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EUROPE

Les Slovènes disent "oui" à la résolution d'un différend frontalier avec la Croatie

©

Texte par Dépêche

Dernière modification : 07/06/2010

Les Slovènes ont approuvé, dimanche, par référendum, l'accord de délimitation de la frontière avec la Croatie. De ce "oui" dépendait en grande partie le sort de la candidature croate à l'Union européenne.

AFP - Les électeurs slovènes ont ôté dimanche un poids à leur gouvernement, au gouvernement croate et à l'Union européenne en donnant leur feu vert par référendum au recours à un accord d'arbitrage international pour régler le différend frontalier avec la Croatie, vieux de presque vingt ans.

D'après des résultats portant sur plus de 99% des votes dépouillés et rendus publics par la Commission électorale à Ljubljana, le "oui", pour lequel avaient fait campagne le Premier ministre socialiste, Borut Pahor, et le chef de l'Etat, Danilo Turk, recueille 51,48% des suffrages et le "non", préconisé par l'opposition conservatrice, 48,52%.

Le taux de participation est estimé à 42,28% alors que 1,7 millions d'électeurs étaient appelés aux urnes.

Le succès du "oui" lève un obstacle important à une adhésion rapide de Zagreb à l'Union européenne (UE), car la Slovénie, premier pays de l'ex-Yougoslavie communiste à être entré dans l'UE, en 2004, avait exigé le règlement de ce litige avant l'intégration de la Croatie, que Zagreb espère pour 2012.

Devant la presse, le Premier ministre socialiste, Borut Pahor, s'est félicité du résultat: "C'est un jour historique qui a permis à la Slovénie de trouver une solution à l'un de ses plus graves problèmes stratégiques". "C'est une victoire pour la Slovénie, une Slovénie tournée vers le futur et capable de résoudre ses problèmes de voisinage pacifiquement". "Cela aura de très positives conséquences pour toute la région, ce sera un message d'espoir pour les autres peuples", a-t-il estimé. Il a indiqué s'être entretenu au téléphone avec Jadranka Kosor, chef du gouvernement croate, qui attendait avec anxiété l'issue du référendum.

Auparavant, Borut Pahor avait souligné qu'une victoire du "non" aurait "sérieusement affecté" les relations avec le voisin croate.

Un avertissement dont le chef de l'opposition slovène de centre-droit, l'ancien Premier ministre Janez Jansa (SDS), n'a eu cure: il a tempêté pendant toute la campagne contre un accord qualifié de "capitulation", dénonçant même Borut Pahor comme "un collaborateur", allusion implicite aux collaborateurs avec le fascisme croate, allié de la dictature nazie. "La Slovénie est le grand perdant aujourd'hui, nous allons tous devoir payer pour ce résultat", a-t-il affirmé dimanche soir.

Les parlements des deux pays -- la Croatie définitivement -- avaient déjà approuvé le recours à un arbitrage international, mais Ljubljana, sous la pression de l'opposition conservatrice, avait décidé de soumettre de surcroît cette question à un référendum.

Le litige porte sur quelques kilomètres de côtes et quelques milles marins en Mer Adriatique, dans la baie de Piran, avec en toile de fond l'accès direct à la mer pour la Slovénie, enjeu crucial pour Ljubljana.

Ce différend frontalier empoisonne les relations entre les deux pays voisins depuis leur indépendance, en 1991, après l'effondrement de la Yougoslavie communiste.

Avec le succès du "oui", l'instance internationale d'arbitrage, idée soufflée par l'UE, pourra commencer ses travaux. Si le "non" l'avait emporté, le parlement slovène, conformément à la législation, aurait dû attendre 12 mois avant, éventuellement, de reconsidérer cette solution pour régler le différend.

De plus, outre le frein aux négociations d'adhésion de la Croatie comme 28e pays membre de l'UE, un vote "non" aurait donné de l'eau au moulin aux adversaires de l'élargissement de l'Union européenne, notamment dans les Balkans. Et cela alors que l'UE avait dû rassurer à ce sujet les pays des Balkans souhaitant l'intégration au cours d'une réunion le 3 juin à Sarajevo (Bosnie-Herzégovine) qui avait rassemblé l'Albanie, la Bosnie-Herzégovine, la Croatie, la Serbie, le Monténégro, la Macédoine ainsi que le Kosovo.
 

Première publication : 07/06/2010

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