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FRANCE

La droite fait bloc autour du ministre Éric Woerth

Vidéo par Pierrick LEURENT

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 07/07/2010

Empêtré dans l'affaire Bettencourt, le ministre du Travail s'est défendu avec vigueur, hier soir, sur la chaîne de télévision TF1. Soucieuse de défendre le principal artisan de la réforme des retraites, la majorité crie à la "cabale politique".

C’est un ministre tendu, visiblement exaspéré, élevant volontiers le ton, qui a répondu durant 10 minutes sur le plateau du journal télévisé de TF1 aux questions de Laurence Ferrari, dont celle qui brûlait toutes les lèvres : "Avez-vous, oui ou non, reçu, au printemps 2007, 150 000 euros en liquide de la part de Mme Bettencourt ?"

Reprenant la thèse de la "cabale politique" ourdie par le Parti socialiste (PS), argument numéro un du gouvernement depuis le début de l’affaire, Éric Woerth a tonné contre les accusations de l’ex-comptable de la famille Bettencourt et exclu de démissionner, au cours d’une interview qui avait davantage les apparences d’un exercice d'auto-défense que d'un examen des faits.

"Je n’ai jamais - je vous regarde dans les yeux - reçu le moindre euro illégal, je n’ai jamais reçu de l’argent de cette manière-là", s’est défendu le ministre sur un ton pincé, se disant victime "tous les jours des torrents d’insultes, des torrents de haine alors que [je n’ai] rien à [me] reprocher".

"C’est insupportable"

À la question posée par la journaliste de TF1 sur son éventuelle démission, pour ne pas "gêner l’action du gouvernement" ou "la réforme des retraites", le ministre du Travail, comme à plusieurs reprises au cours de l’interview, a semblé sortir de ses gonds : "Pourquoi voulez-vous que je démissionne ? Je ne suis pas mis en examen, je suis mis au pilori par une forme de presse et par le Parti socialiste, c’est un peu différent. Je n’ai aucune raison de démissionner, je ne démissionnerai pas", a-t-il asséné, ajoutant qu’il ne l’avait jamais envisagé.

Souvent sur la défensive, la gorge nouée, Éric Woerth a aussi joué sur la corde sensible, répétant combien cette affaire "est insupportable" pour lui comme pour ses proches : "Moi, je suis comme tout le monde, j’ai aussi une famille, j’ai une femme, j’ai des enfants, j’ai des parents, et tout cela est extraordinairement lourd".

Sarkozy devrait s’exprimer le 13 juillet

Après avoir quitté le plateau de TF1, le ministre a pu retrouver un peu de baume au cœur au cours d’une réunion de militants UMP au Raincy, dans la banlieue parisienne. En fait, une "opération réconfort" organisée par son maire, Éric Raoult, avec ovation, mots de soutien, et dénonciation de la "cabale" menée par la presse et le PS.

La stratégie de la majorité reste identique depuis le début de ce "feuilleton de l’été" : faire bloc derrière Éric Woerth, et éteindre l’incendie à coups de déclarations fracassantes. Car si le fusible Woerth saute, c’est l’Élysée qui se retrouve en première ligne.

Hier, l’Assemblée nationale n'a ainsi cessé de résonner de déclarations lyriques, à commencer par celle de François Baroin, ministre du Budget et successeur d’Éric Woerth à ce poste, qui interpellait directement le PS sur le ton de l’impératif démocratique : "Est-ce que vous vous rendez compte du mal que vous faites à la démocratie ? […] Je vous en conjure, au nom d’une certaine idée de la République, ne faites pas le jeu de l’extrême droite !"

Directement mis en cause par les déclarations de l’ex-comptable de la famille Bettencourt, le président Nicolas Sarkozy a renouvelé, mardi, son soutien à Éric Woerth et souhaité "que le pays se passionne pour les grands problèmes que sont la santé […], les retraites" plutôt que pour la "calomnie". La discrétion présidentielle qui prévaut depuis les premières révélations sur l’affaire Woerth-Bettencourt commence toutefois à embarrasser la majorité.

Beaucoup, à l'instar de Jean-François Copé, président du groupe UMP à l'Assemblée, ou de son homologue au Sénat, Gérard Longuet, insistent pour que Nicolas Sarkozy s’exprime bientôt devant les Français. Selon des sources proches de l’Élysée, le chef de l'État pourrait le faire dès le 13 juillet, à l'issue du Conseil des ministres consacré au projet de loi sur les retraites.

Première publication : 07/07/2010

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