Dernière modification : 19/05/2010 

- Chemises rouges - Élections législatives - Manifestations - Thaïlande


Le chaos règne à Bangkok après la dispersion des "chemises rouges"

L'armée a délogé les opposants au gouvernement qui étaient retranchés dans le centre de Bangkok, ce mercredi. La ville n'est pas encore sous "contrôle", indiquent les autorités, qui ont décrété un couvre-feu entre 20h et 6h (GMT+7).

Par Cyril PAYEN , correspondant FRANCE 24 à Bangkok (vidéo)
Dépêche (texte)
 

AFP - Bangkok était mercredi soir une capitale en flammes, théâtre de violences de rues que le gouvernement avait beaucoup de mal à contrôler, après un assaut de l'armée sur le camp retranché des "chemises rouges", qui a fait au moins six morts, et la reddition des leaders contestataires.

Reportage à Bangkok au coeur des affrontements
Par Cyril PAYEN, correspondant FRANCE 24 à Bangkok - le 18/05

La Bourse de Bangkok, plusieurs centres commerciaux dont l'immense Central World et ses boutiques de luxe, des banques ainsi que les locaux d'une chaîne de télévision avec 100 personnes à l'intérieur, étaient en feu, selon les pompiers.

Des responsables militaires ont indiqué à l'AFP qu'un hélicoptère avait été envoyé pour tenter d'aider le personnel de la chaîne à échapper aux flammes.

Des colonnes de fumées, provenant aussi de nombreux pneus incendiés, se dégageaient au-dessus de la capitale thaïlandaise, où l'armée a annoncé l'imposition d'un couvre feu de 20H00 mercredi soir (13H00 GMT) à 06H00.

Le gouvernement a reconnu que certaines parties de la ville n'étaient pas sous contrôle, alors que l'armée annonçait qu'elle allait "s'occuper de ceux qui provoquent des troubles".

"Cette nuit sera une nouvelle nuit de souffrances", a déclaré le porte-parole du gouvernement Panitan Wattanayagorn. Toutes les chaînes de télévision sont désormais alimentées de programmes sous contrôle du gouvernement.

Une unité d'élite de la police a été autorisée à tirer à vue sur les pillards ou émeutiers.

Les violences ont également gagné le nord-est du pays, dont sont originaires nombre de "chemises rouges". Des milliers de manifestants ont ainsi incendié le siège du gouvernement de la province d'Udon Thani, selon le gouverneur Amnat Pagarat, qui a assuré que l'armée avait repris le contrôle.

Pourquoi ce silence de la communauté internationale ?
Par Sylvain ATTAL, spécialiste politique internationale à FRANCE 24 - le 19/05

C'est tôt le matin que les opérations avaient commencé, l'armée envoyant des blindés et des centaines de soldats pour mettre un terme à l'occupation par les "rouges" d'un quartier touristique et commercial huppé de la capitale.

Après deux mois de manifestations d'abord pacifiques puis émaillées d'incidents violents et plusieurs séances de négociations sans résultat, les militaires ont neutralisé la zone en quelques heures, au milieu d'échanges de tirs d'armes automatiques et de grenades, forçant les cadres du mouvement antigouvernemental à renoncer.

Six personnes ont été tuées lors des opérations, dont un journaliste italien touché par une balle dans l'abdomen, selon la police. Un total de 58 personnes ont été blessées dont au moins deux autres reporters, un Néerlandais et un Canadien.

Les leaders des manifestants, qui réclamaient la démission du Premier ministre Abhisit Vejjajiva, ont annoncé peu après 13H00 qu'ils allaient se rendre aux autorités, dans une intervention chargée d'émotion sur la scène située au milieu de la zone rouge.

"Moi et mes compagnons allons nous rendre au Bureau de la police nationale. Je sais que vous souffrez. Certains d'entre vous sont sans voix. Mais nous ne voulons pas plus de morts", a déclaré Jatuporn Prompan, en larmes.

"Nous allons échanger notre liberté contre votre sécurité. Nous avons fait tout ce que nous pouvions (...). Je demande à tout le monde de rentrer chez soi, a renchérit Nattawut Saikuar.

Au moins un des leaders s'est enfuit. D'autres se sont rendus à la police, alors que les manifestants se dirigeaient vers les sorties du camp retranché.

Histoire de la crise en Thaïlande : Rappel des faits

L'émotion avait été très vive toute la matinée dans le camp où, au moment de l'assaut, des chanteurs avaient entonné des chants de lutte. Une banderole "Arrêtez de tuer le peuple" avait été accrochée à proximité de la scène.

Les autorités avaient mis fin dans la nuit aux perspectives de reprise des négociations, que des sénateurs avaient tenté de relancer jusqu'à la dernière minute.

Mais les dernières négociations officielles avaient été rompues il y a une semaine, lorsque le Premier ministre avait annulé sa proposition d'organiser des élections anticipées à la mi-novembre, exaspéré par les exigences sans cesse plus élevées des "rouges".

Des affrontements violents avaient déjà fait 39 morts et 300 blessés entre jeudi soir et lundi. Depuis le début de la crise à la mi-mars, 74 personnes ont été tuées et plus de 1.700 blessées.

Commentaires (8)

Un conflit de classe???? Non

Un conflit de classe????

Non mais il faut que vous arretiez tout de suite . Toutes ces chemises rouges sont PAYEES pour perturber le pays, par une puissance étrangère. Rien n'est naturel, tout est organisé et financé de l'extérieur. C'est à croire que vous le faites exprès pour tromper la compréhension de votre public LOL.

Thaïlande

Je voudrais vous complimenter sur l ateneur de votre journal d'information et plus particulèrement sur vos comtes rendus de la situation en Thaïlande. Le courage de votre journaliste sur place dont j'ai pu apprécier en direct plusieurs fois les commentaires est d'autant plus remarquable qu'il a su, en dépit du contexte et du lieu, nous ouvrir les yeux sur un problème de société fondamental qui ne peut être abordé en oblitérant les révoltes précédentes (1982-1992-2010. Ceci peut-être fait naturellement sans donner tort ou raison à l'un ou l'autre camp (peut-être?).

Commentaires sur Sylvain ATTAL

Il faudrait que votre journaliste dit "spécialiste de la politique international" apprenne à avoir des commentaires un peu plus nuancés ! Quel gouvernement accepterait de voir sa capitale perturbée pendant plus de 2 mois ? Comparez cette situation à la répression sur la place Tienanmen en 89 ! Un sacré racourci ! Décidément, les journalistes de France 24 sont de grands professionnels ! Bravo

d'ou vient c'est violence

Tres bon reportage par Karina CHABOUR.
Merci

Le parallèle

avec la mosquée rouge et le début de la guerre civile au pakistan est flagrant . On assiste en direct à la repression d'une partie contre l'autre avec en réponse des attentats et la naissance de gens révoltés que vous nommez en occident TERRORISTES!!!

La Paix SVP

Nous allons échanger notre liberté contre votre sécurité. Nous avons fait tout ce que nous pouvions.
Il y a que les rouge qui ont des problemes, les reste de Thailande attend la fin de leurs revolution pour enfin vivre normalement et pouvoir travailler. Pourquoi il faut que ce soi toujour les rouges qui entre dans le gouvernement. il etait temp que sa change.

Les rouges n ont plus de

Les rouges n ont plus de leaders et ils sont devenus fous.Ils brulent en ce moment les grands buildings commercials du centre ville.Le camp retranche de Radjpasong etait un symbole.

Ce cauchemard......

est enfin terminé du moins en partie. Il serait bon maintenant que chaque camps fasse preuve de courage et accepte réellement ses propres fautes :

Aux rouges de livrer les terroristes cachés en leur sein et de dénoncer ces incendiaires et poseurs de bombes qui ont pourrit leurs manifestations depuis le début

Au gouvernement d'accepter ses propres erreurs, et d'organiser tout de même ce qu'il avait proposé, à savoir de réelles élections.

En tout cas concernant cet articles, il est totalement neutre et je l'ai apprécié, merci France 24 (et je suis pas tendre avec vous d'habitude).

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