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EUROPE

Jaroslaw Kaczynski, le jumeau du défunt président, se lance dans la course à la présidentielle

Vidéo par France 2

Texte par Dépêche

Dernière modification : 27/04/2010

Jaroslaw Kaczynski, le frère jumeau de Lech Kaczynski, le président polonais décédé dans une catastrophe aérienne en Russie le 10 avril, s'est porté candidat à l'élection présidentielle du 20 juin. Il dirige le parti d'opposition conservateur.

AFP - Le chef du principal parti d'opposition conservateur Jaroslaw Kaczynski, frère jumeau du président polonais défunt, a enfin levé le voile sur ses intentions et s'est lancé lundi dans la course à la présidence.

À lire également sur le décès de Lech Kaczynski, le président de la Pologne

"La Pologne, c'est notre grand engagement commun. Il exige que la souffrance personnelle soit surmontée, que le devoir soit rempli malgré une tragédie personnelle", a déclaré Jaroslaw Kaczynski dans un texte publié sur le site de son parti Droit et Justice (PiS).

"C'est pour cette raison que j'ai pris la décision de me porter candidat à la présidence de la République de Pologne", a-t-il annoncé.

Depuis la mort du président polonais Lech Kaczynski dans une catastrophe aérienne le 10 avril, son jumeau identique n'avait rien dit de ses intentions politiques.

Lundi, date limite du dépôt des candidatures, la presse polonaise et les politologues ne doutaient plus de la décision de celui qui semble être le seul à pouvoir affronter le candidat du parti au pouvoir Plate-forme Civique (PO), Bronislaw Komorowski, en tête dans les sondages.

"Il n'y a pas d'autre candidat du PiS qui puisse au moins passer le 1er tour" le 20 juin, a déclaré à l'AFP Stanislaw Mocek, politologue à l'Académie polonaise des sciences.

"Le chef du PiS a perdu dans la catastrophe son frère, sa belle soeur et de nombreux amis (...) mais nos interlocuteurs le répètent: il est dur et la politique le pousse plus que jamais à l'action", commentait le quotidien de centre-gauche Gazeta Wyborcza.

Quatorze candidats des plus variés, dont l'un représentant une "association des victimes du système bancaire", se sont en tout fait connaître. L'Alliance de la gauche démocratique (SLD, opposition), troisième force politique au Parlement, a désigné la semaine dernière son chef Grzegorz Napieralski,

Le favori du scrutin reste M. Komorowski, 57 ans, chef de l'Etat par intérim, après la mort du président Kaczynski, de son épouse et de 94 autres personnes près de Smolensk, dans l'ouest de la Russie.

M. Komorowski frôle la barre des 50% des intentions de vote au premier tour et remporterait facilement l'éventuel second tour le 4 juillet, selon plusieurs sondages publiés la semaine dernière. Mais l'émotion suscitée à travers le pays par l'accident jouera un rôle central dans la campagne, selon les analystes.

"Jaroslaw Kaczynski va construire sa campagne sur le traumatisme subi après cet événement, sur l'idée de l'accomplissement de la volonté de son frère, d'un testament politique", estime M. Mocek.

De son côté, M. Komorowski est dans la situation difficile de celui qui exerce le pouvoir et dont les actions "contribueront à construire une image négative" de lui, note l'analyste.

"Il faut néanmoins se souvenir que Jaroslaw Kaczynski souffrait plus que tout autre politique d'un +électorat négatif+, avec jusqu'à 70% d'opinions négatives avant le drame", tempère-t-il.

Le sociologue Tomasz Zukowski, proche des conservateurs, note un "changement qualitatif de la vision qu'ont de Lech Kaczynski les Polonais, dont 81% considèrent à présent qu'il a bien rempli ses fonctions".

Jaroslaw Kaczynski, connu pour son style intransigeant et son art de diviser, a été le Premier ministre de son frère en 2006-2007, avant que sa coalition de trois partis comprenant des formations populiste et d'extrême droite ne perde les législatives fin 2007 face à la Plate-forme civique.

L'essentiel du pouvoir est en Pologne aux mains du Premier ministre, l'un des rôles-clés du président étant de représenter le pays à l'étranger.

"Il y a eu des problèmes avec le président précédent dans ce domaine, mais il seraient démultipliés si le second jumeau devenait président", estime M. Mocek, rappelant les blocages au sein des institutions européennes et les positions peu conciliantes de Lech Kaczynski vis-à-vis de la Russie et de l'Allemagne.

Première publication : 26/04/2010

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