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FRANCE

Dominique de Villepin lance sa "République solidaire"

Vidéo par France 2

Texte par Dépêche

Dernière modification : 20/06/2010

L'ancien Premier ministre a annoncé la création de son mouvement politique, baptisé "République solidaire", une "alternative" à la présidentielle de 2012.

AFP - Dominique de Villepin a officialisé samedi devant plusieurs milliers de sympathisants le lancement de son mouvement, baptisé "République solidaire", pour offrir une alternative à la politique de "division" de Nicolas Sarkozy.

"Un discours fleuve aux accents gaullistes"

"Pour réhabiliter la politique, il faut imaginer un mouvement neuf, indépendant. Non pas un parti de plus, mais un mouvement de mission", a résumé l'ancien Premier ministre à la Halle Freyssinet à Paris (XIIIe), disant s'adresser "en particulier à ceux qui se sentent orphelins de la République".

"Ce mouvement, j'en prends la présidence. Je m'engage parce que je pense que les Français ont besoin d'une autre voie", a-t-il expliqué, faisant ainsi un pas de plus vers une candidature à la présidentielle de 2012.

Parmi les 6.000 supporteurs présents revendiqués par le club Villepin, figuraient les anciens ministres de Jacques Chirac Azouz Begag (MoDem) et Nelly Ollin, ainsi que les membres de sa garde rapprochée: les députés UMP François Goulard, Jacques Le Guen, Jean-Pierre Grand ou Marie-Anne Montchamp, qui sera la porte-parole du mouvement.

Prenant des accents gaulliens, au lendemain du 70e anniversaire de l'appel du 18 juin, Dominique de Villepin s'est situé dans la lignée des grands résistants "qui ont répondu en 1940 à l'appel d'un général inconnu" et des "citoyens des états généraux luttant en 1789 contre l'absolutisme".

Dans un discours d'une heure et dix minutes, l'ex-Premier ministre a ramassé plusieurs mois de critiques envers Nicolas Sarkozy: "Quand la France divise, ce n'est pas la France (...). Nous sommes confrontés à un déni de réalité, entre ce que vivent les Français et ce que disent nos dirigeants".

"Nous n'acceptons pas que soit démonté brique par brique ce qui fonde notre République", a-t-il lancé sous les applaudissements.

Il a notamment dénoncé une "logique des boucs émissaires" avec le débat sur l'identité nationale, une atteinte à "l'indépendance" de la France avec son retour "dans le commandement intégré de l'Otan", et une "fuite en avant sécuritaire" quand "le Kärcher (tient) lieu de politique" dans les quartiers sensibles.

"Le rendez-vous présidentiel de 2007 a été une occasion perdue de dénouer le drame des divisions françaises", a-t-il lancé, en constatant "un recul de l'égalité des chances, des libertés et de la dignité" et le repli d'un Etat "affaibli, méprisé".

"Les fonctionnaires en souffrent, face à une politique du rabot aveugle qui les démotive et les empêche de remplir leur mission", a-t-il fait valoir, en référence au non-renouvellement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite.

Plaidant pour le retour de la voix de la France dans le monde, l'homme du "Non" français contre la guerre en Irak en 2003 a déploré que "la France laisse mourir ses soldats en Afghanistan".

Au chapitre des propositions, il a prôné "un président au-dessus de la mêlée" avec "des ministres "qui ne soient pas aux ordres des conseillers politiques de l'Elysée". Il a défendu une rigueur économique "juste et partagée", une remise en cause des 35 heures, et critiqué la réforme des retraites: "une nouvelle sera nécessaire en 2020".

Prévenu dans le procès Clearstream, qui sera jugé en appel en 2011, il a aussi souhaité un parquet indépendant des pouvoirs politiques.

Pour réformer la France, l'ex-Premier ministre a proposé "à tous les républicains un engagement solidaire" pour les "dix prochaines années", une manière de se projeter au-delà d'un unique quinquennat.

"J'ai besoin de vous, de votre courage pour changer le cours des choses, pour engager le sursaut de la France", a-t-il conclu.

Première publication : 19/06/2010

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