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Moyen-orient

Après l'attaque de la flottille, les réactions diplomatiques se succèdent

©

Vidéo par Philippe BOLOPION

Texte par Dépêche

Dernière modification : 01/06/2010

Suite à l'attaque de la flottille internationale d'assistance à Gaza par l'armée israélienne, où 10 personnes ont trouvé la mort, les réactions diplomatiques se sont succédées, précipitant une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU.

AFP - Le raid israélien contre une flottille d'aide pro-palestinienne en route vers Gaza a suscité lundi un tollé international, de nombreux pays l'ayant jugé "disproportionné" et ayant convoqué les ambassadeurs de l'Etat hébreu.
   
Le président américain Barack Obama a demandé à connaître "le plus vite possible" les circonstances exactes de l'abordage qui a fait au moins neuf morts, lors d'une conversation téléphonique avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.
   
Celui-ci a annulé une visite aux Etats-Unis et déclaré "regretter" les pertes en vies humaines, tout en affirmant que les soldats israéliens "étaient forcés de se défendre".

Assaut de Tsahal contre la flottille d'aide pour Gaza


   
Le Conseil de sécurité de l'ONU s'est réuni d'urgence à partir de 17H30 GMT pour débattre de l'intervention israélienne dont les pays arabes attendent une ferme condamnation.
   
Le ministre turc des affaires étrangères Ahmet Davutoglu a affirmé devant le Conseil qu'Israel avait "perdu toute légitimité internationale" après le raid meurtrier.
   
L'ambassadeur adjoint d'Israël à l'ONU, Daniel Carmon, a estimé pour sa part que "cette flottille n'avait rien d'une mission humanitaire".
   
A la demande d'Ankara, les ambassadeurs des pays de l'Otan se réuniront mardi alors que les relations israélo-turques se sont nettement tendues, l'opération ayant visé notamment un bateau humanitaire turc.
   
Depuis le Chili, le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a affirmé que la Turquie "ne restera pas inerte et silencieuse au sujet de cet acte de terrorisme d'Etat inhumain". Autrefois un des rares alliés de l'Etat hébreu au Proche-Orient, la Turquie a déjà rappelé son ambassadeur et annulé les préparatifs pour trois manoeuvres militaires conjointes avec Israël.
   
Des milliers de personnes se sont rassemblées lundi soir dans divers pays pour dénoncer l'assaut de l'armée israélienne.
   
Près de 10.000 personnes ont manifesté à Istanbul aux cris de "Mort à Israël!". Plus de 2.000 se sont rassemblées à Amman, plusieurs milliers de Palestiniens ont manifesté à travers la bande de Gaza, et quelques centaines de personnes à Bagdad. Elles étaient 6.000 en Stockholm, 1.200 à Paris, 1.300 à Lille et Strasbourg, plusieurs centaines à Bruxelles, Copenhague, Oslo, Genève, et 2.000 à Rabat.
   
A l'instar d'Amnesty International qui a réclamé une "enquête crédible et indépendante", de nombreuses voix ont demandé que toute la lumière soit faite sur l'assaut dans les eaux internationales.


   
Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon s'est dit "choqué" par l'opération contre la flottille qui transportait des parlementaires, des militants pro-palestiniens, journalistes et intellectuels de tous pays, et voulait briser le blocus auquel est soumis la bande de Gaza depuis 2007.
   
"Il est vital qu'une enquête complète soit menée", a estimé M. Ban. Et le haut commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, Navi Pillay, a condamné "un usage disproportionné de la force".
   
Condamnation également de l'Union européenne, dont les ambassadeurs des 27 pays membres ont demandé une enquête "impartiale". La chef de la diplomatie de l'UE, Catherine Ashton, et le représentant du Quartette pour le Proche-Orient Tony Blair ont également réclamé une enquête.
   
Alors que le Vatican exprimait sa "douleur et sa préoccupation", de nombreux Etats ont convoqué les ambassadeurs israéliens pour demander des explications, comme la France, Chypre, l'Egypte, la Jordanie, l'Autriche, la Grèce, l'Irlande, la Suède, la Norvège, le Danemark, la Belgique, l'Autriche et l'Espagne. Certains étaient inquiets pour leurs ressortissants ayant pris part à l'expédition.
   
Moscou a jugé que "l'utilisation d'armes contre des civils et l'arrestation en pleine mer de navires sans raisons légales constituent une violation grossière des normes du droit international".
   
Le Premier ministre britannique David Cameron a jugé "inacceptable" l'opération et demandé à Israël de "répondre de manière constructive" au tollé international.
   
La chancelière allemande Angela Merkel a déclaré avoir téléphoné à MM. Netanyahu et Erdogan pour faire part de sa "profonde" inquiétude.
   
Qualifiant le raid de "massacre", le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a décrété trois jours de deuil dans les territoires. L'Autorité palestinienne a demandé à Washington d'intervenir d'urgence pour mettre fin aux "crimes israéliens".
   
Le chef du gouvernement du Hamas à Gaza, Ismaïl Haniyeh a appelé Arabes et musulmans à "se soulever devant les ambassades" d'Israël dans le monde. Il a demandé à l'Autorité palestinienne de "cesser les négociations, directes et indirectes, avec Israël, en raison de ce crime".
   
Le Haut comité de suivi des Arabes, la plus importante organisation représentant les 1,3 million d'Arabes israéliens, a appelé à une journée de grève générale mardi et à des manifestations en Israël.
   
Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a dénoncé un "acte inhumain du régime sioniste", y voyant non "pas un signe de la force mais de la faiblesse de ce régime", dont la fin "est plus proche que jamais".
   
La Chine s'est dite "choquée" par le raid et a demandé "une réponse rapide" de l'ONU.
   
En Europe, les condamnations ont été sévères: "totalement disproportionné", "grave et préoccupant" (Espagne), "réponse totalement inacceptable" à une mission humanitaire (Irlande). Allemagne, Belgique, France et Portugal ont jugé l'assaut "disproportionné", et Rome a "déploré" le "meurtre de civils". En rétorsion, la Grèce a mis fin à un exercice aérien avec Israël en Crète.
   
L'Argentine et nombre de pays d'Amérique latine ont également condamné le raid. Parmi eux, le Brésil a réclamé une "action" et une "déclaration forte" de l'ONU.
   
La Ligue arabe a convoqué une réunion spéciale mardi. Et l’Organisation de la Conférence Islamique (OCI), a exprimé "sa profonde indignation" par la voix de son président, le chef de l'Etat sénégalais Abdoulaye Wade.
   
L'Union Africaine a demandé une enquête sur ce raid jugé "brutal et inhumain" par le Pakistan. Alger, Tunis et Rabat ont également vivement condamné l'opération israélienne.
 

 

Compte tenu de la violence de certains propos publiés sur le site après l'attaque de la flottille d'aide internationale qui se rendait à Gaza, France 24 a décidé de provisoirement désactiver la fonction "commentaires" sur les pages traitant de ce sujet.

Première publication : 31/05/2010

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