- Algérie - Festival de Cannes 2010
Bouchareb accusé de falsifier l’Histoire dans son film "Hors-la-loi"
Sélectionné à Cannes, le dernier long-métrage du réalisateur franco-algérien Rachid Bouchareb, "Hors-la-loi", provoque une vive polémique. Un député de l’UMP dénonce une version "anti-française" du massacre de Sétif en 1945.
Paillettes, tapis rouge, et polémiques. Comme les années précédentes, la 63e édition du Festival de Cannes s’annonce haute en couleur. Après la controverse provoquée par la sélection en compétition de "Soleil trompeur 2", du réalisateur pro-Poutine Nikita Mikhalkov, c’est au tour du dernier film du réalisateur franco-algérien Rachid Bouchareb d’agiter les esprits. "Hors-la-loi", qui revient sur le massacre de Sétif en 1945, a, avant même l’ouverture du Festival, été taxé d’"anti-français" et de "révisionniste" par le député UMP Lionnel Luca.
Le député des Alpes-Maritimes, qui n’a pourtant pas vu le film, n’a pas mâché ses mots pour qualifier le long-métrage de Bouchareb, accusant le réalisateur de "falsifier l’Histoire". "Bouchareb est un partisan, [...] un irresponsable qui met le feu aux poudres de manière insupportable", a dénoncé l’homme politique, réputé pour son franc-parler.
"Hors-la-loi" s’intéresse aux conséquences du massacre de Sétif perpétré en Algérie française le 8 mai 1945. Ce jour-là, alors que la France fête sa libération et la fin de la Seconde Guerre mondiale, des manifestations contre l’occupation française éclatent en Algérie et sont violemment réprimées par l’armée française. Le bilan - qui suscite toujours de vifs débats - est lourd : des milliers d’Algériens et des centaines de pieds-noirs sont tués.
Le long-métrage suit l’histoire de trois frères algériens (incarnés par Jamel Debbouze, Sami Bouajila et Roschdy Zem), survivants du massacre de Sétif. Ils décident de quitter leur terre natale pour la France où ils s’engagent dans le combat pour l’indépendance de l’Algérie. Dans un entretien accordé au quotidien algérien "El Wata"n en juin 2009, Rachid Bouchareb affirme avoir voulu "faire la lumière sur une partie de l’histoire commune des deux nations" et "rétablir une vérité historique confinée dans les coffres".
"Erreurs et anachronismes"
Alerté par les propos du cinéaste dans les médias, Lionnel Luca a commandé en 2009 un "avis historique" sur le film au ministère de la Défense. Après avoir passé le film au crible, le service historique du ministère avait qualifié le scénario de ramassis "d’erreurs et d’anachronismes si grossiers qu’ils peuvent être relevés par tout historien".
Selon le rapport, "le réalisateur veut faire croire au spectateur que le 8 mai 1945, à Sétif, des musulmans ont été massacrés aveuglément par des Européens. Or, ce jour-là, c'est le contraire qui s'est produit [...]. Cette version des faits est admise par tous les historiens (...]. C'est en réaction au massacre d'Européens qu'ils ont agi contre des musulmans".
Au Festival de Cannes, "Hors-la-loi" ne représentera pas la France, mais l’Algérie - au grand soulagement de Lionnel Luca. Une décision toutefois surprenante puisque Rachid Bouchareb, et les trois acteurs principaux, Jamel Debbouze, Roschdy Zem et Sami Bouajila, sont tous nés en France et font incontestablement partie des stars du cinéma français.
"M. Bouchareb a le droit de raconter ce qu’il pense être vrai, mais je ne voulais pas que ce film soit considéré comme français, explique Lionnel Luca à FRANCE 24. Sa vérité n’est pas la vérité de la France."
Contactés par FRANCE 24, ni le comité de sélection du Festival ni Rachid Bouchareb n’ont souhaité s’exprimer.
Rachid Bouchareb avait, en 2006, obtenu la Palme d’or pour "Indigènes", l’histoire de jeunes soldats nord-africains engagés dans l’armée française pour combattre l’Allemagne nazie pendant la Seconde Guerre mondiale.
Vendredi, Lionnel Lucas confiait à FRANCE 24 avoir beaucoup apprécié "Indigènes" pour son "esprit pacifiste".


























Commentaires (8)
hors la loi
II est anormal que le film Hors la loi passe au festival de cannes. II est certain que le scénario est tronqué. Lesévènements de Sétif ont commencé par le massacre des européens par la population musulmane, ce n'est qu'ensuite que l'armée a pris position eet a fait son travail. Surementy que le film ne dit pas la même chose. CDe plus il est financé à 59 pour cent par la France. Quelle honte. PAUVRE FRANCE ET PAUVRE DE NOUS POUR LA SUITE.
hlors la loi
Je n'ai pas vu le film, mais il est sur que ce scenario doit être tronqué . II est inadmissible que l'on présente un film comme ça au festival de Cannes et de plus un film sponsorisé à 59°/°par l
A vrai dire je suis consterné
A vrai dire je suis consterné à la lecture de ton commentaire Mr
ZIRI de Bejaia.Je te prie de bien vouloir prendre contact avec les ançiens qui ont connu ces évennements et là je suis sur que tu
changeras d avis.Revois ton histoire pour ne pas tomber dans l erreur.
On parle des massacres de
On parle des massacres de Setif et de la petite Kabylie de 1945,les bourreaux étaient français donc j'imagine bien que le film soit anti-français ce qui assez logique puisque les assassins-colons se tuaient au nom de la France.
Bien que je n'aime pas trop ce que fait mr Bouchareb mais j'attend de voir le film pour donner une critique
Bouchareb accusé de falsifier l’Histoire dans son film "Hors-la-
Bizarre, concernant l'histoire des historiens j'ai lu un autre article qui disait le contraire dans un journal francais connu.
Temoinage.
On rappellera qu'en 1945,;l'Algerie etait composee de 4 departements francais.
Les PN ont toujours sur leur numero d'INSEE leur numero de departement.Occupation?
A Setif,la repression a été terrible.
Mais opn oblie la centaine de juifs et chretiens tues et les 900 civils musulmans tués par les emeutiers.
Ma grand mere de 98 ans y etait.
Elle a été sauvee par des musulmans.Les emeutiers ayant appelé au Djihad.
les films de guerre
ont toujours mis en valeur un des 2 camps de la même manière les films sur la résistance ont diaboliser les allemands il est normal qu'un film sur la résistance algérienne diabolise un peu les français!!
Sens critique ?
Le rôle de la presse (et par extension des médias) n'est-il pas de faire la lumière sur l'actualité, les événements et toutes ces choses qui par strates accumulées finissent par constituer l'histoire ? A cette fin, peut-on réellement se contenter de renvoyer à une version de l'histoire produite par le ministère de la Défense ? N'aurait-il pas été utile de demander à des historiens, a priori plus impartiaux, de contribuer à éclairer cette actualité ? Sans doute. Voire certainement.
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