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Amériques

Homme secret, le général McChrystal se brûle à la lumière des médias

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 23/06/2010

Après un portrait très controversé dans le magazine "Rolling Stone", le commandant des opérations en Afghanistan risque sa carrière. Un faux pas étonnant pour ce militaire adepte des opérations sensibles.

Cela fait un an, presque jour pour jour, que le général Stanley A. McChrystal dirige les opérations américaines en Afghanistan. Mais ce militaire, qui occupe l’un des postes les plus importants dans l’armée, a commis ce qui ressemble à un suicide politique et professionnel. Ses déclarations à l’emporte pièce et ses critiques du président Barack Obama, et d’autres personnalités de premier plan dans un article du magazine "Rolling Stone" lui ont valu d’être convoqué à la Maison Blanche.

Une explosion en plein vol d’autant plus étonnante que Stanley A. McChrystal semblait avoir construit toute sa carrière, sinon sa vie entière, avec pour but de devenir l’un des militaires les plus importants des États-Unis. Il n’a d’ailleurs pas vraiment eu le choix. Né en 1954 dans une famille de militaires, il a grandi entouré de quatre frères et une sœur qui vont tous évoluer dans le milieu militaire.

Le "Pape"

Le jeune officier McChrystal, qui sort de la prestigieuse académie militaire de West Point en 1976, va très vite s’intéresser aux opérations spéciales. De la Corée du Sud à l’Afghanistan en passant par l’Irak, il va passer près de 30 ans à se bâtir une solide réputation dans le milieu très secret et fermé des forces spéciales.

La plupart des faits d’armes de sa carrière dorment tranquillement dans des dossiers classés confidentiels à Washington. Difficile donc de se faire une idée de l’homme avant qu’il ne sorte de l’ombre lors des "opérations de pacification" en Irak après 2003. Tout au plus peut-on se fier aux rares déclarations faites à son propos par des personnes l’ayant côtoyé. Celui qui a gagné le surnom de "Pape" en tant que commandant en chef des forces spéciales entre 2003 et 2008 est présenté comme un accro au boulot, avec une connaissance quasi encyclopédique des mouvements terroristes qui flirterait avec l’obsession. "Il a toutes les qualités nécessaires pour les opérations spéciales et en plus il a un cerveau", disait de lui le major général William Nash dans un article du New York Times de 2009

De son passage aux forces spéciales, l’opinion publique retient surtout plusieurs coups d’éclats en Irak, à commencer par l’arrestation en 2003 de Saddam Hussein. C’est lui encore qui réussit à faire tuer en juin 2006 le chef auto-proclamé d’al-Qaeda en Irak, Abu Musab al-Zarqawi. Mais selon les auteurs du livre "Une histoire secrète de la Maison Blanche de 2006 à 2008" son plus grand succès aura été de faire travailler ensemble la CIA et les forces spéciales en Irak.

Bavure

Si les succès sont indéniables, Stanley A. McChrystal traîne également quelques casseroles. C’est une de ses unités qui est, ainsi, mise en cause dans le scandale des tortures à la prison d’Abou Ghraib. Il aurait également joué un rôle trouble dans la dissimulation d’une bavure, en 2004, qui a entraîné la mort de Pat Tillman, un ranger, ex-star du football américain.


Des faux pas qui n’empêcheront pas Barack Obama de le nommer, le 15 juin 2009, au poste hautement stratégique de commandement des opérations en Afghanistan. Il est chargé de redéfinir la stratégie au sol des troupes. L'opération en cours, Marjah, en est l'exemple type. Elle doit "nettoyer, tenir et construire" d'après les termes du nouveau credo américain.

Après des années dans l’ombre, il s’illustre à ce poste par des prises de positions publiques controversées. Une posture qui lui vaut ainsi des remontrances lors de la publication d’un rapport confidentiel de 66 pages, en août 2009, où il affirme que "nous allons gagner"… à condition d’envoyer beaucoup plus de troupes sur le terrain. Rendu public, ce texte est qualifié aussi bien par des politiques que des militaires comme une forme de chantage "sans précédent" d’un général à l’encontre du président.

Si Barack Obama avait décidé à l'époque de passer l’éponge, les déclarations du général "4 étoiles" dans "Rolling Stone" pourrait être la goutte qui fera déborder le vase.

Première publication : 23/06/2010

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