Dernière modification : 10/06/2010
- Bertrand Delanoë - Dominique Strauss-Kahn - Martine Aubry - Parti socialiste - Ségolène Royal
Anne Hidalgo, Première adjointe au Maire de Paris (Parti socialiste)
Roselyne Febvre reçoit Anne Hidalgo, Première adjointe au maire de Paris, pour débattre des primaires socialistes, de la réforme des retraites ainsi que de ses projets politiques.
Regardez la seconde partie de "politique" avec Marielle de Sarnez.
Roselyne FEBVRE.- Bonjour et bienvenue dans « Politique » avec notre premier invité. Anne Hidalgo, Bonjour.
Anne HIDALGO.- Bonjour.
Roselyne FEBVRE.- Vous êtes première adjointe au maire socialiste de Paris, Bertrand Delanoë. Donc merci d'être sur le plateau de France 24.
Anne HIDALGO.- Merci à vous.
Roselyne FEBVRE.- On va parler de l'actualité. Le Parti socialiste a mis en route sa rénovation. Donc ça concerne, bien sûr, l'organisation des primaires mais aussi le cumul des mandats. Est-ce que vous avez le sentiment - ça fait déjà un petit moment qu'il se passe quelque chose au Parti socialiste - que le parti est en train de sortir de l'ornière dans laquelle il était plongé depuis un bon moment ? En quelque sorte, c'est un nouveau départ ?
Anne HIDALGO.- Vraiment oui. Je crois que le Parti socialiste, depuis plusieurs mois, sans doute après l'échec cuisant des européennes de 2009, s'est repris en main. Il y a du travail, du boulot qui se fait. l'équipe de direction autour de la première secrétaire a vraiment repris les choses de façon sérieuse.
Roselyne FEBVRE.- Elle était la femme qu'il fallait au PS ? Elle est devenue légitime ?
Anne HIDALGO.- Je pense en tous les cas qu'elle a mis l'énergie nécessaire et le sérieux pour pouvoir avancer et sortir effectivement le Parti socialiste de l'ornière. Parce que nous étions dans l'ornière. Clairement. Le résultat que nous avons eu aux européennes. Le fait que les gens, à l'époque, nous disaient : « Il y en a marre. Vraiment, arrêtez vos bagarres de chefs, vos bagarres d'egos. On a besoin d'une gauche qui soit avec ce pilier qu'est le Parti socialiste au sein de la gauche, qui permette effectivement d'envisager une alternative à Nicolas Sarkozy. » Nous l'avons beaucoup, beaucoup entendu. Et ce travail a été fait sur le fond. Parce que, avant ce processus de rénovation, il y a eu une convention, par exemple, sur le nouveau modèle de développement. Nous avons également eu le texte sur les retraites, qui a aussi été un texte important, qui sort avant même que le gouvernement ne fasse ses propositions. Et là, le travail d'Arnaud Montebourg sur la rénovation, avec toute une équipe autour de lui, est quand même, je crois, un grand pas. Moi, je suis assez fière, finalement, de ce qui s'est passé hier parce que le PS est vraiment, je crois, au rendez-vous, avec une histoire nouvelle, avec la modernité. Et ce processus de primaires est une chance.
Roselyne FEBVRE.- Est-ce que c'est moderne ? Aujourd'hui, alors que tout le monde sait qu'il faut réformer les retraites, Martine Aubry s'agrippe à l'âge légal du départ à la retraite à soixante ans. J'ai envie de vous demander : est-ce que c'est bien responsable ? Est-ce que ce n'est pas de la démagogie ?
Anne HIDALGO.- Non, ce n'est pas de la démagogie. D'ailleurs, quand vous regardez dans le champ syndical, toutes les organisations syndicales ont aussi affirmé leur attachement à la retraite à soixante ans.
Roselyne FEBVRE.- Oui mais ça, ce n'est pas nouveau.
Anne HIDALGO.- A l'âge légal.
Roselyne FEBVRE.- Ce n'est pas nouveau que les syndicats se...
Anne HIDALGO.- La CFDT a accompagné en 2003 la réforme des retraites. Donc on est quand même dans un monde où les choses bougent. Les soixante ans, alors...
Roselyne FEBVRE.- Oui, pourquoi doit-on en rester à soixante ans ? Expliquez-moi.
Anne HIDALGO.- D'abord, les soixante ans, c'est l'âge légal. C'est, je dirais, la condition sine qua non pour que des gens qui ont commencé à travailler tôt, qui sont usés, puissent partir à soixante ans. Vous savez, il y a beaucoup de gens dans notre pays qui ont commencé à travailler à quatorze ans, à quinze ans, à seize ans, qui arrivent à soixante ans avec une espérance de vie extrêmement courte. Moi, dans ma famille... Je viens d'une famille d'ouvriers. Vous savez, j'ai deux oncles qui sont partis dans l'année qui a suivi leur départ à la retraite parce qu'ils étaient usés et j'estime que, quand même, nous avons des connaissances aujourd'hui sur la durée de vie, sur l'espérance de vie par rapport à chacune des catégories professionnelles, par rapport aux différents métiers. Il faut tenir compte de cela et si nous ne mettons pas cette barrière d'âge légal, ces personnes-là seront effectivement conduites à travailler encore plus longtemps.
Roselyne FEBVRE.- Mais pourquoi la France devrait... Même si, effectivement, on entend ce que vous dites, sans juger ou quoi. Mais est-ce qu'on peut rester le pays en Europe qui ne bouge pas son âge légal ?
Anne HIDALGO.- D'abord il y a l'âge légal et l'âge de départ, je dirais, normal au sens où, aujourd'hui, la moyenne des départs à la retraite en France se fait à soixante et un ans et demi puisque les gens rentrent de plus en plus tard sur le marché du travail. Donc il n'y a pas - Martine Aubry l'a dit, le texte du Parti socialiste le dit très bien - d'opposition à ce qu'il puisse y avoir un allongement de la durée de cotisation mais il faut maintenir cet élément, qui est vraiment un élément de justice sociale. Il faut arrêter de nous dire... Il y a des tas de professions, des tas de métiers - les cadres supérieurs, les journalistes et autres - dans lesquels on nous dit : « Mais on peut travailler très longtemps. » Oui, dans ces métiers-là, on peut travailler très longtemps mais il faut ce filet de sécurité pour que les gens qui sont vraiment fatigués puissent partir.
Roselyne FEBVRE.- ... puissent pouvoir partir.
Anne HIDALGO.- ... partir. Et c'est l'âge légal qui permet cela. Ce n'est pas d'autres mesures. Par ailleurs, le fait que le gouvernement ait placé l'âge légal comme un élément clef de la réforme des retraites, c'est là aussi...
Roselyne FEBVRE.- Ce n'est pas le sujet ? Ce n'est pas l'un des sujets principaux ?
Anne HIDALGO.- Ce n'est pas le sujet principal. En tous les cas c'est vraiment un marché de dupes. C'est toucher à un symbole, toucher à quelque chose qui concerne des gens qui ont commencé à travailler très tôt sans pour autant résoudre l'équation financière du système. C'est ce que nous avons dit dans notre texte voté par les socialistes.
Roselyne FEBVRE.- Nicolas Sarkozy l'avait dit il y a quelque temps, il voulait taxer les riches sur les retraites. Le projet de réforme va être présenté la semaine prochaine. Il va instaurer une taxe spéciale sur les plus hauts revenus, c'est-à-dire une contribution qui frapperait les personnes qui gagnent plus de 11 000 € par mois. Est-ce que Nicolas Sarkozy redeviendrait de gauche, en quelque sorte ?
Anne HIDALGO.- D'abord, je crois qu'il ne l'a jamais été. Deuxièmement, sur la méthode qu'il a choisie sur cette réforme des retraites, on peut quand même être extrêmement critique. Il annonce, il lance des petits ballons d'essai comme ça, ici et là, en choisissant un calendrier qui correspond d'ailleurs au calendrier de la Coupe du monde de foot, comme si il espérait que les esprits soient occupés par autre chose. Et puis on va passer à l'été parce qu'il est toujours plus difficile d'avoir des mobilisations syndicales à l'été. Il y a une méthode qui est quand même extrêmement critiquable. Nous avons choisi au Parti socialiste, effectivement, d'énoncer nos propositions et de les faire en tenant compte de la situation réelle. Quand est-ce que la question du régime des retraites sera posée en France ? A horizon 2020-2025. Alors...
Roselyne FEBVRE.- Oui mais là, par exemple, taxer ces riches, est-ce que c'est une bonne solution ?
Anne HIDALGO.- Je reviens à votre question sur la taxation - entre guillemets - des riches. Nous, nous avons dit qu'il fallait élargir l'assiette de cotisations aux revenus du capital et pas uniquement aux revenus du travail. Donc bien sûr qu'il faut taxer les hauts revenus et les...
Roselyne FEBVRE.- ... et les sociétés, les banques, les...
Anne HIDALGO.- Bien sûr qu'il faut. Et dans notre proposition...
Roselyne FEBVRE.- Et ça ne va pas plomber la compétitivité ?
Anne HIDALGO.- Non. Vous savez, je crois que la compétitivité fonctionne aussi quand on a un système social qui garantit de la sécurité aux travailleurs et aux salariés. Donc je pense que dans la façon d'avancer du gouvernement, qui est de lâcher ces petits ballons d'essai sans proposer un plan de financement global, il y a un vrai problème et on prend parfois les Français pour plus idiots qu'ils ne le sont parce qu'ils ne le sont pas. Ils sont intelligents et je pense que dans cette affaire de taxer les riches et de déterminer un revenu à 11 000 €, il y a quand même beaucoup à dire. Je pense que...
Roselyne FEBVRE.- Parce que les socialistes disent : « Il faut taxer le capital » etc. Mais, pour l'instant, on n'a pas le concret. On n'a pas la feuille de route, on va dire.
Anne HIDALGO.- Nous avons présenté de façon très, très précise où nous allions chercher les ressources nouvelles pour financer le régime des retraites. Et notamment la taxation, bien sûr, des stock-options, des revenus du capital, du patrimoine mais pas, par exemple, la résidence secondaire ou les assurances-vie, contrairement à ce qu'avait dit à un moment donné François Fillon. Donc nous avons vraiment précisé...
Roselyne FEBVRE.- Mais est-ce que ça a bien été expliqué ?
Anne HIDALGO.- Alors je pense que ça a été expliqué et nous allons continuer à le faire. Vous savez, nous avons un tour de France des retraites qui est prévu avec les responsables socialistes qui vont expliquer cela sur le terrain. Je crois que, pour l'instant, les Français ont plutôt jugé notre projet comme crédible.
Roselyne FEBVRE.- Nous allons parler aussi des primaires, de ces fameuses primaires qui vont être ouvertes à toute la gauche, avec aussi des dates. En fonction des dates, est-ce que ce sera favorable à certains candidats ? Bon, là-dessus, ça a été plus ou moins tranché. D'après vous, c'est une usine à gaz ou une machine à gagner ?
Anne HIDALGO.- Moi, je pense que c'est une belle machine. En tous les cas, c'est une belle aventure démocratique mobilisatrice. Je crois que le fait que nous ouvrions la possibilité de choisir notre candidat ou notre candidate pour l'élection présidentielle à tous les Français qui accepteraient, bien sûr, de se reconnaître dans les valeurs de la gauche et qui ont envie de prendre part à ce grand moment démocratique est une très belle chose. Je pense que nous aurons une belle mobilisation. Je suis élue parisienne et je suis persuadée que ce processus-là, démocratique, va beaucoup intéresser les Parisiens également.
Roselyne FEBVRE.- Est-ce qu'on ne va pas retrouver la « guerre des chefs », comme le disait Jean-Louis Bianco aujourd'hui ?
Anne HIDALGO.- Moi, je ne crois pas à cette guerre des chefs. J'ai le sentiment, après ce qui s'est passé aux européennes...
Roselyne FEBVRE.- Vous êtes bien naïve, alors.
Anne HIDALGO.- Non. Non, non. Je ne suis pas du tout naïve. D'abord, j'ai envie d'être un peu enthousiaste et pas que dans le scepticisme. Je trouve que le scepticisme, on en a quand même un peu ras le bol. Et puis se plomber, se tirer des balles dans le pied tous les matins, on a vu ce que ça donnait, on a perdu, on...
Roselyne FEBVRE.- Mais est-ce que ce n'est pas ça qui va arriver ?
Anne HIDALGO.- Je ne crois pas parce que j'ai l'impression quand même que nos responsables politiques, ceux qui sont en situation de se présenter, notamment à la présidentielle, ont quand même compris le message non seulement des militants socialistes, qui n'accepteront pas. Le premier qui tire sur l'autre et qui place le sujet sur un terrain de personnes et pas sur un terrain d'offre politique sera, je pense, très, très vite éliminé ou, en tous les cas, écarté et les Français...
Roselyne FEBVRE.- C'est pas les sondages qui vont faire les primaires ?
Anne HIDALGO.- Je pense que, là aussi, nous avons une certaine maturité. On a vu, notamment en 2006 et 2007, comment, à travers des sondages, on a voulu finalement orienter le choix, à l'époque, des militants socialistes. Moi, j'entends. Je pense qu'il ne faut pas en abuser. Les sondages sont des éléments importants pour connaître... Il faut qu'ils soient présentés de façon très honnête, c'est-à-dire que toutes les questions qui sont posées dans un sondage puissent effectivement être présentées à la population.
Roselyne FEBVRE.- Hier, « Libération » posait cette question : « DSK est-il de gauche ? », donc je vous la pose.
Anne HIDALGO.- Bien sûr. C'est un responsable socialiste et un militant socialiste. Il y a des variantes entre ce qu'il pense et ce que d'autres pensent mais, pour moi, ça n'est pas une question. Il faut être très précis sur ce qu'indiquent les sondages présentés ici et là sur la popularité, où elle se situe, dans quelle catégorie de population. Pour revenir à la question initiale, je pense que les Français et les...
Roselyne FEBVRE.- Non mais est-ce qu'il est de gauche ?
Anne HIDALGO.- Oui, je vous ai répondu précisément.
Roselyne FEBVRE.- Ah oui, d'accord.
Anne HIDALGO.- Je vous ai dit : « Oui, il est de gauche. C'est un socialiste. »
Roselyne FEBVRE.- Alors pourquoi il y a un débat au sein du Parti socialiste là-dessus ?
Anne HIDALGO.- Vous savez, que « Libération » engage un débat sur le sujet, je dirais, c'est sans doute le propre...
Roselyne FEBVRE.- Certains considèrent que la cure d'austérité qu'il inflige aux pays du Sud est une politique libérale. C'est d'ailleurs ce qu'a dit Cécile Duflot.
Anne HIDALGO.- Alors, qu'il y ait à l'intérieur de la famille socialiste et parmi les différents leaders des variantes, des nuances, des positionnements différents, c'est clair. Et Dominique Strauss-Kahn a une responsabilité importante dans un organisme très important qui doit permettre de trouver les régulations internationales. Il est vrai qu'aujourd'hui nous pouvons tous être extrêmement inquiets de la façon dont les marchés dictent la politique des pays et comment, y compris lorsqu'il s'agit de pays qui ont élu démocratiquement des gouvernements socio-démocrates, je pense à la Grèce ou à l'Espagne, les marchés imposent leur solution unique en matière économique. En ce qui concerne Dominique Strauss-Kahn, oui, c'est un homme de gauche. Oui, il aura un rôle, je pense, extrêmement important à jouer. S'il décide d'être candidat à la primaire, il a bien évidemment toute sa place.
Roselyne FEBVRE.- Vous avez choisi votre candidat ou pas, Anne Hidalgo ?
Anne HIDALGO.- Non. En 2006 j'avais voté Dominique Strauss-Kahn.
Roselyne FEBVRE.- Ségolène Royal a-t-elle encore des chances ou est-elle « dans les choux », comme le disent certains ?
Anne HIDALGO.- Vous savez, en politique, on apprend que personne n'est totalement jamais dans les choux, qu'il y a des rebondissements. Il y a des personnes qui, à un moment donné, se révèlent dans un contexte. Je pense que Ségolène Royal a aussi toute sa place. En tous les cas, elle a sa place dans le parti, elle a sa place à la direction du parti. Nous avons, dans ce Parti socialiste, une pluralité de talents. En 2006, 2007 et un peu après, ils se sont écharpés.
Roselyne FEBVRE.- Il faut juste les mettre tous d'accord !
Anne HIDALGO.- Voilà. Ils se sont écharpés et ça, c'était quand même insupportable pour les militants et pour les Français. Aujourd'hui, je crois que nous avons quand même trouvé le cadre approprié pour être dans une attitude gagnante.
Roselyne FEBVRE.- « Le Canard Enchaîné », le journal satirique, a une fois de plus ouvert son bec. Ces derniers temps, beaucoup de révélations sur les appartements de certains ministres. Là, c'est sur Christine Boutin, qui a été débarquée du gouvernement et qui était très critique vis-à-vis de Nicolas Sarkozy. Et là on apprend que, depuis quelques mois, on lui a confié une mission sur la mondialisation. Effectivement, on ne l'entend plus beaucoup. Elle aurait chauffeur, voiture, secrétaire...
Anne HIDALGO.- Bureau.
Roselyne FEBVRE.- ... et bureau, avec un salaire net de 9 500 € net. Qu'est-ce que ça vous inspire ?
Anne HIDALGO.- C'est peut-être un peu cher payé, quoi. Enfin, je pense que les moyens de la République ne doivent pas être là pour gérer ou venir soulager des difficultés au sein de la majorité présidentielle.
Roselyne FEBVRE.- Ou des aigreurs de certains ?
Anne HIDALGO.- Ou des aigreurs. Je pense que ce n'est pas sérieux. Il y a des possibilités de missions confiées, par exemple, au Parlement. Un parlementaire en mission, ça existe, ça fait du boulot, ça a des moyens.
Roselyne FEBVRE.- Mais c'est comme ça que ça marche en politique pour calmer un peu les esprits énervés.
Anne HIDALGO.- Je pense que, dans la vieille politique, ça marche encore, malheureusement, comme ça et qu'il faut justement tourner cette page. Je crois que les Français en ont marre, en ont marre de cette façon qui consiste à dire : « Si tu ouvres trop ton bec, on va te proposer quelque chose qui te ramènera au bercail. » Ça suffit.
Roselyne FEBVRE.- Vous êtes l'héritière, dit-on, de Bertrand Delanoë. On le sent un peu dépité sur ses ambitions. A un moment il avait un peu explosé et on a l'impression qu'il a loupé une marche. Laquelle ?
Anne HIDALGO.- D'abord, sur le mot d'« héritière », je suis la première adjointe de Bertrand Delanoë. C'est quelqu'un que j'admire. J'ai une immense confiance. Mais, en démocratie, le mot d'« héritière », ça n'existe pas. Je suis plus une héritière de la République et des valeurs que mes parents m'ont donnée. Donc, en ce qui concerne ce terme, je le réfute. En revanche, oui, je suis quelqu'un de loyal et d'engagé au côté du maire de Paris, qui fait un boulot absolument extraordinaire.
Roselyne FEBVRE.- Je repose ma question : que s'est-il passé ? A un moment, on le voyait partir en flèche et puis, congrès de Reims, patatras.
Anne HIDALGO.- Je pense que le congrès de Reims n'a effectivement pas donné le résultat... Moi, je l'ai soutenu au congrès de Reims. J'ai vraiment été à ses côtés et milité pour qu'il puisse être premier secrétaire. Ça n'a pas été le cas. Voilà. Je crois que, là aussi, ce sont des choses... Il faut prendre acte.
Roselyne FEBVRE.- C'est la politique ?
Anne HIDALGO.- C'est la politique. Il faut prendre acte des choses. En attendant, Bertrand Delanoë - ça se voit aussi à travers les sondages, mais pas qu'à travers les sondages - est quelqu'un qui compte. Sa parole est forte. C'est un homme, je crois, qui a une vraie autorité morale et qui continuera à l'exercer.
Roselyne FEBVRE.- Si vous deviez concourir pour la mairie de Paris, François Fillon vous paraît-il un adversaire à votre mesure ?
Anne HIDALGO.- Moi, je n'ai pas à me prononcer sur les adversaires qui seront issus du processus de la droite.
Roselyne FEBVRE.- Oh, vous n'allez pas me dire que ce n'est pas quelque chose auquel vous pensez !
Anne HIDALGO.- En tous les cas, je...
Roselyne FEBVRE.- Vous vous projetez, en tous cas.
Anne HIDALGO.- Bien sûr que 2014 est une échéance importante. Il reste quatre ans, donc j'ai le sens du temps. Vous savez, il faut réussir ce qu'on a entrepris, il faut bosser, il y a de la légitimité à créer, ça se fait dans le travail. Moi, je suis comme ça. J'ai...
Roselyne FEBVRE.- « Du temps au temps », comme disait Mitterrand.
Anne HIDALGO.- Du temps au temps mais pas du temps inactif. C'est du temps au travail. François Fillon ou un autre, moi, ce que je constate, c'est qu'aujourd'hui il n'y a pas de fébrilité à avoir à gauche. J'ai permis, avec d'autres, de faire un score de 58 % aux régionales à Paris. C'est quand même pas mal. Il ne faut pas s'arrêter là-dessus mais ça n'engage pas de la fébrilité.
Roselyne FEBVRE.- Merci Anne Hidalgo, qui n'est donc pas fébrile ! Merci à vous d'être venue sur le plateau de France 24.
Anne HIDALGO.- Merci.
Roselyne FEBVRE.- On se retrouve plus tard. Merci.


























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