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Economie

Le maintien de la note AAA pour la dette française est "tendu", estime Baroin

Texte par Dépêche

Dernière modification : 31/05/2010

Interrogé dimanche sur la possibilité, pour la dette souveraine de la France, de conserver la note la plus élevée délivrée par les agences de notation, le ministre du Budget a estimé qu'il s'agissait d'un objectif "tendu".

REUTERS - L'objectif de conserver la note AAA de la dette souveraine française est "tendu" et conditionne en partie les décisions sur la réduction des déficits, a déclaré dimanche le ministre du Budget, François Baroin.

La France, qui bénéficie de la meilleure note accordée par les agences de notation, promet de réduire son déficit public dans une proportion et à une vitesse sans précédent depuis au moins un demi-siècle.

De quelque 8% en 2010, le gouvernement prévoit de le ramener à 6,0% en 2011, 4,6% en 2012 et 3,0% en 2013 ou, au plus tard, en 2014.

"L'objectif du maintien de la note AAA est un objectif qui est tendu et qui est un objectif qui conditionne pour partie, en effet, les politiques d'économie que l'on souhaite avoir", a dit François Baroin sur Canal+.

Dans l'entourage du ministre du Budget, on a ensuite précisé à Reuters que par "objectif tendu", il fallait comprendre "exigeant, qui ne se relâche pas".

"Pourquoi? Parce qu'au début des années 1980, 80% de l'accès au crédit qui permettait de financer ses projets pour une entreprise, un particulier ou un Etat se faisait auprès des banques ou des banques centrales. Aujourd'hui, 80% de l'accès à ces crédits pour financer nos investissements s'effectue auprès du marché", a ajouté François Baroin sur Canal+.

Etre noté AAA permet à la France de financer ses déficits et ses dettes publics à un coût minime, à peine supérieur à celui exigé de l'Allemagne, la référence en Europe.

Le président Nicolas Sarkozy a annoncé ces derniers jours plusieurs mesures visant à conforter l'objectif de réduction du déficit.

"Situation apocalyptique", dit Bayrou

Selon François Baroin, "nous devons maintenir notre AAA, réduire notre endettement pour éviter d'être trop dépendant des marchés, et nous devons le faire dans la durée, d'où l'idée de la révision constitutionnelle, pour bien montrer que c'est pas simplement un coup pour rien pour faire plaisir à des marchés, mais vraiment une nouvelle inflexion, une nouvelle tendance, une nouvelle discipline budgétaire française".

Le ministre du Budget a confirmé que, dans les prochaines années, "nous n'allons pas toucher aux impôts", sauf à travers des réductions de niches fiscales.

L'ancien premier secrétaire du Parti socialiste, François Hollande, a jugé dimanche que seule une hausse drastique des impôts permettrait d'atteindre 3% de déficit public en 2013.

"On n'atteindra pas les 3% du PIB de déficit en 2013, c'est une illusion. C'est impossible aujourd'hui, sauf à augmenter drastiquement les impôts", a dit le député de Corrèze sur Europe 1, jugeant préférable de fixer cet objectif pour 2015.

Le président du Mouvement démocrate, François Bayrou, qui avait porté sur le devant de la scène politique l'enjeu de la dette pendant la campagne présidentielle de 2007, a jugé dimanche "apocalyptique" la situation financière de la France.

La France connaît "une situation de finances publiques, de déficits et de dettes - les trois déficits : retraites, Sécu, budget - qui est apocalyptique", a-t-il déclaré au Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro.

Entre l'époque de la campagne présidentielle et aujourd'hui, "on a augmenté de 400% le déficit de la France, donc c'est apocalyptique. C'est une question qui se pose à tous les responsables publics, majorité et opposition", a-t-il ajouté.

Première publication : 31/05/2010

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