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FRANCE

L'Élysée n'exclut pas des "évolutions" du projet de réforme des retraites

Texte par Dépêche

Dernière modification : 18/06/2010

Le président Sarkozy a évoqué vendredi des "évolutions" de son projet de réforme des retraites, sur le volet pénibilité notamment. De leur côté, les syndicats comptent sur la mobilisation de la rue pour contrecarrer les projets du gouvernement.

AFP - Nicolas Sarkozy a ouvert la voie vendredi à des "évolutions" de son projet de réforme des retraites, sur son volet pénibilité notamment, mais les syndicats comptent désormais sur la mobilisation des salariés pour pousser le gouvernement à revoir sa copie en profondeur.

Après la présentation mercredi du projet gouvernemental, le ministre du Travail Eric Woerth avait donné deux jours aux partenaires sociaux pour suggérer des modifications au texte, qualifié d'"injuste" par la plupart des syndicats et la gauche.

Il avait clairement exclu de revenir sur la mesure phare du projet, le recul à 62 ans de l'âge légal, qui permettra de dégager la moitié de l'effort de redressement du système à l'horizon 2018. Mais il avait laissé la porte ouverte à des aménagements sur d'autres dispositions moins emblématiques.

L'Elysée s'est dit sensible vendredi à certaines remarques des partenaires sociaux sur trois dossiers, dans un communiqué.

Le chef de l'Etat a évoqué "la nécessité de mieux prendre en compte la pénibilité" et "la situation des personnes qui ont commencé avant 18 ans". Il a aussi cité les problèmes des poly-pensionnés, ces assurés pénalisés dans le calcul de leur retraite parce qu'ils relèvent de plusieurs régimes.

Eric Woerth a ainsi été chargé "de lui proposer, au plus tard avant le début du débat parlementaire en septembre, les évolutions qui pourraient être envisagées sur tout ou partie de ces différentes questions".

Mais le calendrier de la réforme n'est pas bousculé pour autant, a précisé une source proche du dossier: le texte présenté mercredi doit toujours passer en Conseil des ministres le 13 juillet, avant d'être examiné en Commission à l'Assemblée fin juillet, puis discuté en séance publique début septembre.

Les éventuelles évolutions "pourront ainsi prendre la forme d'amendements du gouvernement" lors du débat parlementaire.

Parmi les syndicats qui avaient accepté de formuler d'ultimes propositions, la CFE-CGC, a demandé vendredi "des recettes concrètes supplémentaires", citant les stock-options ou encore les retraites chapeaux.

Reçu jeudi, le leader de la CFDT, François Chérèque, avait jugé que le gouvernement ne laissait "pas de marge de manoeuvre".

"Ce sera des ajustements à la marge, si ajustements il y a", a estimé le secrétaire général de l'Unsa, Alain Olive.

Le Medef a fait pression pour que certains prélèvements sur les entreprises soient revus à la baisse et pour booster l'épargne retraite individuelle.

La CGT et FO avaient décliné l'invitation du gouvernement.

Pour les syndicats, le rapport de force ne se situe désormais plus dans le dialogue avec l'éxécutif.

Une intersyndicale CFDT-CGT-FSU-Solidaires-Unsa, à laquelle s'est associée la CFTC, a appelé une nouvelle fois à une journée nationale de grèves et de manifestations le 24 juin.

"Il faut que nous créions l'événement", a lancé le leader de la CGT, Bernard Thibault, jugeant qu'il faudrait "être le plus possible et beaucoup plus d'un million", chiffre atteint par les manifestations du 27 mai selon la CGT (395.000 selon la police).

Les syndicats semblent avoir l'opinion derrière eux: 66% des Français jugent le projet de réforme injuste, selon un sondage TNS Sofres publié vendredi

Le PS est aussi décidé à soutenir la mobilisation. "Je le dis avec solennité, le PS, aux côtés des organisations syndicales, va combattre le projet et proposer un projet", a lancé Martine Aubry.

Première publication : 18/06/2010

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