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Afrique

Les opposants de l'UFC entrent au gouvernement

Texte par Dépêche

Dernière modification : 28/05/2010

Elliott Ohin a été nommé ministre des Affaires étrangères du nouveau gouvernement togolais. C'est la première fois que l'UFC, arrivée en deuxième position de la présidentielle du 4 mars, accepte d'intégrer une équipe de Faure Gnassingbé.

REUTERS - L'Union des forces de changement (UFC) de l'opposant historique togolais Gilchrist Olympio a accepté vendredi pour la première fois d'intégrer un nouveau gouvernement de coalition, en échange de sept portefeuilles mineurs, à l'exception de celui des Affaires étrangères.

Cette décision, rejetée catégoriquement par un autre haut dirigeant de l'UFC, pourrait entraîner une scission au sein de l'opposition, qui conteste le résultat de l'élection présidentielle du 6 mars remportée par le chef de l'Etat sortant, Faure Gnassingbé.

"Cette longue bataille pour la démocratie, pour l'état de droit (...) et le développement économique et social du peuple togolais n'a malheureusement pas produit les résultats que nous avions espérés", a déclaré Olympio, président de l'UFC.

"C'est pourquoi, après de laborieuses discussions avec le RPT (Rassemblement du peuple togolais, au pouvoir), avec l'assurance d'avoir le soutien sans faille de nos fédérations, j'ai pris la décision de proposer pour la première fois un nouveau chemin de sortie de crise par le partage du pouvoir."

L'accord conclu par Gilchrist Olympio et le RPT prévoit, outre que l'UFC détiendra sept maroquins, qu'il nommera des responsables à la tête d'entreprises publiques, des autorités locales ou au sein du corps diplomatique.

Gilchrist Olympio présidera lui-même une commission chargée de la mise en oeuvre dans les six mois de réformes constitutionnelles approuvées en 2006, un an après les violences consécutives à la première élection contestée de Faure Gnassingbé, qui avaient fait environ 500 morts.

Ce dernier succédait à son défunt père, Gnassingbé Eyadéma, qui a dirigé le pays d'une main de fer pendant 38 ans.

L'accord annoncé par Gilchrist Olympio a été dénoncé par Jean-Pierre Fabre, candidat de l'UFC à la présidentielle du 6 mars, qui a obtenu environ 34% des voix.

Sur les ondes de RFI, Jean-Pierre Fabre a reproché à Olympio de ne pas avoir consulté les autres dirigeants du parti, ajoutant que l'UFC avait auparavant rejeté un partage du pouvoir. Le parti se réunira prochainement pour mettre fin à ce désordre, a assuré Jean-Pierre Fabre.

"Cette décision va affaiblir l'opposition pour les trois ou quatre prochaines années", estime Rolake Akinola, spécialiste de l'Afrique au sein du groupe de consultants Eurasia.

Première publication : 28/05/2010

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