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Economie

Fabrice Tourre, un "frenchy" au cœur de l'affaire Goldman Sachs

Vidéo par France 2

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 28/04/2010

Brillant mathématicien de 31 ans, le Français Fabrice Tourre a nié avec un certain aplomb toute accusation de fraude devant le Sénat américain. Celui qui se nomme lui-même "Fabulous Fab" est-il un trader manipulateur ou un simple lampiste ?

Au cœur des accusations de fraude visant la banque d'affaires Goldman Sachs, un Français nommé Fabrice Tourre. Recherché par les médias du monde entier depuis plusieurs jours, il a fait sa première apparition publique mardi, lors d'une audition de près de 11 heures devant le Sénat américain.

A 31 ans, Fabrice Tourre, qui se surnomme lui-même "Fabulous Fab", affiche un CV impressionnant. Passé par les prestigieux lycées parisiens Henri-IV et Louis-le-Grand, il intègre l'École centrale en 2001 puis l'université de Stanford, à New York. Ses diplômes en poche, il est recruté, à seulement 22 ans, par Goldman Sachs au département des subprimes. Trader pour la plus puissante banque d'affaires de la planète, il travaille depuis fin 2008 au sein de la branche londonienne de l'établissement.

"Fêtard" aux États-Unis, "pudique" en France

L'Abacus 2007-AC1, une "monstruosité"

Début 2007, un jeune trader français de Goldman Sachs, Fabrice Tourre, rédige 65 pages qui vont donner naissance à ce qu’il qualifie lui-même de "monstruosité" : le produit financier Abacus 2007-AC1.

Ce portefeuille est au cœur de la tempête qui menace actuellement la célèbre banque. Techniquement, Abacus est un CDO (Collateralized Debt Obligation) synthétique, c’est-à-dire un produit financier formé de plusieurs créances immobilières. Les investisseurs peuvent y mettre de l’argent en pariant que le marché de l’immobilier va continuer à grimper. Ce type de montage financier, très fréquent à l’époque, est à l’origine de la crise des subprimes.

La spécificité d’Abacus est qu’il aurait été, selon la SEC, créé de toute pièce pour échouer… En effet, il a été mis en place à la demande d’un client de Goldman Sachs, le fonds Paulson, qui voulait parier sur la chute du marché de l’immobilier. Abacus était donc composé d’actifs particulièrement risqués prêts à exploser dès les premiers défauts de paiement de propriétaires endettés. Paulson, selon la SEC, aurait même participé au choix des titres qui ont fini dans Abacus.

Les fonds Abacus se sont en effet effondrés 85 jours après avoir été mis en place. La Royal Bank of Scotland (RBS) et la banque allemande IKB ont englouti près de 1 milliard de dollars dans ce produit hautement toxique.

Dans les médias, Fabrice Tourre est rapidement devenu le symbole de tout ce qui ne tourne pas rond dans la finance. Décrit comme arrogant et suffisant, le jeune trader est surnommé le "French Party Boy" par le très conservateur "New York Post". Le quotidien assure qu'il organisait dans son appartement de Manhattan, dont le loyer mensuel s'élevait à quelque 4 000 dollars, de nombreuses fêtes. Au grand dam de ses voisins.

Selon d'autres médias américains, Fabrice Tourre avait un "humour potache". Un journaliste de la chaîne de télévision Bloomberg, qui a réussi à le joindre sur son téléphone portable en fin de semaine dernière, s'est vu répondre : "Il faut que je saute, merci, au revoir." En France, des amis l'ont décrit comme pudique, appliqué et travailleur.

Vice-président d'une unité de produits structurés au moment des faits reprochés à Goldman Sachs, Fabrice Tourre est accusé par le gendarme de la Bourse américaine (Securities and Exchange Commission, SEC), avec six autres collaborateurs de Goldman Sachs, d'avoir trompé des investisseurs en leur faisant faire des placements sur des titres risqués. Le Français est l'inventeur de l'Abacus (voir encadré ci-dessus), un produit financier lié aux subprimes vendu en masse par la banque, qui misait pourtant sur l'effondrement du marché.

Un bouc émissaire de choix

"Je nie catégoriquement les allégations de la SEC et je m'en défendrai devant la justice", a affirmé Fabrice Tourre d'un ton ferme, mardi, devant un parterre de caméras.

Sûr de lui devant les sénateurs américains, il a toutefois regretté avoir écrit les mails qui ont été publiés il y a quelques jours par la commission du Sénat chargée d'enquêter sur de possibles conflits d'intérêts au cœur de la stratégie boursière de la banque. "Ils donnent une mauvaise image de la firme et de moi-même. J'aimerais ne pas les avoir envoyés", a indiqué le trader français.

Rédigés sur un ton cynique, ces mails prouvent que Fabrice Tourre avait conscience des effets dévastateurs potentiels des produits financiers sur lesquels il travaillait. "L'édifice entier risque de s'effondrer à tout moment... Seul survivant potentiel, le 'Fabulous Fab'", a-t-il écrit par exemple dans un mail en janvier 2007. "Le résumé de la situation n'est pas très folichon pour le marché américain des produits immobiliers à risques... Les pauvres petits emprunteurs peu solvables ne vont pas faire de vieux os", racontait-il encore en mars 2007.

Pourquoi ces courriers électroniques ont-ils été diffusés ? Le sénateur républicain Tom Coburn a mis en cause, mardi, les motivations de la firme, qui a diffusé ces mails personnels. Il accuse la banque de vouloir faire de Fabrice Tourre le "bouc émissaire" de l'affaire. Son supérieur, Jonathan Egol, l’un des principaux concepteurs des produits concernés, n’est pas poursuivi.


 

Première publication : 28/04/2010

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