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Violent accrochage entre Greenpeace et des pêcheurs de thon rouge

Texte par Dépêche

Dernière modification : 05/06/2010

Une violente altercation a opposé des membres de l'ONG de défense de l'environnement à des pêcheurs français de thon rouge, au large de Malte. L'un des militants écologistes a été grièvement blessé à la jambe par un harpon.

AFP - Un militant de Greenpeace a été grièvement blessé vendredi à la jambe, par un harpon, lors d'une altercation violente avec des pêcheurs au thon rouge près de Malte, a annoncé l'organisation écologiste.

Frank Huston, un Britannique, a été évacué vers un hôpital de Malte. "Ses jours ne sont pas en danger, mais il est gravement blessé", a déclaré à l'AFP Isabelle Philippe, responsable de la communication de Greenpeace.

"Cet après-midi, on a mené la première opération non-violente d'interposition à la pêche au thon rouge. Les activistes de Greenpeace ont voulu abaisser le filet d'un thonier senneur français qui s'appelle le Jean-Marie Christian 6" - propriété de l'armateur sétois Jean-Marie Avallone -, pour libérer les poissons, a-t-elle expliqué.

"A ce moment-là, les pêcheurs ont sauvagement attaqué un des militants, ils l'ont blessé avec un harpon qui a traversé la jambe. L'activiste a été traîné sur plusieurs mètres avant de réussir à se libérer en arrachant le harpon de sa jambe", a-t-elle ajouté.

Greenpeace affirme, dans un communiqué, que lors de cette "agression", plusieurs navires de trente mètres ont "foncé sur les zodiacs de l'association et les ont abordés avec des couteaux attachés au bout des lances".

"Les pêcheurs ont tiré à l'aide de fusées de signalisation sur les militants et sur l'hélicoptère de Greenpeace qui survolait la scène", précise l'ONG qui avait déjà bloqué le 12 mai pendant plusieurs heures des thoniers senneurs dans le port de Frontignan (Hérault).

Pour M. Avallone, resté à Sète mais dont le fils et les petits-fils sont présents sur place avec ses trois navires, les militants étaient armés de "couteaux et de blocs de ciment". Ils évoquent une "opération pacifique", mais "c'est une attaque de brigands, c'est inadmissible, on ne peut plus accepter ça", a-t-il réagi auprès de l'AFP.

Selon Bertrand Wendling, directeur général de la Sathoan, organisation qui représente les intérêts de plusieurs thoniers sétois, "les marins-pêcheurs ont fait tout ce qui était possible pour empêcher que les poissons soient libérés, puisque c'est ce qui leur permet de vivre".

"La pêche au thon rouge est une activité fortement encadrée, elle est totalement légale et autorisée. Il est hors de question qu'on empêche les gens qui sont en mer et qui n'ont que 15 jours pour vivre, parce que la campagne de pêche dure du 15 mai au 15 juin et jusqu'à présent, les bateaux étaient complètement coincés" pour cause de mauvais temps, a-t-il dit.

Le comité national des pêches, qui indique avoir "protesté officiellement" auprès des autorités françaises, a estimé de son côté que Greenpeace avait "décidé de mener un combat qui s'apparente à de la piraterie".

Les militants qui intervenaient "de façon non violente" n'étaient "absolument pas armés de couteaux, et étaient seulement équipés de sacs de sable, avec pour seul but de lester une des lignes de flottaison du filet, pour l'abaisser et ainsi libérer les thons rouges capturés par les pêcheurs" a indiqué Greenpeace samedi à l'AFP.

D'après l'ONG, parmi les bateaux industriels de pêche présents, se trouvaient également deux navires de l'armement Giordano. Un bâtiment de l'armée française est arrivé sur les lieux après l'agression.

L'organisation écologiste a mobilisé deux navires (Rainbow Warrior et Arctic Sunrise) en Méditerranée pour perturber la courte saison de capture du thon.

Selon Greenpeace, la pêche à grande échelle a fait chuter de 80% les réserves de thon rouge en Méditerranée et dans l'Atlantique-est. L'ONG demande sa fermeture provisoire afin que se reconstituent les stocks.

En mars, à Doha, une proposition avait été étudiée visant à interdire le commerce international de "thunnus thynnus", une espèce très prisée par les Japonais. Mais une majorité d'Etats parties à la Convention internationale sur le commerce des espèces sauvages menacées (Cites) l'avait finalement rejetée.

Première publication : 05/06/2010

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