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Sports

Les cadres de l’Espagne courent contre la montre

Texte par Yann BUXEDA

Dernière modification : 05/05/2010

Les mauvaises nouvelles s'accumulent sur l'équipe d'Espagne. Après les blessures de Fabregas, Xavi et Iniesta, c’est cette fois l’attaquant des Reds, Fernando Torres, qui pourrait manquer le début du Mondial-2010.

Dire que l’inquiétude des socios de la Furia Roja s’intensifie est un euphémisme. Depuis le début de l’année, l’Espagne, auréolée de son récent succès à l’Euro-2008, n’est plus bénie des dieux. Pire, le sort semble s’acharner sur ses cadres, alors que se profile une Coupe du monde dont elle est la grandissime favorite.

L’attaquant de Liverpool, Fernando Torres, est la dernière victime de la disgrâce espagnole. L’artificier ibérique, déjà opéré au genou en janvier, est de nouveau passé sur le billard à la fin du mois dernier. Une intervention chirurgicale qui devrait le tenir éloigné des terrains jusqu’au début du mois de juin, soit moins de deux semaines avant le début du Mondial sud-africain.

Selon les médecins, la star espagnole va très probablement manquer l’entrée de son équipe dans la compétition, le 16 juin prochain, contre la Suisse.

Même s’il n’a joué qu’à six reprises depuis le début de l’année, l’absence de Torres amputerait sérieusement le potentiel offensif de la Roja. Les qualités de l’autre buteur de l’équipe, le Valencian David Villa, sont certes incontestables. Mais force est de constater qu’entre les deux joueurs et leurs challengers au poste de titulaire, le fossé est grand. Daniel Guïza, notamment, a nettement baissé le pied depuis deux ans. Quant à la nouvelle génération, elle tarde à s’affirmer. Trouver un remplaçant à Fernando Torres pourrait du coup se révéler être un véritable casse-tête pour l’encadrement.

Un milieu classé "zone sinistrée"

Préoccupant, le cas Torres l'est d'autant plus qu'il est loin d'être isolé. Plusieurs cadres de l’entrejeu espagnol pourraient faire défaut au dispositif tactique du sélectionneur Vicente Del Bosque. Le milieu de poche d’Arsenal, Cesc Fabregas, est le premier d’une liste conséquente.

En pleine progression depuis 2008, le Catalan s’est fracturé le tibia, le 31 mars, en quart de finale aller de la Ligue des Champions, face au FC Barcelone. Et si, comme Torres, Fabregas a affirmé qu’il pourrait tenir sa place dès le début du Mondial, celui-ci devrait cruellement souffrir du manque de rythme consécutif à cette malheureuse parenthèse.

Toutefois, la blessure de Fabregas, particulièrement pénalisante pour l’animation offensive de la Roja, ne cristallise pas toutes les craintes de l’Espagne. En avril dernier, Andrès Iniesta s’est blessé à son tour. Face à l’Inter Milan, le métronome du FC Barcelone et de la Selección a contracté une déchirure musculaire à la cuisse droite. Le bilan est lourd : un mois de convalescence et un retour à la compétition prévu pour la mi-mai, soit un mois seulement avant le début de la Coupe du monde.

Xavi sur les rotules

Pour Xavi, l’autre milieu défensif du FC Barcelone, l’équation est différente mais le résultat pourrait être similaire. Touché au mollet en demi-finale de la Ligue des Champions face à l’Inter, le stratège espagnol a choisi de rester sur le terrain malgré les risques. Un choix qui "pourrait lui coûter la Coupe du monde", estime Pep Guardiola, le technicien du Barça.

Même s'il parvient à tenir sa place dans l'équipe catalane jusqu'à l’ultime journée de Liga, le 16 mai prochain, celui-ci n’aura qu’un peu plus de trois semaines pour récupérer. Une laps de temps d’autant plus court que sa lésion au mollet s’amplifie au cours des matchs...

Après huit décennies de disette et de déceptions, La Roja voyait déjà son nom s’inscrire enfin au devant du plus prestigieux des trophées intercontinentaux. Mais les méformes successives de ses joueurs pourraient bien l’en priver.
 

Première publication : 05/05/2010

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