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Economie

L'incertitude politique fait plonger la livre

Texte par Dépêche

Dernière modification : 07/05/2010

Alors que les conservateurs ont remporté les législatives mais ne détiennent pas de majorité absolue au Parlement, la livre est en chute libre et la Bourse de Londres a ouvert en net repli.

AFP - La livre était en chute libre, et la Bourse de Londres a ouvert en nette baisse vendredi alors qu'aucun parti n'a gagné de majorité absolue aux élections législatives britanniques, une incertitude économique de plus, malvenue dans le contexte d'inquiétude actuel.
   
"Plus les discussions politiques traîneront, plus les marchés financiers devraient devenir nerveux, ce qui devrait affaiblir encore un peu plus et la livre et les actions britanniques", anticipait Ben Potter d'IG Markets.
   
La livre a suivi de près le dépouillement, qui se poursuivait encore vers 07h00 GMT. Plongeant à 21h00 GMT après de premières évaluations montrant un parlement "suspendu", c'est-à-dire sans majorité absolue, elle se reprenait un peu ensuite, avant de replonger à l'aube avec le lever des courtiers, chutant vers 05H30 GMT à un plus bas depuis le 28 avril 2009 à 1,4597 dollar.
   
Alors que la majorité absolue est de 326 sièges, la BBC estimait à cette heure-là que les Conservateurs auraient 308 sièges, les Travaillistes 260 et les Libéraux-démocrates 59, les autres partis en réunissant 23.
   
"Les marchés sont visiblement inquiets de voir que, quel que soit le gouvernement qui émergera, il ne sera pas en position assez forte pour remettre au pas les finances publiques", expliquait Howard Archer d'IHS Global Insight. "plus les tractations dureront, plus un accord sera perçu comme fragile, plus la livre, les obligations et les actions devraient souffrir", pronostiquait-il.
   
Alors que le pays a désormais le plus gros déficit public des grands pays d'Europe, avec 12% du PIB cette année et 10% du PIB l'an prochain pronostiqués par la Commission européenne, des choix budgétaires particulièrement difficiles devront être faits par le prochain gouvernement.
   
Et les marchés en ont assez d'attendre, d'autant que les deux principaux partis ont une approche différente de la réduction du déficit, même si tous la jugent nécessaire : les Conservateurs veulent "se retrousser les manches" le plus vite possible "pour mettre de l'ordre dans la pagaille", tandis que les Travaillistes ne veulent rien brusquer avant l'an prochain, "pour ne pas compromettre la reprise".
   
Le Footsie-100 de son côté, l'indice vedette de la place londonienne, a plongé dans les premiers échanges de 1,83%, avant de se reprendre un peu.
   
"L'incertitude que fait peser un parlement suspendu sur l'avenir du pays n'incitera certes pas les investisseurs à la confiance, mais devrait avoir plus d'effet sur la livre que sur les actions", observait Joshua Raymond de City Index.
   
Outre l'incertitude politique, devraient peser sur la Bourse, selon Ben Potter, les inquiétudes très fortes concernant la Grèce et le risque de contagion en zone euro, ainsi que le vent de panique qui a soufflé jeudi sur Wall Street, apparemment en partie pour une raison technique qui reste à élucider.
 

Première publication : 07/05/2010

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