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FRANCE

La justice française rechigne à extrader le médecin rwandais Eugène Rwamucyo

Vidéo par Julien FANCIULLI

Texte par Dépêche

Dernière modification : 09/06/2010

Deux semaines après l'arrestation dans le Val-d'Oise du génocidaire rwandais présumé Eugène Rwamucyo, Paris demande un supplément d'information à la demande d'extradition émise par Kigali.

AFP - La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Versailles a ordonné mercredi un supplément d'information concernant la demande d'extradition du médecin rwandais Eugène Rwamucyo, soupçonné d'être impliqué dans le génocide des Tutsis en 1994, qui reste en détention.

La chambre demande aux autorités rwandaises de lui transmettre avant le 20 août des documents tels que la copie des textes de loi relatifs aux infractions reprochées à M. Rwamucyo et ceux applicables en terme de peine de réclusion à perpétuité en remplacement de la peine de mort, ainsi que des éléments sur l'arrestation fin mai de l'avocat américain Peter Erlinder.

Une nouvelle audience a été fixée au 8 septembre.

Les magistrats ont rejeté la demande de remise en liberté sous contrôle judiciaire de M. Rwamucyo, qui réside en Belgique avec sa femme et ses enfants de nationalité belge, estimant que ses garanties de représentation étaient "insuffisantes".

"Cette décision est pleine d'espoir car le supplément d'information est large et dans un délai relativement bref, c'est un message assez fort à l'adresse du Rwanda,", a déclaré Me Philippe Meilhac, l'un des avocats de M. Rwamucyo.

Me Meilhac s'est dit "un peu déçu" du rejet de la remise en liberté, jugeant que son client "paie de manière incidente le contexte politique qui pèse sur le dossier rwandais".

Ancien médecin à Maubeuge (Nord), Eugène Rwamucyo, né en 1959, a été arrêté le 26 mai lors d'une cérémonie d'obsèques à Sannois (Val-d'Oise) en vertu d'un mandat d'arrêt international. Il est notamment accusé par Kigali d'avoir participé à des réunions de responsables génocidaires à Butare (sud du Rwanda) en 1994, dont l'une sous l'égide du Premier ministre de l'époque, Jean Kambanda, condamné à la perpétuité par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

Environ 800.000 Tutsis et Hutus modérés ont été tués, selon l'ONU, entre avril et juillet 1994 au cours du génocide rwandais.

M. Rwamucyo est par ailleurs visé par une information judiciaire ouverte à Paris le 5 février 2008 pour génocide, crimes contre l'humanité et complicités après une plainte du Collectif des parties civiles pour le Rwanda (CPCR).

Le médecin a répété dans le box qu'il "attend toujours que la justice française (l')aide à prouver (son) innocence".

Présent à l'audience, le président du CPCR, Alain Gauthier a exprimé sa "satisfaction" après la décision de la chambre de l'instruction.

M. Gauthier a précisé que "la plainte en France suit son cours et les juges se sont rendu au Rwanda".

Première publication : 09/06/2010

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