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Economie

La crise grecque sème la panique sur les places financières

Vidéo par Stéphanie DE SILGUY

Texte par Dépêche

Dernière modification : 28/04/2010

Plombées par les craintes d'un défaut de paiement de la Grèce, les Bourses ont ouvert en baisse aux États-Unis comme sur le Vieux Continent. L'euro a atteint son niveau le plus bas depuis un an.

AFP - Après une journée noire mardi, les marchés financiers et l'euro étaient toujours plombés mercredi par les craintes d'un défaut de paiement de la Grèce alors que les taux longs grecs dépassaient les 10%, du jamais vu pour un pays de la zone euro.

"Les marchés ne croient plus à la restructuration"

Vers 10H00 (08H00 GMT), les taux des obligations grecques à 10 ans étaient à 10,798% contre 9,730% la veille au soir, et les taux à deux ans étaient au-dessus de 18% contre 15% la veille, ce qui traduit la crainte des investisseurs d'un défaut de paiement du pays à court terme.

Les taux longs du Portugal, considéré comme le deuxième maillon faible de la zone euro, étaient à 5,635% contre environ 4,7% la veille au soir, mais les taux à 2 ans reculaient à 5,274% contre 5,501% la veille.

Un vent de panique souffle sur les marchés financiers depuis l'annonce mardi par l'agence de notation Standard & Poor's de la dégradation de trois crans de la note de la dette à long terme de la Grèce, de "BBB+" à "BB+", la reléguant dans la catégorie des investissements spéculatifs. L'agence a aussi réduit la note souveraine du Portugal de deux crans, de "A+" à "A-".

Après avoir accusé de lourdes pertes mardi, les principales Bourses européennes ont ouvert en baisse mercredi.

La Bourse de Lisbonne plongeait vers 10H00 (08H00 GMT) de 5,71%, tandis que l'indice espagnol Ibex 35 perdait plus de 3,5%.

Au même moment, le Dax à Francfort perdait 0,88% et le CAC 40 à Paris reculait de 1,05%. La Bourse de Londres était en baisse de 0,30%.

"La grogne sociale est de plus en plus importante"
Les Bourses d'Asie ont elles aussi connu une journée mouvementée mercredi, gagnées par le spectre d'un défaut de paiement grec.

A Tokyo, l'indice Nikkei a clôturé sur une chute de 2,57%, revenant sous le seuil psychologique des 11.000 points, pour la première fois en trois jours.

A Hong Kong, l'indice Hang Seng a terminé en baisse de 1,47% et Shanghai a lâché 0,26%.

Ces pertes étaient nettement plus modérées que celles de la plupart des Bourses européennes la veille. Mardi, Paris avait dégringolé de 3,82%, Londres de 2,61%, Francfort de 2,73%, Milan de 3,28%, Bruxelles de 3,34%.

A New York, l'indice vedette Dow Jones avait abandonné mardi 1,90%.

De son côté, l'euro, après avoir repassé brièvement le seuil de 1,32 dollar mercredi matin, aidé par les propos rassurants du président de la BCE et du président de l'UE, repartait à la baisse.

Il s'échangeait à 1,3184 dollar vers 10H00 (08H00 GMT) contre 1,3174 dollar mardi vers 21H00 GMT.

L'euro est tombé jusqu'à 1,3145 dollar mardi soir, son plus bas niveau depuis fin avril 2009.

"Tout cela peut très vite très mal tourner"
Les présidents de la Banque centrale européenne (BCE) et de l'Union européenne (UE) ont tenté de rassurer les investisseurs en réfutant tout défaut de paiement de la Grèce.

"Les projecteurs vont maintenant se tourner vers d'autres pays lourdement endettés de la zone euro et les investisseurs vont probablement exiger des primes de risque plus élevées pour acheter des obligations d'Etat", a prédit Koon Goh, économiste chez ANZ Bank à Wellington, cité par Dow Jones Newswires.

Outre la Grèce et le Portugal, l'Espagne et l'Irlande sont considérés comme les pays les plus fragiles de la zone euro.

Première publication : 28/04/2010

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