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FRANCE

L'ex-détenue Clotilde Reiss raconte son calvaire dans les geôles iraniennes

Texte par Dépêche

Dernière modification : 10/06/2010

Retenue pendant dix mois en Iran, la jeune universitaire française libérée le 16 mai dernier a conté au journal "Libération" et à la radio France Culture ses 47 jours de détention à la prison d'Evin.

AFP - Clotilde Reiss, l'universitaire française retenue dix mois en Iran, revient sur sa détention et son procès où elle confie avoir eu "l'impression d'être au Jugement dernier", dans un récit que doit diffuser jeudi la radio France Culture et dont le quotidien Libération publie des extraits.
   
La jeune femme de 24 ans, accusée par l'Iran d'atteinte à la sécurité nationale notamment pour avoir participé à des manifestations contestant la réélection du président Mahmoud Ahmadinejad en juin 2009, a passé 47 jours à la prison d'Evin, du 1er juillet au 16 août 2009. Elle n'a pu rentrer en France que le 16 mai 2010.
   
Libération publie des dessins réalisés par Clotilde Reiss durant sa détention, reproduisant notamment sa cellule, "une petite pièce de 8 m2 avec juste un robinet et une moquette - donc c'était très sale - où chacune des quatre détenues avait deux couvertures et une brosse à dents" et "dormait par terre".
   
"L'une de mes premières phrases a été de leur demander si on était torturé. Très vite, elles m'ont rassuré. C'étaient trois filles qui souriaient. J'ai compris par la suite que leur survie passait par là", confie la jeune universitaire.
   
"L'activité principale, c'était soit la douche, soit la sortie en plein air de quinze minutes. Et les interrogatoires où l'on va de sueur froide en sueur froide", témoigne-t-elle.
   
Clotilde Reiss relate ses séances d'interrogatoire où "on te fait asseoir face au mur, les yeux bandés" et au cours desquelles "les questions de prédilection portent sur les gens que tu connais". "On te pose les mêmes, vingt ou trente fois."
   
"Physiquement, ils ne m'ont pas menacée, mais m'ont fait subir des pressions morales, un chantage affectif. On me disait: +tu peux rester ici des années+", raconte-t-elle.
   
Vient le procès qui "a duré cinq heures et pendant une heure le président a prononcé une diatribe d'une violence incroyable. J'avais l'impression d'être au Jugement dernier, d'être condamnée avant même de m'être exprimée", raconte Clotilde Reiss qui parle du "jour le plus dur de (sa) vie".

 

Première publication : 10/06/2010

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