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EUROPE

Aucun parti n'obtient la majorité absolue au Parlement

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 07/05/2010

Le Premier ministre travailliste sortant et son rival conservateur, David Cameron, se sont dit prêts à négocier avec les libéraux démocrates arrivés troisièmes aux législatives. Les Tories sont en tête mais ne disposent pas d'une majorité absolue.

Au lendemain des élections législatives, le Royaume-Uni est plongé dans l'incertitude. La chambre des Communes est dominée par les conservateurs mais ceux-ci n'obtiennent pas de majorité absolue. Et jusqu'à nouvel ordre, Gordon Brown reste Premier ministre.

Selon des résultats encore partiels, portant sur 615 des 650 sièges, les conservateurs menés par David Cameron devancent le parti travailliste, mais n’obtient pas les 326 sièges nécessaires pour former un gouvernement.

L'absence de majorité absolue donne naissance au premier "hung parliament" (littéralement "Parlement suspendu", c'est-à-dire sans majorité absolue) depuis 1974. Les conventions qui régissent la marche des institutions - en l'absence de Constitution écrite – prévoient que le Premier ministre sortant, en l'occurrence Gordon Brown, tente en premier de former un gouvernement. Il peut cependant y renoncer et démissionner.

Pour l’heure, David Cameron savoure son avance en sièges - il s'agit de la première victoire électorale des Tories depuis 1992 - et estime que les travaillistes doivent quitter le 10 Downing Street. "Nous devons attendre les résultats complets pour nous prononcer mais je crois qu'il est déjà clair que le gouvernement Labour n'a plus l'autorité pour gouverner notre pays", a déclaré vendredi matin le chef des conservateurs. De son côté, l’actuel Premier ministre, le travailliste Gordon Brown, refuse de se déclarer vaincu. Il dit être prêt à "jouer [son] rôle pour que la Grande-Bretagne ait un gouvernement fort et stable".

Analyse de Bénédicte Paviot, correspondante de France24 (à 10h30, heure de Londres)

"Un nuit décevante pour les lib-dems"

Les membres du Labour s’apprêtent à essuyer leur plus cuisante défaite depuis 1983. Dans la chambre sortante, ils disposaient de 345 sièges. Pourtant, tout n’est pas perdu pour eux. Ils ont clairement affiché l’ambition durant la campagne de faire alliance avec les libéraux-démocrates et ainsi se maintenir au gouvernement.

Mais l’allié providence, le parti libéral-démocrate, n’a pas engrangé un nombre de voix aussi spectaculaire que ce que laissait entrevoir l’engouement suscité par les débats télévisés durant la campagne. Selon le sondage établi à 21 heures jeudi, les libéraux-démocrates n'obtiendraient que 61 députés. "Ça a été de toute évidence une nuit décevante pour les libéraux-démocrates. Nous n'avons simplement pas accompli ce que nous espérions", a déclaré Nick Clegg vendredi matin.

Coup

de théâtre

Les lib-dems n'en demeurent pas moins des faiseurs de roi, susceptibles de soutenir les Tories ou le Labour, au gré des tractations partisanes. Plusieurs ministres travaillistes ont d’ores et déjà laissé entendre qu'ils étaient prêts à discuter avec eux. "Evidemment, nous serions prêts à considérer cela", a déclaré Peter Mandelson, numéro deux du gouvernement.

Mais en fin de matinée, vendredi, Nick Clegg opère un coup de théâtre : il déclare que la victoire revient aux Tories et qu'ils sont les mieux placés pour former un gouvernement. "Je pense que c'est au Parti conservateur de prouver qu'il est en mesure de former un gouvernement, dans l'intérêt national", a-t-il déclaré.

Le scrutin a connu une forte participation (65,1% selon des résultats encore partiels). Mais des centaines d'électeurs n'ont pu voter en raison de longues files d'attente. La commission électorale a annoncé qu'elle allait mener une "enquête approfondie".

Première publication : 07/05/2010

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