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Cinq Américains, accusés de terrorisme, condamnés à dix ans de prison

Texte par Dépêche

Dernière modification : 24/06/2010

Accusés d'avoir voulu contacter des insurgés liés au groupe terroriste Al-Qaïda, cinq jeunes américains ont été condamnés à dix ans de prison au Pakistan, lors d'un procès à huis clos.

AFP - Cinq jeunes Américains, attirés par la propagande jihadiste sur internet et arrêtés au Pakistan pour avoir tenté d'entrer en contact avec des insurgés liés à Al-Qaïda, ont été condamnés jeudi à 10 ans de prison pour terrorisme par un tribunal pakistanais.

Les cinq étudiants, des Américains âgés de 19 à 25 ans et d'origine pakistanaise, yéménite, érythréenne et égyptienne, avaient fui leurs familles aux Etats-Unis et avaient été arrêtés le 9 décembre 2009 à Sargodha (centre-est du Pakistan) chez le père de l'un d'eux.

"Chacun d'entre eux a été condamné à 10 ans de prison pour des faits de terrorisme", a déclaré à l'AFP le procureur Nadeem Akram Cheema par téléphone.

Le procès, comme l'énoncé du verdict, ont eu lieu à huis-clos dans un tribunal siégeant à la prison de Sargodha placée sous haute sécurité, a constaté un journaliste de l'AFP.

Les avocats de la défense ont annoncé qu'ils faisaient appel de ce jugement en première instance, tout comme le procureur qui réclame, au nom du gouvernement de la province du Penjab (où est située Sargodha), 20 ans d'emprisonnement.

Umar Farooq, Waqar Hussain, Rami Zamzam, Ahmad Abdullah Mini et Amman Hassan Yammer encouraient la prison à vie.

"Ils ont été acquittés pour trois accusations mais reconnus coupables pour deux autres: complot criminel (...) et financement d'une organisation terroriste interdite", a détaillé à l'AFP l'avocat de la défense Hassan Katchela.

Les cinq jeunes ont toujours clamé leur innocence, assurant qu'ils étaient venus au Pakistan pour se rendre en Afghanistan afin d'y travailler pour des ONG humanitaires.

Mais l'accusation assurait qu'ils espéraient se rendre dans ce pays voisin pour participer à l'insurrection des talibans afghans contre les forces internationales aux deux tiers américaines.

Des enquêteurs avaient indiqué que les jeunes avaient contacté au Pakistan par téléphone ou email des représentants d'un groupe allié à Al-Qaïda mais qu'ils n'avaient pas eu le temps de les rencontrer.

A leur arrivée à de précédentes audiences, les accusés avaient crié aux journalistes qu'ils étaient torturés en prison et victimes d'un coup monté.

Ils avaient également jeté depuis le camion qui les transportait un morceau de papier toilette sur lequel ils avaient écrit: "Les Etats-Unis, le FBI et la police pakistanaise nous torturent, ils essaient de monter un coup contre nous, nous sommes innocents, aidez nous".

Ils ont été interrogés plusieurs fois en prison par des agents du FBI américain.

L'ambassade des Etats-Unis à Islamabad avait rejeté les "allégations sans fondement" de tortures et de coup monté avancées par les cinq jeunes, tout comme les autorités pakistanaises.

Leurs familles avaient signalé leur disparition aux Etats-Unis où ils se seraient laissés attirer par la propagande jihadiste sur internet selon elles.

Les zones tribales du nord-ouest du Pakistan, frontalières avec l'Afghanistan, sont considérées comme le principal repaire des cadres d'Al-Qaïda et la base arrière des talibans afghans.

Elles sont le bastion des talibans pakistanais alliés au réseau d'Oussama ben Laden et principaux responsables d'une vague d'attentats --suicide pour la plupart-- qui a fait plus de 3.300 morts dans tout le Pakistan en près de trois ans.

Première publication : 24/06/2010

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