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La pollution au menu
Qu’y a-t-il réellement dans nos assiettes ? Alors que l’Union Européenne vient d’autoriser la culture des pommes de terre OGM et de plusieurs variétés de mais MON863, la Food and Drug Administration, l’autorité de sécurité alimentaire américaine, pourrait donner son feu vert au saumon OGM développé par Aquabounty Technologies, une entreprise américano-canadienne. Ce poisson génétiquement modifié se retrouverait alors dans les assiettes des consommateurs aux Etats-Unis.
Dans la nature, le saumon de l’Atlantique ne produit pas d’hormone de croissance en hiver. Mais dans les eaux chaudes du Pacifique, ses cousins asiatiques grandissent toute l’année. Les scientifiques ont donc transplanté un gène du second vers le premier. Résultat : le saumon génétiquement modifié atteint sa taille adulte en un an et demi seulement au lieu de trois ans. Pour Aquabounty Technologie, cette manipulation présente bien des avantages : lutter contre l’épuisement des stocks de poisson par exemple ou nourrir une population mondiale en pleine expansion. Reste à savoir quelles seraient les conséquences de ces manipulations sur la santé humaine et sur l’environnement. S’ils étaient autorisés, les élevages de saumon OGM seraient entourés de nombreuses précaution : des bassins au milieu des terres, des animaux 100% féminins et 100% stériles pour empêcher toute reproduction avec des espèces sauvages.
Outre les aliments génétiquement modifiés, nos assiettes regorgent de substances potentiellement dangereuses. Exemple : les PCB, des huiles utilisées dans l’industrie électrique et qui se retrouvent dans la chair de certains poissons, notamment ceux qui sont pêchés dans la Seine. Leur consommation a d’ailleurs été interdite. Plus généralement, le danger peut venir des trois grandes étapes du parcours de nos aliments. Lors de leur production ils se chargent de pesticides, fertilisants, hormones ou antibiotiques utilisés pour accélérer leur croissance ou les protéger de parasites. Lors de leur transformation, des opérations comme le lavage, le broyage, l’irradiation ou la cuisson génèrent l’apparition de substances chimiques. Enfin, lors du transport et de la distribution, les risques viennent des matériaux en contact avec les aliments mais des conditions de stockage.
Heureusement pour les consommateurs que nous sommes, ces produits chimiques ne se retrouvent qu’à l’état de trace dans les aliments que nous consommons. Mais les conséquences pour notre santé ne sont pas nulles. L’interaction entre les centaines de substances qui envahissent nos assiettes constitue potentiellement un risque de santé publique.





























