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EUROPE

Standard and Poor's abaisse d'un cran la note de l'Espagne

Vidéo par Adeline PERCEPT

Texte par Dépêche

Dernière modification : 28/04/2010

Après la Grèce et le Portugal, S&P abaisse la note souveraine de l'Espagne de AA+ à AA. L'agence de notation justifie sa décision par "la révision des projections macro-économmiques à moyen-terme" alors que l'Espagne peine à sortir de la récession.

AFP - L'agence d'évaluation financière Standard and Poor's a dégradé mercredi la note souveraine de l'Espagne, plaçant un troisième pays de la zone euro au coeur de la tourmente qui agite sur les marchés, au lendemain de décisions similaires sur la Grèce et le Portugal.

L'agence a abaissé d'un cran la note de la dette à long terme de l'Espagne, de "AA+" à "AA", tout en maintenant la perspective négative de l'économie, estimant que la faible croissance du pays à moyen terme va peser sur des finances publiques déjà mal en point et sur la réduction du déficit.

Les décisions de dégrader la Grèce et le Portugal étaient en revanche directement liées au mauvais état des finances de ces deux pays.

Les marchés obligataires et d'actions sont durement affectés par les positions de certains investisseurs qui estiment que la Grèce pourrait se retrouver en défaut de paiement et que d'autres pays pourraient suivre, dont le Portugal, et dans une moindre mesure l'Espagne.

"La dégradation de la dette espagnole par S&P est un nouveau signal d'alarme montrant que les effets de la crise grecque sont en train de se répandre", ont commenté les analystes de Capital Economics.

"Nous estimons que la croissance réelle du PIB (espagnol) sera en moyenne de 0,7% par an sur 2010-2016, contre une prévision antérieure supérieure à 1% par an", a déclaré S&P dans un communiqué.

"Les conditions économiques adverses à moyen terme vont augmenter encore la pression sur les finances publiques espagnoles, et des mesures additionnelles vont probablement être nécessaire" de la part du gouvernement, selon S&P.

Le déficit public espagnol a explosé en 2009 à cause de la récession qui frappe le pays depuis 2008 et les plans publics de soutien à l'économie.

Il s'est élevé à 11,2% du PIB selon Eurostat, bien au-delà de la limite des 3% du pacte de stabilité européen.

Le gouvernement socialiste espagnol s'est engagé à le ramener à 3% en 2013, mais S&P estime "que le déficit public devrait probablement encore excéder 5% du PIB d'ici 2013".

L'économie espagnole peine à sortir de la récession, et souffre d'un taux de chômage dépassant les 20%.

La Bourse de Madrid, qui reculait déjà peu avant l'annonce sur l'Espagne, a dévissé dans les derniers échanges. L'Ibex-35 s'est replié de 2,99%.

Le gouvernement socialiste espagnol a lancé un appel au calme et à la "tranquillité des marchés".

"Nous avons un plan très sérieux de consolidation fiscale et de réduction du déficit pour le réduire à 3% en 2013. Nous avons adopté un plan d'austérité, nous avons mis en marche une réforme du marché du travail. Nous sommes en train d'adopter toutes les mesures pour tenir nos engagements", a réagi la vice-présidente du gouvernement Maria Teresa Fernandez de la Vega.

Le gouvernement espagnol a adopté fin janvier un plan d'économies de 50 milliards d'euros sur trois ans, et prévoit également des hausses d'impôts pour juillet.

Mardi, S&P avait dégradé la note du Portugal de deux crans, à "A-" contre "A+", visant des finances publiques "structurellement faibles".

Elle avait dans le même temps abaissé de trois crans la note de la Grèce, de "BBB+" à "BB+", la reléguant dans la catégorie des investissements spéculatifs en raison des "défis politique, économique et budgétaire auxquels doit faire face le gouvernement grec".

Avec une note de "AA", l'Espagne reste un pays sans risque, contrairement à la Grèce, dont le déficit public est d'au moins 13,6%.

Les responsables européens et du FMI ont cherché mercredi à accélérer le déblocage de l'aide UE-FMI nécessaire à la Grèce en mettant sous pression l'Allemagne, réticente.

"C'est la confiance dans l'ensemble de la zone euro qui est en jeu", a déclaré Dominique Strauss-Kahn, directeur général du FMI.

Première publication : 28/04/2010

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