AFP - Après le traumatisme de Copenhague, l'Allemagne et le Mexique, co-présidents d'une réunion ministérielle sur le climat, ont appelé dimanche à restaurer la confiance entre pays industrialisés et en développement pour parvenir à un accord global dans le giron des Nations unies.
Le "Dialogue de Petersberg", du nom du château qui abrite les travaux jusqu'à mardi des représentants de 41 pays, dont 35 ministres, doit permettre de faire le bilan de l'Accord de Copenhague, signé à ce jour par 120 pays, et de bâtir le contenu d'un futur accord mondial sous l'égide de l'ONU.
Car "il n'y a pas d'alternative à l'ONU", a tranché la chancelière allemande Angela Merkel, alors que le fonctionnement multilatéral des Nations unies avait été remis en cause après l'échec de Copenhague par de nombreux dirigeants, tentés de lancer des voies de négociations parallèles.
Mais pour avancer, la priorité, selon Mme Merkel, sera de rétablir une confiance et une transparence qui ont fait défaut au Danemark.
"Notre travail préparatoire à Cancun sera de trouver une base de confiance et de faire en sorte qu'aucun pays ne soit laissé de côté. Il nous faudra communiquer les résultats de nos travaux, ici, aux autres groupes", a-t-elle insisté en rappelant que "des groupes régionaux entiers avaient été exclus du débat" à Copenhague.
La convocation de réunions restreintes avait alors généré un climat de défiance et conduit à l'impasse et à l'arrêt des négociations, avant même l'arrivée des chefs d'Etat ou de gouvernement.
Le président mexicain Felipe Calderon a également promis dimanche d'"écouter tout le monde attentivement (...) pour trouver une solution vraiment mondiale".
Une bonne façon de rétablir cette confiance, selon lui, sera de traduire rapidement les engagements de financements pris à Copenhague par les pays industrialisés, qui ont promis 100 milliards de dollars par an à partir de 2020 pour aider les pays les plus pauvres à financer la lutte contre le changement climatique.
Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a d'ailleurs créé en février un Groupe consultatif international de haut niveau sur le sujet, dont la tâche sera de "mobiliser les ressources" promises et qui tardent à se concrétiser.
M. Calderon a demandé aux pays en développement d'agir à leur tour, bien que l'accord de Copenhague n'exige pas d'eux d'engagements chiffrés de réduction de leurs émissions de gaz à effte de serre.
"Jusqu'ici nous avons toujours parlé de responsabilités différenciées. Désormais il nous faut reconnaître une responsabilité partagée", a-t-il insisté, transgressant au passage un des fondements de la Convention de l'ONU sur le climat, qui établit la notion de "responsabilités communes mais différenciées" entre pays riches et en développement et des efforts en conséquence.
"Limiter le réchauffement mondial n'est pas de la seule responsabilité des pays développés. Les autres aussi ont un rôle à jouer", a-t-il répété.
D'autant, a justement rappelé Mme Merkel, que "nous ne parviendrons pas à notre objectif de (limiter le réchauffement à) 2°C avec les engagements que nous avons faits" et qui conduisent "plutôt à un réchauffement de 3, voire 4°C". "Mais les pays industrialisés seuls n'y parviendront pas".
Son ministre de l'Environnement, Norbert Röttgen, avait appelé auparavant l'Union européenne à montrer la voie en visant une réduction de 30% de ses émissions en 2020 (par rapport à 1990), contre 20% actuellement. L'Allemagne a déjà adopté un objectif de 40%.
Encouragé, le représentant suisse José Romero notait "une bonne volonté de travail". "C'est une réunion utile même si tout le monde n'est pas là. Les ministres pourront donner l'inspiration, les instructions et la confiance aux négociateurs".






