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Asie - pacifique

Quelques clés pour comprendre la crise entre les deux Corées

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 26/05/2010

Depuis qu'une enquête internationale a confirmé qu'une torpille nord-coréenne était à l'origine du naufrage d'un navire sud-coréen en mars, la tension monte entre Séoul et Pyongyang. Décryptage.

Quel événement a déclenché cette nouvelle crise ?
Un navire de guerre sud-coréen, le Cheonan, a sombré le 26 mars en mer Jaune. Il a coulé après une mystérieuse explosion qui l'a brisé en deux au large de l'île de Baengnyeong, près de la frontière maritime avec la Corée du Nord. Quarante-six marins sud-coréens ont péri.

Les conclusions d'une enquête internationale, rendue publique le 20 mai, sont formelles : le naufrage a été provoqué par une torpille nord-coréenne. Pyongyang nie pourtant toute implication.

Depuis la publication du rapport, qu’ont fait les deux pays ?
Séoul demande au Conseil de sécurité des Nations unies de prendre de nouvelles sanctions contre Pyongyang. La Corée du Sud a suspendu tous ses échanges commerciaux avec le Nord et fermé les couloirs de navigation du Sud aux navires nord-coréens. Elle a également recommencé à diffuser sur ses ondes radio des messages de propagande contre le Nord et menace de reprendre la diffusion de ses slogans hostiles au régime nord-coréen - interrompue depuis six ans - à la frontière entre les deux pays.

De son côté, la Corée du Nord a rompu toutes ses relations avec le Sud. Elle menace de fermer la dernière route qui relie les deux pays si Séoul met à exécution sa menace de reprendre la diffusion de messages de propagande. Pyongyang bloquerait alors l'accès au complexe industriel frontalier de Kaesong, situé du côté nord-coréen de la frontière. De nombreux ouvriers sud-coréens y travaillent.

Quelle est la position des États-Unis ?
En visite à Séoul, la secrétaire d'État américaine, Hillary Clinton, a réaffirmé le soutien de Washington à la Corée du Sud, le 26 mai. Elle a par ailleurs appelé la Corée du Nord à cesser "ses provocations et sa politique de menaces et de conflits", ajoutant que la communauté internationale devait "répliquer" au naufrage de la corvette sud-coréenne.

Quelle est la position de la Chine ?
Lors de la visite d'Hillary Clinton à Pékin les 24 et 25 mai, les autorités chinoises se sont dit "prêtes à travailler avec les États-Unis" en vue d'apaiser les tensions. Mais cette collaboration devrait rester limitée. La Chine est le premier partenaire commercial et le seul fournisseur d'aide de la Corée du Nord. Toute crise en Corée du Nord pourrait entraîner un afflux de réfugiés sur son territoire et l'envoi de troupes américaines dans la région. Il est donc fort probable que la Chine continue à rester neutre et ne prenne aucune mesure concrète, telle que des sanctions économiques, contre Pyongyang.

Faut-il craindre une escalade ?
La Corée du Sud, qui promet de "faire payer le prix" du naufrage à la Corée du Nord; la Corée du Nord qui menace la Corée du Sud de "guerre totale" en cas de nouvelles sanctions de l'ONU... Les relations entre les frères ennemis, séparés depuis la fin de la guerre de Corée en 1953, sont certainement à leur plus bas depuis une décennie.

Le dialogue entre les deux États s'était amélioré à partir de la fin des années 1990. En 1998, le président sud-coréen Kim Dae-jung avait lancé la "politique du rayon de soleil" visant à un rapprochement économique et culturel entre les deux pays. Son successeur, Roh Moo-hyun, l'a reprise à son compte et, en 2000, les deux chefs d'État du Nord et du Sud se sont rencontrés pour la première fois de leur histoire. Ils ont signé une déclaration commune "pour réaliser une réunification pacifique".

Ce rapprochement a eu des résultats concrets : des familles divisées depuis la séparation des deux États se sont retrouvées en 2000, la coopération économique s'est accrue avec, notamment, la création de la zone industrielle de Kaesong en 2004... La Corée du Sud est désormais le deuxième partenaire commercial de Pyongyang, après la Chine.

La situation s'est à nouveau dégradée à partir de 2008, avec l'arrivée au pouvoir du nouveau président sud-coréen, Lee Myung-bak, qui a rompu avec la politique conciliante de ses prédécesseurs. Cette année-là, une touriste sud-coréenne a été abattue par des gardes nord-coréens qui l'ont prise pour une espionne, puis Pyongyang a annoncé qu'il mettait fin au pacte de non-agression contre Séoul.

La Corée du Sud est aussi impliquée dans les discussions sur le nucléaire nord-coréen, qui se sont durcies. Pyongyang s'est engagé, en 2007, à neutraliser ses installations et programmes nucléaires. Des promesses qui n'ont pas été tenues ; en avril 2009, la Corée du Nord s'est retirée des négociations à Six. En mai 2009, elle a procédé à un deuxième essai nucléaire, après celui de 2006, qui a été condamné par la communauté internationale.

Les motivations de Pyongyang concernant l'attaque du Cheonan restent obscures. Kim Jong-il prépare sa succession et l'arrivée au pouvoir de son fils Kim Jong-un. Cet évènement pourrait être un moyen de l'initier à la gestion des crises militaires. Kim Jong-il cherche aussi sans doute à s'assurer une position plus forte sur l'échiquier international, en montrant qu'il ne cède pas aux pressions étrangères.

Si la crainte d'une escalade est réelle, le risque d'un conflit militaire reste limité. De même, de nouvelles sanctions envers la Corée du Nord se heurteront aux réticences chinoises. 

Première publication : 26/05/2010

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