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Le torchon brûle entre l'Église et la justice belge

Texte par Dépêche

Dernière modification : 29/06/2010

À la suite d'une perquisition controversée au palais épiscopal de Maline, la commission mise en place par l'Église catholique pour le traitement des abus sexuels commis au sein de l'institution a démissionné en bloc.

AFP - La Commission pour le traitement des abus sexuels dans l'Eglise catholique belge a annoncé lundi sa démission collective, à la suite de la saisie la semaine dernière de tous ses dossiers par la police au cours d'une perquisition controversée qui a scandalisé jusqu'au pape.
   
"Toute la Commission va démissionner", a déclaré un de ses membres, Mme Karlijn Demasure, devant les caméras de télévision à l'issue d'une réunion de cet organisme créé en 2000 pour recenser les cas de pédophilie au sein du clergé.
   
Mme Demasure, professeur de théologie de l'Université catholique Saint Paul d'Ottawa, a affirmé que la "confiance entre les victimes et la Commission" d'une part "et la Commission et la justice" de l'autre étant désormais "abîmée", il n'était plus possible de continuer.
   
La démission de la Commission sera effective jeudi.
   
"Nous nous retirons. Le débat doit maintenant se faire entre les victimes, les responsables politiques, la justice, l'Eglise et l'opinion publique", a déclaré le président de la Commission, Peter Andriaenssens.
   
Ce pédopsychiatre avait dénoncé la saisie jeudi d'environ 450 dossiers par des policiers dans des conditions contraires, selon lui, aux voeux des témoins qui avaient déposé sous le sceau de l'anonymat.
   
M. Andriaenssens a donné lundi matin sa propre démission aux autres membres de la Commission, qui ont alors décidé de l'imiter, a expliqué Mme Demasure.
   
Dans un communiqué, le ministre belge de la Justice Stefaan De Clerck a "déploré profondément les conséquences" de l'autodissolution de la Commission.
   
Il a cependant tenu à rappeler que "les perquisitions ont été ordonnées en pleine indépendance par le juge d'instruction".
   
 M. De Clerck, pour répondre aux préoccupations exprimées par la Commission, a reconnu qu'il était "crucial que l'attention aux victimes ainsi que le suivi correct et serein des dossiers soient garantis en ce moment".
   
Pour assurer ce suivi, il a donc annoncé qu'il allait prendre contact avec la région de Flandre (nord), où le plus grand nombre de cas de pédophilie chez les ecclésiastiques ont été recensés.
   
Il a également confirmé la convocation rapide d'un groupe de travail spécial qui avait été formé pour superviser la coopération entre la Commission et son ministère aussi bien en Flandre qu'en Wallonie (sud).
   
La réunion, a-t-il souligné, "portera sur les difficultés résultants du traitement par le ministère public des faits portés à sa connaissance par la commission de l'Eglise catholique".
   
Mandatés par le parquet de Bruxelles, des enquêteurs ont perquisitionné jeudi le palais épiscopal de Malines (nord), au moment où s'y déroulait une réunion des évêques belges.
   
Les policiers étaient à la recherche de documents, notamment de courriers entre des victimes présumées de prêtres pédophiles et les autorités catholiques.
   
Ils ont aussi foré dans les tombes de deux cardinaux pour y passer des caméras et vérifier si des dossiers y avaient été cachés. Ils ont également perquisitionné au domicile de l'ancien archevêque de Malines-Bruxelles et saisi les pièces compilées par la Commission.
   
Ces initiatives, sur le fond comme sur la forme, ont provoqué la colère de l'épiscopat belge et l'intervention, par "solidarité", du pape Benoît XVI.

 

Première publication : 29/06/2010

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