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Economie

Angela Merkel, victime collatérale de la crise grecque ?

Vidéo par Caroline DE CAMARET

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 03/05/2010

La manière dont la chancelière allemande a géré la crise grecque suscite de nombreuses critiques. Même dans son propre pays, où sa prudence puis son récent revirement pourrait lui coûter cher politiquement.

Sous la pression conjointe du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque centrale européenne (BCE), Angela Merkel a finalement consenti, mercredi, à apporter son soutien à  la Grèce, en proie à sa plus grave crise depuis l'adoption de l'euro. Un revirement tardif ? Sa gestion de ce dossier est en tout cas ouvertement critiquée et pourrait lui coûté les élections réguionales du 9 mai, que d'aucuns jugent cruciales pour le gouvernement.

Elle a "joué au pompier pyromane", estime Caroline de Camaret, spécialiste FRANCE 24 des questions européennes. Un point de vue largement repris et développé dans la presse allemande. "Merkel responsable dans la crise de l’euro", titre, jeudi, le journal "Frankfurter Allgemeine", pourtant politiquement proche des chrétiens-démocrates de la CDU, le parti de la chancelière.

Stratégie électoraliste

De fait, les médias lui reprochent d'avoir tardé à reconnaître l'urgence de la situation. "Si seulement elle avait dit dès le départ aux Grecs : 'ne vous inquiétez pas en cas de coup dur nous sommes là'", poursuit le quotidien.

"Même Merkel reconnaît l'urgence"

"C’est pour des raisons de politique intérieure que Merkel a attisé le sentiment anti-grec des Allemands", rappelle Caroline de Camaret. En cas de défaite du camp d'Angela Merkel lors des élections du 9 mai, la chancelière perdrait sa majorité au Bundesrat, la Chambre basse du Parlement. "On peut gloser encore et encore sur les conséquences catastrophiques de la crise grecque, ça ne sert à rien puisque pour Angela Merkel une élection locale est plus importante que l’avenir de l’Europe", déplore le quotidien économique "Handelsblatt" dans son édition du 29 avril.

Aujourd’hui, les trois quarts des Allemands, selon plusieurs sondages, jugent d’un mauvais œil toute aide financière  de l’Allemagne apportée à la Grèce. Mais le volte-face d’Angela Merkel est tout aussi mal compris. "Au final, sa stratégie électoraliste a échoué", juge Caroline de Camaret.

Prêt ou cadeau ?

Le poids de l’Allemagne dans le concert européen des nations en a également pris un sacré coup. "Dans cette histoire, le gouvernement dilapide tout l’héritage européen de l’Allemagne", tranche, de son côté, le quotidien de gauche "Suddeutsche Zeitung". "N’oublions pas que l’Allemagne, grande puissance exportatrice, dépend beaucoup du marché européen qui est de plus en plus affecté", ajoute Caroline de Camaret.

Ratage diplomatique, mise en péril de l’économie allemande... N’en jetez plus. Las, un autre risque se profile à l’horizon : la restructuration de la dette grecque. "Des spécialistes commencent à évoquer qu’au final la Grèce ne puisse par rembourser. Les milliards que l’Allemagne va prêter deviennent un cadeau", explique Caroline de Camaret. "On imagine mal l’électeur allemand faire une croix pure et simple sur son argent chéri", conclut le "Frankfurter Allgemeine".

Première publication : 29/04/2010

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