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Amériques

BP poursuit son opération de colmatage du puits de pétrole

Vidéo par Nicolas GERMAIN , Pauline GODART

Texte par Dépêche

Dernière modification : 27/05/2010

La compagnie pétrolière a lancé hier un nouvelle opération pour tenter de colmater la fuite d'hydrocarbure dans le golfe du Mexique. Suivez en direct sur FRANCE 24 la conférence de presse que Barack Obama doit tenir à 18h30 (GMT+2).

AFP - Le groupe britannique BP poursuivait sans relâche jeudi une mission risquée pour cimenter le puits de pétrole à l'origine de la marée noire sans précédent dans le golfe du Mexique.

"Les opérations de colmatage ont continué durant la nuit et se poursuivent. Il n'y aucun événement important à signaler", a indiqué BP dans un bref communiqué, ajoutant simplement qu'il informerait de manière "appropriée" sur les progrès de cette mission en profondeur particulièrement délicate.

Dans le même temps, 125 bateaux de pêche qui participaient à des opérations de nettoyage de la marée noire au large de la Louisiane (sud des Etats-Unis) ont été rappelés, quatre membres d'équipages ayant signalé des problèmes de santé.

Ces personnes à bord de trois bateaux "ont dit avoir souffert de nausées, de vertiges, de maux de tête et de douleurs à la poitrine" mercredi en milieu d'après-midi (heure locale) et, "par précaution", tous les navires ont été rappelés, a indiqué le chef des garde-côtes locaux, Robinson Cox.



L'opération de BP, baptisée "top kill" en anglais, a commencé mercredi à 13H00 locales (18H00 GMT) peu après que les garde-côtes américains eurent donné leur feu vert.

La procédure consiste à injecter depuis un bateau mouillant en surface une solution faite d'eau, de matières solides et de barite, un minerai, dans deux conduits qui mènent à la valve anti-explosion du puits, d'où s'échappent le pétrole et le gaz, puis de sceller le puits avec du ciment.

Une opération de ce genre n'a jamais été tentée à une telle profondeur (sous 1.500 mètres d'eau) et un vice-président de BP a estimé les chances de réussite à "entre 60 et 70%".

Le directeur général de BP Tony Hayward a lui aussi été prudent, précisant que la mission devait durer deux jours.

Le président américain Barack Obama, dont "le niveau de frustration est très élevé", est tenu régulièrement informé des progrès de l'opération "top kill", a dit à la presse Bill Burton, porte-parole adjoint de la Maison Blanche.

M. Obama devait répondre à des questions au sujet de la marée noire lors d'une conférence de presse jeudi. Il se rendra le lendemain en Louisiane, l'Etat le plus touché par la marée noire.

Mercredi, Tony Hayward a reconnu au nom de BP que "sept défaillances" étaient apparues avant l'explosion de la plateforme Deepwater Horizon le 20 avril, sans toutefois préciser s'il s'agissait d'erreurs humaines ou de problèmes techniques.

Des élus du Congrès américain ont déclaré avoir eu accès à une enquête interne de BP sur la catastrophe, mentionnant "trois signes avant-coureurs" annonçant l'imminence d'un danger, survenus dans l'heure qui a précédé l'explosion.

Ces révélations coïncident avec l'annonce par des médias locaux que l'oléoduc trans-Alaska, en partie détenu par BP, était fermé mercredi après une fuite de pétrole qui s'est déversée dans un bac de rétention.

Le gouverneur de Louisiane, le républicain Bobby Jindal, a annoncé mercredi que la marée noire s'étendait désormais à "plus de 100 miles (160 km) de côtes", et a pressé les autorités d'agir.

Si la cimentation de la fuite devait échouer, BP compte recourir une nouvelle fois à un "couvercle". Ce procédé, déjà tenté à plusieurs reprises, n'a pour le moment pas porté ses fruits.

La Chambre des représentants américaine a adopté mercredi à l'unanimité une résolution rendant hommage aux 11 morts de la plateforme et présentant "les condoléances de la nation aux familles".

 

Première publication : 27/05/2010

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