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FRANCE

Woerth dépose plainte contre X pour dénonciation calomnieuse

Texte par Dépêche

Dernière modification : 08/07/2010

Eric Woerth a annoncé qu'il allait déposer plainte contre X pour dénonciation calomnieuse dans l'affaire Bettencourt. Une enquête a été ouverte aujourd'hui suite aux allégations de financement illégal de l'UMP, dont il est trésorier.

AFP - L'exécutif et la majorité ont mené mercredi une riposte musclée pour tenter d'éteindre l'incendie de l'affaire Bettencourt dans laquelle Eric Woerth est englué et qui touche aussi le président Nicolas Sarkozy face à une opposition qui continue à réclamer des comptes.

Premier acte de la contre-attaque: mercredi matin en Conseil des ministres où le chef de l'Etat a apporté une nouvelle fois son soutien au ministre du Travail et a exhorté le gouvernement à conserver son "sang froid".



Puis, c'est le Premier ministre qui est entré en scène en recevant quelque 180 parlementaires de la majorité pour un discours digne d'un chef de guerre "face à un adersaire insaisissable et sournois qui a pour nom la rumeur, le procès d'intention".

Devant Eric Woerth, il a fustigé les "imprécateurs" et assuré qu'il ne céderait pas "à l'agitation".

François Fillon a aussi pris la défense de Nicolas Sarkozy, "cible des faiseurs de scandale". Le président est à son tour visé dans cette affaire, par des soupçons de financement politique illégal venus s'ajouter aux accusations de conflit d'intérêts contre M. Woerth.

Selon Claire Thibout, l'ex-comptable de Liliane Bettencourt, Eric Woerth aurait empoché 150.000 euros en liquide au printemps 2007, en tant que trésorier de l'UMP, pour financer la campagne présidentielle du candidat UMP.

Elle a également directement mis en cause Nicolas Sarkozy, selon elle "habitué" de la table des milliardaires de L'Oréal qui aurait reçu "son enveloppe" du temps où il était maire de Neuilly-sur-Seine.

Ne pas être "otage de la rumeur" passe aussi pour le Premier ministre par la maîtrise du calendrier politique. Il a repoussé l'idée d'un remaniement ministériel à très court terme n'y voyant pas une "priorité politique". Deux jours plus tôt, il défendait le contraire, selon des sources UMP.

Parmi les responsables de cette tempête politique, la majorité a mis en bonne place les médias et particulièrement Mediapart, site à l'origine de la plupart des mises en cause qui est en revanche soutenu par le PS. Son fondateur, le journaliste Edwy Plenel entend porter plainte en diffamation contre Xavier Bertrand (UMP) qui a qualifié de "méthodes fascistes" la couverture de l'affaire par le site.

Le président lui-même s'en serait pris à M. Plenel lors d'une réception des députés Nouveau Centre à l'Elysée, affirmant que "ça allait lui retomber sur la tête", selon un participant.

L'affaire s'est aussi un peu plus déplacée sur le terrain judiciaire avec une plainte d'Eric Woerth contre X pour "dénonciation calomnieuse" juste après l'ouverture par le parquet de Nanterre d'une enquête sur les accusations de Mme Thiboult. Cette dernière a notamment évoqué un retrait de 50.000 euros à la BNP le 26 mars 2007 dont la police a retrouvé la trace.

Face au front uni de la droite, le PS n'a pas désarmé. Le patron des députés PS, Jean-Marc Ayrault, a réclamé l'inscription, la semaine prochaine à l'ordre du jour de l'Assemblée, d'un vote sur le principe d'une commission d'enquête.

"Il faudrait des actes pour sortir de cette crise de régime", a de son côté estimé le député Jérôme Cahuzac, jugeant que pour cela le chef de l'Etat a "deux solutions": "soit il dissout, soit il remanie le gouvernement".

Cette seconde possibilité a les faveurs de l'ex-Premier ministre, Alain Juppé, qui a ébréché l'union de son camp en plaidant pour un "profond remaniement" et un "changement de méthode" afin de "remettre le gouvernement en situation de gouverner". Certains deputés UMP demandent aussi une intervention publique de Nicolas Sarkozy.

Première publication : 07/07/2010

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