Dernière modification : 16/07/2010 

- Front national - Jean-Marie Le Pen - Marine Le Pen - Nicolas Sarkozy


Marine Le Pen, vice-présidente du Front National

Roselyne Febvre reçoit Marine Le Pen, vice-présidente du Front National.

Regardez la première partie de "Politique" avec Fadela Amara.

Lire l'intégralité de l'interview :

Roselyne FEBVRE.- Bonjour et bienvenue dans « Politique » avec note invitée aujourd'hui, Marine Le Pen, vice-présidente du Front national. Bonjour.
Marine LE PEN.- Bonjour.
Roselyne FEBVRE.- Merci d'être sur le plateau de France 24. Cette interview est réalisée le 14 juillet. Si vous aviez un vœu à faire aujourd'hui pour la France, quel serait-il ?
Marine LE PEN.- Eh bien que nous retrouvions la volonté du peuple, la souveraineté qui est la nôtre. Parce que la souveraineté du peuple, c'est le fondement même de notre fonctionnement démocratique. Or je crois que, aujourd'hui, le peuple n'a plus la souveraineté en France.
Roselyne FEBVRE.- Qu'entendez-vous par « souveraineté » ?
Marine LE PEN.- Notre souveraineté. Notre liberté de décider de notre avenir, de nos lois, de protéger notre identité, de ne pas dépendre de l'Union européenne, de ne pas voir notre souveraineté découpée en morceaux, qu'elle soit monétaire, budgétaire ou bien institutionnelle. Que le peuple français retrouve sa liberté.
Roselyne FEBVRE.- Alors il y a eu le fameux défilé du 14-Juillet, sous la pluie cette année. Surtout, la France accueillait 13 armées des anciennes possessions françaises d'Afrique, ce qui a créé beaucoup de polémiques. Côté africain, c'était en quelque sorte : « On vient défiler chez les anciens colonisateurs » et, côté ONG : « Ces armées ont du sang sur les mains. » Quel est votre avis ? Que ressentez-vous aujourd'hui ?
Marine LE PEN.- Moi, ça ne me choque pas qu'on puisse avoir et entretenir des relations proches avec nos anciennes colonies. Je pense d'ailleurs que, très honnêtement, les rapports avec l'Afrique francophone sont à redéfinir intégralement. Je pense qu'un certain nombre de grandes sociétés françaises ne se sont pas particulièrement bien comportées parce qu'on s'est servi de ces grandes sociétés françaises en réalité pour servir de pompe à fric pour les politiques. Ça a duré de très nombreuses années, bien après les grandes affaires qui avaient défrayé la chronique. Donc il faut retrouver des relations qui soient assainies, qui soient égales entre nations souveraines parce que je pense que la coopération avec l'Afrique est quelque chose d'essentiel et que ça contribue d'ailleurs, dans mon esprit, à fixer aussi des populations dans leur pays d'origine en leur donnant les moyens de se développer et de développer leur économie.
Roselyne FEBVRE.- Selon vous, beaucoup de présidents sont allés s'abreuver à la source des chefs d'Etat africains pour avoir de l'argent ?
Marine LE PEN.- Oui, ce n'est un secret pour personne.
Roselyne FEBVRE.- Votre père a-t-il eu des liens avec les Africains ?
Marine LE PEN.- Jamais. Jamais. Le Front national avance tête haute et mains propres. Mon père a rencontré un certain nombre de chefs d'Etat africains mais peut-être, à la différence des autres responsables politiques, il n'y allait pas pour aller chercher la valise de billets.
Roselyne FEBVRE.- Pourquoi y allait-il ?
Marine LE PEN.- Eh bien il y allait parce que je crois qu'il est essentiel d'avoir des relations entre la France et un certain nombre de pays d'Afrique. Je pense que l'Afrique est un grand continent. C'est un continent qui a beaucoup de potentiel de développement mais qui a le sentiment, parfois légitime, qu'en réalité on essaie de puiser chez lui sans mettre en place cette coopération. La coopération est quelque chose qui se fait à égalité. Et, encore une fois, il est essentiel pour nous, mais pour eux aussi, de fixer leur population chez eux pour que ces populations participent de leur développement. C'est pourquoi j'étais opposée à la politique d'immigration choisie que je trouvais scandaleuse et, à la limite, assez ignoble parce qu'elle consistait à aller chercher les élites...
Roselyne FEBVRE.- ... et à vider ces pays de leur substance ?
Marine LE PEN.- Exactement ! Aller chercher ces élites et vider ces pays de leurs élites, c'est les condamner à la pauvreté à perpétuité. Moi, quand je défends la nation française, sa souveraineté, sa liberté, son indépendance, je défends la liberté, la souveraineté et l'indépendance de toutes les nations du monde et des nations africaines également.
Roselyne FEBVRE.- En 2007, Nicolas Sarkozy avait promis beaucoup de chose, notamment une rupture avec les réseaux de la Françafrique. On voit qu'il n'en est rien aujourd'hui. Quel regard portez-vous sur la politique africaine de Nicolas Sarkozy ?
Marine LE PEN.- Elle est la même que celle de ses prédécesseurs. Rien n'a changé, dans ce domaine comme dans beaucoup d'autres d'ailleurs. En réalité, le mode de gouvernance de Nicolas Sarkozy, les grands choix politiques de Nicolas Sarkozy sont exactement ceux de Chirac, sont exactement ceux, avant lui, de Mitterrand. Rien n'a profondément changé. Et je voudrais tout de même attirer votre attention sur le fait que je pense qu'il faut réfléchir aujourd'hui à désarrimer en quelque sorte le CFA de l'euro parce que je pense que c'est aussi un des moyens de limiter la progression, le développement économique des pays africains qui sont arrimés à cette zone euro-CFA en quelque sorte.
Roselyne FEBVRE.- Plusieurs personnalités, - des anciens ministres des Affaires étrangères (Alain Juppé, Hubert Védrine) et même un ancien ambassadeur au Sénégal - ont parlé du quai d'Orsay comme d'un ministère sinistré et ont critiqué son affaiblissement. Quel est votre avis ?
Marine LE PEN.- Je crois que l'affaiblissement de l'influence intellectuelle de la France est une évidence en Afrique et c'est bien regrettable parce que, encore une fois, nous pourrions avoir des relations toutes particulières compte tenu du passé commun que nous avons avec un certain nombre de pays mais également avec l'ensemble des pays francophones. Encore une fois, c'est une vraie collaboration qu'il faudrait réenvisager mais encore faut-il le faire à égalité - de respect aussi - entre nations et non pas, comme on a pu le faire par le passé, uniquement pour aider au financement des campagnes politiques et autres.
Roselyne FEBVRE.- Nous évoquerons l'actualité française. L'affaire Woerth-Bettencourt agite depuis quelques semaines tout le Landernau politique et médiatique. Nous avons vu Nicolas Sarkozy lundi soir à la télévision qui a essayé de reprendre la main. L'a-t-il reprise, selon vous ?
Marine LE PEN.- Non, pas du tout. Le président de la République est manifestement incapable de rebondir. Je crois qu'il n'aura pas la capacité de rebondir dans les deux années qui viennent.
Roselyne FEBVRE.- Pourquoi ?
Marine LE PEN.- Parce qu'il apparaît maintenant clairement qu'il a trahi l'ensemble des grands engagements qui étaient ceux de sa campagne de 2007. Il n'est plus crédible en matière économique et sociale. « Le président du pouvoir d'achat », « travailler plus pour gagner plus », les Français ont bien compris que, manifestement, c'était l'inverse.
Roselyne FEBVRE.- La crise est tout de même passée par là.
Marine LE PEN.- Mais la crise n'est pas tombée du ciel.
Roselyne FEBVRE.- Il a fallu des virages à 180 degrés.
Marine LE PEN.- Non, la crise n'est pas un tsunami. La crise est la conséquence des choix auxquels a participés Nicolas Sarkozy. Moi, je veux bien tout ce qu'on veut mais ces gens-là se présentent comme des experts. La réunion du G 20, on nous dit : « Ce sont de grands experts qui se réunissent. » Il y a 18 mois, ils nous ont dit : « Il faut impulser de l'argent, il faut déverser des milliards pour relancer l'économie. » Il y a un mois, ils nous disent : « En fait, on change d'avis, il ne faut plus déverser des milliards. Maintenant, il faut la rigueur et l'austérité. » Mais ils n'en savent strictement rien. Vous voulez que je vous dise ? La seule chose qui les intéresse, c'est de sauver les marchés financiers, c'est de sauver les grandes banques, c'est de sauver la Bourse. Et, pour cela, s'il faut trancher la tête des peuples et leur serrer la ceinture au maximum, eh bien ils le feront. Et Nicolas Sarkozy est dans cet état d'esprit-là et il n'est plus crédible dans ce domaine. Il n'est plus crédible en matière d'immigration. Il n'est plus crédible en matière d'insécurité.
Roselyne FEBVRE.- Alors que doit-il faire ? Croiser les bras et rentrer chez lui ?
Marine LE PEN.- Et, dernièrement, il n'est plus crédible en matière de République irréprochable, c'est le moins que l'on puisse dire. Eh bien c'est la débâcle. C'est le fiasco total. Aujourd'hui le roi est nu. Les Français se sont rendu compte que le prestidigitateur avait d'énormes ficelles dans ses manches. Les Français ont vu les ficelles. Il en est terminé de l'illusion. Encore une fois, je crois qu'il ne pourra plus rebondir.
Roselyne FEBVRE.- Faut-il un remaniement ? Un remaniement peut, selon vous, l'aider à rebondir ?
Marine LE PEN.- Il faudrait un remaniement général. Il ne resterait que deux, trois personnes, à la limite. Un peu comme l'équipe de France. On pourrait en garder deux, trois mais tous les autres, il faudrait qu'il s'en aillent ainsi d'ailleurs que la direction. Eh bien il en est exactement de même pour ce gouvernement.
Roselyne FEBVRE.- Vous êtes d'accord avec Ségolène Royal qui parle de « système Sarkozy corrompu » ?
Marine LE PEN.- A quoi assistons-nous depuis des semaines ? A la révélation d'affaires qui démontrent quoi ? Qui démontrent que le contrat social est rompu. Que, aujourd'hui, les gens qui nous dirigent s'accordent des privilèges particuliers au détriment de l'intérêt général. C'est clair. Alors c'est des trafics d'influence, ce sont des rémunérations scandaleuses... Et encore on ne sait pas tout. On ne sait pas tout ! Ce sont des mélanges des genres. Honnêtement, on donne l'image d'un pays en véritable déliquescence morale. Dans ces conditions-là, je ne vois pas comment on peut continuer avec cette équipe.
Roselyne FEBVRE.- La droite et la gauche se renvoient la balle sur le fait de réveiller le populiste qui dort et d'agiter le chiffon rouge du Front national qui pourrait retrouver ses belles heures. Qu'est-ce que ça vous inspire ? Vous avez pris des points dans les sondages. Le sentez-vous sur le terrain ?
Marine LE PEN.- Oui, bien sûr, on le sent sur le terrain mais enfin est-il extraordinaire que les Français se tournent vers le seul parti qui propose des solutions radicalement différentes en matière d'économie, en matière d'immigration, en matière de sécurité alors que celles qui sont appliquées ne fonctionnent pas et, en plus, qui n'a jamais trempé dans ces affaires-là ? Le chiffon rouge dont vous parlez, c'est en réalité le rappel au pacte qui lie l'UMP et le PS. Le pacte, c'est : on peut tout faire. La seule chose qu'on ne peut pas faire, c'est risquer que le pouvoir nous échappe, se disent-ils entre eux ou à vous ou à nous. L'important, c'est d'avoir le pouvoir. Ou l'UMP ou le PS. Ce n'est pas grave. De toute façon c'est la même politique. Mais surtout pas un parti qui ne soit pas dans le système, qu'on ne tienne pas, qui soit un parti libre et particulièrement libre d'appliquer la politique que les Français souhaitent. Tel est ce chiffon rouge. Et c'est un véritable scandale démocratique. Mais, vous me direz, on n'est déjà plus dans un Etat de droit, donc...
Roselyne FEBVRE.- Le Front national a prospéré sur les affaires lors du dernier septennat de François Mitterrand. Allez-vous nous ressortir le slogan : « Tête haute, mains propres » ?
Marine LE PEN.- Et pourquoi pas ? Et pourquoi nous ne referions pas ce slogan-là ? Parce que « Tête haute et mains propres » allait très bien au teint du Front national il y a 20 ans ou 15 ans et il lui va toujours très bien et plus que jamais.
Roselyne FEBVRE.- Donc pas d'affaire de corruption au Front national ?
Marine LE PEN.- Aucun parti n'est à l'abri d'un comportement individuel indélicat. La question, c'est comment réagit ce parti. Il nous est arrivé, nous, d'avoir affaire à des gens indélicat. Eh bien nous les avons mis à la porte. C'est comme ça qu'on agit quand on veut conserver et défendre la moralisation de la vie politique.
Roselyne FEBVRE.- Donc c'est ce que Nicolas Sarkozy aurait dû faire ?
Marine LE PEN.- Ce gouvernement-là, non seulement il ne met pas à la porte mais il protège. Et le président de la République vient à la télévision dire : « Mon ministre a été blanchi. » Blanchi par qui ? Par la justice ? Blanchi par l'administration qu'il dirigeait. Mais écoutez ! C'est un véritable scandale. Et on donne des leçons de démocratie et d'Etat de droit à la terre entière ! Mais ils doivent nous pouffer de rire au nez et ils ont raison !
Roselyne FEBVRE.- Vous ne croyez donc pas à cette enquête de l'inspection générale des finances ?
Marine LE PEN.- Evidemment que je ne crois pas que l'inspection générale des finances soit une structure indépendante. Ce sont des hauts fonctionnaires qui sont sous la dépendance...
Roselyne FEBVRE.- Ils sont de gauche. En tout cas, celui qui la préside est de gauche.
Marine LE PEN.- Ah mais c'est peut-être la raison pour laquelle M. Fabius a été si complaisant à l'égard de ce rapport de l'IGF puisqu'il me semble que celui qui a dirigé ce rapport était l'ancien directeur de cabinet de M. Sapin et avait travaillé avec M. Fabius. Mais d'ailleurs tous ces gens-là sont comme ça. Savez-vous, Madame, que le directeur de cabinet de M. Hortefeux à l'Intérieur est le même que celui qui était directeur de cabinet de M. Vaillant. Donc ces gens-là sont capables de travailler exactement de la même manière avec les socialistes et l'UMP puisque, encore une fois, c'est exactement la même politique.
Roselyne FEBVRE.- Votre père disait : « la République des copains et des coquins ».
Marine LE PEN.- C'est exactement cela : on se protège.
Roselyne FEBVRE.- En fait, vous en revenez toujours au même slogan.
Marine LE PEN.- Mais parce que notre classe politique a les mêmes agissements, qu'elle n'a jamais rompu avec ces agissements, avec cette malhonnêteté, avec cette absence d'éthique, avec cette absence de morale qui donne de nous à l'étranger une image qui est déplorable. Et c'est ce qui me fait le plus mal au cœur. C'est de penser, encore une fois, à nos compatriotes qui regardent ça probablement en ayant honte d'être Français. Moi, je ne veux pas qu'un seul Français ait honte d'être Français. Eh bien, croyez-moi, en ce moment, ils sont de plus en plus nombreux. Et c'est de la responsabilité du gouvernement.
Roselyne FEBVRE.- Ils vous disent ?
Marine LE PEN.- Mais bien sûr. Mais bien sûr !
Roselyne FEBVRE.- Que vous disent les gens ?
Marine LE PEN.- Mais particulièrement, Madame, ceux qui vivent à l'étranger et qui disent : « Mais on en a marre qu'on nous ricane au nez. » Nous n'avons eu qu'une succession de hontes depuis que Nicolas Sarkozy est arrivé au pouvoir. Que ce soit son comportement personnel, que ce soit la manière dont il se tient à l'étranger, que ce soit les affaires qui éclaboussent : l'affaire Mitterrand, l'affaire de l'EPAD, les affaires qui touchent la moitié tout de même de ce gouvernement. Stop ! Voilà.
Roselyne FEBVRE.- Le Front national surfe sur l'exaspération et le mécontentement des Français et le Front national n'accède jamais au pouvoir. N'en avez-vous pas assez de ce rôle stérile ?
Marine LE PEN.- Eh bien ça changera et ce sont les Français qui ont cela en main. C'est à eux, en 2012, de dire : « Stop ! » Il n'y a qu'eux qui peuvent arrêter cela, qui peuvent arrêter l'immigration, qui peuvent arrêter la corruption, qui peuvent arrêter l'islamisation, qui...
Roselyne FEBVRE.- Mais comment arrêter l'immigration, Marine Le Pen ? Personne n'y arrive, même aux Etats-Unis.
Marine LE PEN.- Ah bon ? Personne n'y arrive ?
Roselyne FEBVRE.- L'immigration zéro, ça n'existe pas.
Marine LE PEN.- Non mais je vais vous dire, moi, comment je fais. Je fais une politique d'immigration dissuasive. Je mets en place des coopérations avec les pays dont sont issus les immigrés justement pour les fixer dans leur population d'origine.
Roselyne FEBVRE.- Oui mais ils veulent venir.
Marine LE PEN.- Ils veulent venir parce qu'ils y ont un intérêt. S'ils n'y ont plus d'intérêt, ils ne viendront plus. Je change le code de la nationalité. Croyez-moi, il y a un certain nombre de choses à faire. Et il y a en tout cas une chose à ne pas faire, c'est laisser les frontières grand ouvertes avec des offres sociales que nous n'arrivons même plus à verser à nos propres compatriotes. Ça, c'est évidemment ce qu'il ne faut pas faire.
Roselyne FEBVRE.- La loi sur la burqa a été votée. Il sera donc interdit de porter la burqa en France.
Marine LE PEN.- Quelle malhonnêteté de la part de ce gouvernement ! Incroyable ! Et de ces députés. Mais ces députés UMP n'ont pas honte de laisser croire au peuple français qu'ils ont voté l'interdiction de la burqa alors même que c'est leur Président qui a saisi le Conseil constitutionnel pour essayer d'obtenir que le Conseil constitutionnel déclare cette loi inconstitutionnelle et invalide ? N'ont-ils pas honte, les députés UMP, de vote cette loi d'interdiction alors que les députés UMP, les parlementaires UMP au Conseil de l'Europe ont voté une résolution condamnant l'interdiction de la burqa. Quand les Français ouvriront les yeux sur tout cela, croyez-moi, ils vont mettre un grand coup de balai et ils auront raison.
Roselyne FEBVRE.- Mais, selon vous, il fallait l'interdire ou ne pas l'interdire ?
Marine LE PEN.- Il faut l'interdire mais il faut arrêter de mentir, il faut arrêter d'être dans le double jeu en permanence à l'égard des Français. Il fallait l'interdire parce un simple règlement de police. On ne se balade pas avec le visage couvert. C'est contraire à la sécurité. Point. Ça prenait dix minutes. Pas de circonvolutions pendant six mois, pas de cellule psychologique pour expliquer aux femmes musulmanes qu'il ne faut pas qu'elles mettent la burqa etc. Dix minutes ! Quand on a demandé aux Français de mettre la ceinture de sécurité, on ne nous a pas fait une cellule psychologique pendant six mois. On nous a dit : « A telle date, c'est terminé » et tout le monde s'y est plié. Eh bien, eux aussi, il faut qu'ils s'y plient.
Roselyne FEBVRE.- Vous allez sans doute reprendre le flambeau de votre père au Front national à la tête du parti, alors qu'allez-vous garder de votre père et avez-vous envie de vous débarrasser des oripeaux du FN ?
Marine LE PEN.- Je garde tout. Pour moi, l'histoire du Front national, c'est comme l'histoire de France. Je n'aime pas qu'on fasse le tri en disant : « Ça, je garde, c'est bon. Ça... »
Roselyne FEBVRE.- Pas de droit d'inventaire ?
Marine LE PEN.- Non, il n'y a pas de droit d'inventaire dans une histoire. Je crois que notre honneur, c'est de tout garder, le bon comme le moins bon, les bonnes périodes comme les moins bonnes périodes.
Roselyne FEBVRE.- Oui mais vous vous inspirerez de certaines choses ou pas.
Marine LE PEN.- Evidemment. Je vis depuis 40 ans au côté de Jean-Marie Le Pen. Je vis depuis des années et je participe depuis des années à la direction...
Roselyne FEBVRE.- Il faudra peut-être couper le cordon, non ?
Marine LE PEN.- Pourquoi ? Non, je n'ai pas de problème d'Œdipe avec mon père mais je vis depuis des années à la direction du Front national. Bien entendu, j'en connais les faiblesses. Bien entendu, j'en connais quelques carences. Bien sûr, j'essaierai d'améliorer cela. Parce que, sinon, je serais dans l'inertie totale, ça n'aurait pas de sens. Bien sûr, je veux contribuer à faire du Front national un outil performant et efficace pour pouvoir arriver au pouvoir. Parce que c'est ça, mon objectif. Pas pour avoir le pouvoir et le garder, comme ils le font actuellement. Pour l'exercer et pour changer réellement les choses.
Roselyne FEBVRE.- Souvent, quand quelqu'un a envie d'être président de la République, il le sait au fond de lui. Est-ce qu'un jour vous pensez que vous aurez le pouvoir et que vous serez présidente de la République ?
Marine LE PEN.- Excusez-moi mais les Sarkozy et les Copé qui nous expliquent qu'en biberonnant ils savaient déjà qu'ils allaient être président de la République, moi, je trouve ça hyper inquiétant. Je pense que la direction d'un pays, c'est la rencontre entre une personne et, somme toute, un destin. Et, surtout, une rencontre entre une personne et un peuple.
Roselyne FEBVRE.- Merci, Marine Le Pen, d'avoir été notre invitée. Tout de suite, les infos continuent sur France 24. Merci.

 

 


Commentaires (16)

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moi je dis que la france avec

moi je dis que la france avec le pen est une france raciste, la france doit respecter l'afrique, et de se souvenir de la fameuse libération face aux allemands

vous avez vu le décolleté de

vous avez vu le décolleté de la présentatrice? qu'est-ce qu'elle présente? son corps ou une émission?

un bon discours..

Marine Le Pen donne un ton particulièrement pertinent et clair !! ça change car les mégalos people que l'on traîne depuis quelques années il y en a raz le bol !! elle gagne du terrain, elle gagne une voix la mienne!!

bravo mme

bravo mme

Ma voix pour Marine

Pertinente, pointant du doigt les vrais dysfonctionnements avec une force de caractère imparable et des idées pour la France et pour les Français.
Marine on compte sur toi, je te donne ma voix

quel est le bilan de la 1

quel est le bilan de la 1 partie de saison des spures dores
tomy parker

quel est le bilan de la 1

quel est le bilan de la 1 partie de saison des spures dores
tomy parker

+ 1 voie également

+ 1 voie également

Bravo Marine

pas de langue de bois ça fait du bien.Vivement 2012

notre prochaine présidente

ump ou ps( 2 fois) c'est terminé la prochaine fois en 2012 je vote Marine Le Pen

bravo trés bien parlé... pas

bravo trés bien parlé... pas de langue de bois

c'est énorme!!!

c'est énorme!!!

Marine Le Pen est excellente,

Marine Le Pen est excellente, elle progresse sans cesse, et vous n'avez encore rien vu. Son courage et sa modestie sont des valeurs rares en politique.

au moins elle en a !!!

au moins elle en a !!!

marine

UMP c'est terminé.Je voterai FN.

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