%), ou encore l'Allemagne (de 4,35% à 4,00%) et le Canada (de 2,71% à 2,43%), tandis que la part des États-Unis reste inchangée (16,85%).

La Banque mondiale voulait préserver la voix des pays qu'elle aide le plus, les plus pauvres de la planète. Elle n'y est pas toujours parvenue.

 

L'Afrique distancée

L'organisation non gouvernementale Oxfam a relevé que "sur 47 pays d'Afrique subsaharienne, plus d'un tiers ont perdu de leur part, 60% sont restés avec la même et un seul, le Soudan, a progressé". Au total, la représentation africaine a bien reculé.

Au quotidien, le processus de décision au sein de l'institution ne sera que peu modifié. Sur ses 24 sièges, la plus haute instance de décision, le conseil d'administration, en réserve toujours un à huit pays parmi ses plus grands actionnaires, et regroupe respectivement 23 et 21 pays dans les sièges actuellement contrôlés par un administrateur mauritien et libérian. Et huit ou neuf administrateurs, selon les circonstances, sont européens.

Les statuts de la Banque mondiale ont l'avantage de faire entrer en vigueur immédiatement ces changements, sans en passer par la ratification des parlementaires nationaux.

Ce n'est pas le cas au Fonds monétaire international, qui attend toujours de pouvoir faire entrer en vigueur un transfert des droits de vote sur lequel ses États membres s'étaient mis d'accord aux réunions de printemps de 2008.

Le Conseil monétaire et financier international, assemblée des 186 pays membres du FMI, n'a pu que constater ce retard.

"Nous engageons tous les pays membres à approuver promptement la réforme de 2008 des quotes-parts et de la représentation", a-t-il indiqué à l'issue de sa réunion de samedi.

Là aussi, la Chine doit être le pays dont les droits de vote progresseraient le plus, au détriment principalement de pays du G7, France et Grande-Bretagne en tête. Et là aussi, sur 24 sièges au conseil d'administration, huit ou neuf resteront détenus par des pays européens.

Les États membres négocient pourtant, avec l'objectif de parvenir à un accord d'ici à janvier, la prochaine augmentation de capital du FMI, s'accompagnant d'une nouvelle répartition des droits de vote.

 

Première publication : 26/04/2010

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