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Amériques

Grosse colère russe après l'arrestation d'espions présumés aux États-Unis

Vidéo par Pauline PACCARD

Texte par Dépêche

Dernière modification : 29/06/2010

Le chef de la diplomatie russe demande à Washington de faire la lumière sur l'arrestation d'agents russes présumés par les autorités américaines. Moscou, qui ne décolère pas, estime ces "histoires d'espions" dignes de la Guerre froide.

AFP - La Russie s'est emportée mardi contre les autorités américaines après l'annonce des arrestations d'espions russes présumés aux Etats-Unis et a demandé des explications sur cet épisode digne de la Guerre froide, en plein contexte de relance des relations russo-américaines.

"A notre avis, de telles actions ne sont en rien fondées et sont mal intentionnées", a estimé la diplomatie russe, dans un communiqué.

"Nous ne comprenons pas les causes qui ont poussé le ministère américain de la Justice à faire des déclarations publiques dans l'esprit des 'histoires d'espions' du temps de la Guerre froide", a martelé le ministère des Affaires étrangères.

"Il est fort déplorable que tout cela ait lieu dans le contexte de la +relance+ des relations russo-américaines, annoncée par l'administration des Etats-Unis elle-même", juge-t-il encore.

Le chef de la diplomatie, Sergueï Lavrov a demandé des explications et ironisé sur le calendrier de l'annonce des arrestations de dix espions présumés, celles-ci intervenant quelques jours seulement après une visite, jugée positive, aux Etats-Unis du président Dmitri Medvedev.

"Le moment, où cela a été fait, a été choisi avec une élégance particulière", a-t-il remarqué, d'un ton grinçant.

Cinq des dix personnes arrêtées dimanche aux Etats-Unis dans le cadre de cette affaire ont comparu lundi à New York devant un juge fédéral qui a ordonné leur maintien en détention provisoire. Une onzième personne avait par ailleurs échappé au coup de filet.

Une source policière chypriote a ensuite annoncé mardi l'arrestation de ce suspect à l'aéroport de Larnaca (sud), un Canadien dénommé Robert Christopher Metsos (54 ans), recherché dans le cadre de l'affaire d'espionnage.

Il a cependant été remis en liberté contre le versement d'une caution de 20.000 euros en attendant son extradition.

Soupçonnés de faire partie d'un réseau d'espionnage, et, pour neuf d'entre eux, de blanchiment d'argent, les suspects risquent des peines comprises entre 5 et 25 ans de prison, selon un avocat.

Ils disent être Américains, Canadiens ou Péruviens, selon les deux plaintes déposées contre eux et qui ne précisent pas leur nationalité réelle.

De leur côté, les gouvernements britannique et irlandais ont indiqué mardi enquêter sur le possible usage de faux passeports de ces pays par certaines personnes arrêtées dans le cadre de cette affaire.

Le Service de renseignement extérieur (SVR), au premier rang des accusés selon les autorités américaines, s'est refusé à tout commentaire. Le Kremlin n'a pas non plus voulu se prononcer, estimant que seul le chef de l'Etat était à même de s'exprimer sur un tel sujet.

"Si Dmitri Anatolevitch (Medvedev) juge nécessaire de dire quelque chose, le seul commentaire qu'il y aura sera le sien", a indiqué un porte-parole de la présidence russe à l'AFP.

La justice américaine a expliqué que les suspects avaient été formés par le SVR pour s'immerger dans la société afin d'"obtenir des informations" en "infiltrant les cercles politiques américains". Le démantèlement du réseau est l'aboutissement de dix ans d'enquête du FBI.

Les enquêteurs ont découvert un arsenal de moyens de communications, comme une technique de codage de données dans des photos ensuite diffusées sur des sites internet anodins, ou des radios à ondes courtes pour contacter directement Moscou.

Le SVR est le successeur de la mythique Première direction générale du KGB, le service de renseignement extérieur de l'URSS dont est notamment issu l'ex-président russe et actuel Premier ministre Vladimir Poutine.

Première publication : 29/06/2010

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