- Affaire Bettencourt - Éric Woerth - Fadela Amara - Nicolas Sarkozy - Parti socialiste - UMP
Fadela Amara, Secrétaire d’Etat chargée de la Politique de la ville
Roselyne Febvre reçoit Fadela Amara, Secrétaire d’Etat chargée de la Politique de la ville.
Regardez la seconde partie de "Politique" avec Marine Le Pen.
Lire l'intégralité de l'interview :
Roselyne FEBVRE.- Bonjour et bienvenue dans « Politique » avec notre invitée, aujourd'hui Fadela Amara. Bonjour, vous êtes secrétaire d'Etat chargée de la Politique de la ville et vous êtes dans un contexte politique en ce moment. On va dire que la démocratie vit une surchauffe avec l'affaire Woerth-Bettencourt et les diverses affaires. Nous allons en parler. Vous étiez donc au Conseil des ministres mardi dernier. C'était le lendemain de l'intervention de Nicolas Sarkozy à la télévision sur France 2. Quel était le climat ? Est-ce que l'ambiance était lourde ?
Fadela AMARA.- Je ne dirais pas que l'ambiance était lourde. Je dirais qu'elle était plutôt studieuse, grave aussi parce qu'il y a un contexte très particulier. Et puis surtout le président de la République nous a fixé un cap, donc tout le monde au travail, quoi.
Roselyne FEBVRE.- Il a dit : « Vous vous souviendrez longtemps de ce jour historique. »
Fadela AMARA.- Oui.
Roselyne FEBVRE.- Il a raison ? Vous vous en souviendrez ? Qu'avait-il de particulier ?
Fadela AMARA.- Il avait de particulier que Eric Woerth, le ministre du Travail, présentait la réforme sur la retraite. Donc effectivement c'est historique. Parce que, entre ceux qui ont constaté les déficits depuis très longtemps et ceux qui ont décidé d'agir, il y a des dates à prendre.
Roselyne FEBVRE.- Vous parlez du Parti socialiste. Vous voulez dire qu'ils n'ont pas agi alors qu'ils constataient ces déficits.
Fadela AMARA.- Tout le monde a parlé de la réforme de la retraite, tout le monde a palabré dessus. La vérité, c'est que nous sommes dans une situation où il fallait absolument réagir et passer à l'action. Donc de deux choses l'une : soit on décide de faire de la politique et d'être en action et de changer les choses, soit on décide de critiquer et de ne rien faire. Le président de la République a été élu, je le rappelle, pour réformer ce pays. Du coup, la retraite est quand même un trésor national, il faut savoir de quoi on parle. C'est un trésor national, c'est un trésor qui appartient au peuple français. C'est un trésor qui doit être préservé. C'est un vrai projet de solidarité intergénérationnel. Il y a des mesures à prendre parce que, depuis très longtemps, on vit sur le déficit. Ce n'est plus possible aujourd'hui, donc une proposition a été faite, cette réforme a été faite. Elle est encore discutable.
Roselyne FEBVRE.- Oui, vous êtes d'accord. Sur le volet de la pénibilité et de l'invalidité, deux volets qu'il d'ailleurs faut séparer, pensez-vous qu'il faille apporter des améliorations et des propositions ?
Fadela AMARA.- Je vais vous dire. Sur la réforme de la retraite, j'avais trois points. D'ailleurs, j'en ai discuté avec mon ministre de tutelle.
Roselyne FEBVRE.- Eric Woerth.
Fadela AMARA.- Oui. Il y avait la question de la pénibilité qui me tient à cœur évidemment parce que, quand vous travaillez dans des métiers qui sont difficiles, vous vous usez plus facilement que dans d'autres métiers. C'est une réalité. Donc là, pour la première fois, c'est un nouveau droit qui est introduit dans un texte de loi. La question de la pénibilité n'existait pas avant, il faut le savoir. On en palabrait à une certaine époque mais là, c'est inscrit dans la loi et c'est encore discutable aujourd'hui avec le dialogue social.
Roselyne FEBVRE.- Donc il manque des choses dans cette loi, selon vous, quand même ?
Fadela AMARA.- Non, je pense qu'il y a des choses à améliorer. Je vais vous dire lesquelles. A mon avis, celles qui me tiennent à cœur. Donc il y avait la pénibilité, elle est introduite dans la loi, c'est un nouveau droit. C'est très important. C'est un acquis social très important. La deuxième chose, c'était les carrières longues. Evidemment, quand on a commencé à quatorze, quinze, seize, dix-sept ans, c'est difficile de travailler très, très longtemps. On est largement plus fatigué et on profite moins de sa retraite. C'est également introduit la loi. Nous en tenons compte. Ceux qui ont commencé jeune, et cela va d'ailleurs jusqu'à dix-huit ans, ceux qui ont commencé à travailler à moins de dix-huit pourront partir normalement.
Roselyne FEBVRE.- Oui, le Président l'avait rappelé.
Fadela AMARA.- Oui. C'est important. La troisième chose, c'est la question des femmes. Vous savez, moi, je suis très attentive à cette question-là. Je râle toujours sur les questions d'écarts de salaires. J'ai dit à mon ministre de tutelle : « Si nous ne sommes pas offensifs, nous allons accompagner une injustice qui existe déjà sur les écarts de salaires. » Alors ils ont tenu compte d'une chose. Les indemnités pour le congé maternité sont introduites dans le calcul, ce qui est également une avancée. En revanche, je pense qu'il faut que ce gouvernement soit beaucoup plus offensif sur la question des écarts de salaires. Cela a été annoncé. Il y a pour l'instant des discussions et, à la fin de l'année, si jamais cela n'avance pas correctement, il y aura une proposition de loi.
Roselyne FEBVRE.- Le président de la République s'est donc exprimé. Avez-vous le sentiment qu'il maîtrise les choses ?
Fadela AMARA.- Moi, il m'a donné le sentiment d'être un vrai président de la République qui sait où il va, qui a un cap, qui a une vraie vision politique et qui maîtrise parfaitement ses dossiers.
Roselyne FEBVRE.- Il a conseillé à Eric Woerth de démissionner. On sait qu'un conseil dans la bouche d'un président de la République équivaut à un ordre. Eric Woerth s'est exécuté. Il a démissionné de sa casquette de trésorier de l'UMP. Etait-ce une clarification urgente et nécessaire ?
Fadela AMARA.- Il y avait tellement de polémiques autour de cette question-là. Très franchement on n'a pas de temps à perdre, si je puis me permettre, sur des polémiques qui sont totalement stériles. Je crois qu'aujourd'hui notre pays est dans une situation difficile. L'Europe, le monde entier est dans une situation difficile. Au lieu de perdre son temps et son énergie à des polémiques totalement stériles, il était plus judicieux, d'autant qu'il s'agit du ministre qui porte la réforme de la retraite, donc quelque chose qui concerne l'ensemble du peuple français, qu'il arrive à se concentrer totalement sur cette réforme, qui est une réforme importante et historique, comme l'a précisé le président de la République. Donc démissionner du poste de trésorier, très honnêtement pour qu'on lui lâche les baskets, passez-moi l'expression, pour qu'il puisse au moins se concentrer sur l'essentiel.
Roselyne FEBVRE.- Vous voulez dire qu'on lui lâche les baskets sur la trésorerie, qu'il n'ait plus à s'occuper, ou vous voulez parler de la polémique ?
Fadela AMARA.- Globalement, moi, je ne suis pas satisfaite de ce qu'il se passe dans mon pays en termes de polémiques tous les jours. Je vais vous dire. Je pense que nous sommes passés d'une République, d'un Etat de droit et de démocratie, à une sorte de République de l'inquisition. On passe son temps à lancer des polémiques ici et là, des rumeurs, des ragots. Moi, je n'aime pas la République des ragots.
Roselyne FEBVRE.- Presse fasciste ?
Fadela AMARA.- Non, je ne dis pas cela. Je suis attachée à la liberté d'expression. Je suis très attachée au fait que les journalistes - évidemment pour peu qu'ils aient de la déontologie et de l'éthique - fassent leur travail. Au contraire. Vous connaissez ma position. J'ai d'ailleurs mené des combats avant. J'étais contre l'interdiction des caricatures de Mahomet. La liberté d'expression est très importante à mes yeux. Elle prouve que nous sommes dans une démocratie. En même temps, entre la République des rumeurs, des ragots, de l'inquisition et la vraie démocratie de la liberté d'expression où l'on permet de mener des investigations pour faire éclater la vérité, là, entre nous, il y a deux poids, deux mesures. Là, nous sommes quasiment dans le n'importe quoi. Je vais vous dire mon sentiment profond. C'est en cela que je le déplore particulièrement, moi qui suis une femme de gauche.
Roselyne FEBVRE.- Dans un gouvernement de droite.
Fadela AMARA.- Oui, dans un gouvernement de droite. Celles et ceux qui participent, qui sont les acteurs de la construction de cette République de ragots, de rumeurs, d'inquisition, je le dis très tranquillement, ils font une autoroute à l'extrême droite, et au Front national en particulier.
Roselyne FEBVRE.- Mais est-ce que quand même, dans cette ère de la rumeur, comme vous le dites, n'est-on pas en train de rentrer dans l'ère du soupçon ? Un ministre comme Eric Woerth va-t-il pouvoir mener sereinement cette réforme ? Est-ce qu'il n'y a pas sans arrêt ce filet de soupçon qui va empoisonner la République ?
Fadela AMARA.- Je crois que toutes les petites polémiques qu'il y a eu au fur et à mesure, ces histoires de rumeur etc. ont fait pschitt à chaque fois. Par exemple, sur le lien avec la situation fiscale de Madame Bettencourt, le rapport a été remis et ça a fait pschitt. Voilà.
Roselyne FEBVRE.- « Pschitt ! » C'est un peu chiraquien comme expression.
Fadela AMARA.- Ah bon ? Mais moi, j'aime bien Chirac. La vérité, c'est quoi ? C'est que, à un moment donné, il faut vraiment laisser un ministre travailler sur des sujets de fond. Je comprends qu'il y ait un débat démocratique au sujet de la retraite. Ce débat va d'ailleurs venir devant l'Assemblée, donc devant les représentants du peuple. Là, il y aura une vraie discussion politique pour une vraie réforme de fond qui va transformer notre pays et sauver ce trésor national.
Roselyne FEBVRE.- L'un de vos confrères, Alain Joyandet, vient de démissionner à cause d'un permis de construire illégal et d'un jet privé pour un déplacement ministériel. Il a été suivi de près par Christian Blanc à cause de ses fameux cigares à 12 000 €. Méritaient-ils, tous les deux, de démissionner ?
Fadela AMARA.- Honnêtement, moi, je pense qu'ils ne méritaient pas de démissionner mais je peux comprendre. D'ailleurs, moi aussi, j'ai une petite histoire de logement.
Roselyne FEBVRE.- Nous allons en parler.
Fadela AMARA.- Je pense que, au moment où on demande des efforts à tout le monde, c'est un peu compliqué de ne pas faire soi-même ses propres efforts. J'ai un peu de mal pour M. Blanc, avec tout le respect que je lui dois. Il est vrai que cette histoire de cigares, elle heurte parce qu'il y a un symbole.
Roselyne FEBVRE.- Elle vous choque ?
Fadela AMARA.- Un peu parce qu'il y a un symbole derrière cette histoire de cigares : c'est la représentation de la richesse, l'étalage etc. Même si, en l'occurrence, je le connais un peu puisque j'ai travaillé avec lui dans le cadre du Grand Paris, notamment pour le développement des grandes villes du 93, où nous avons fait un bon travail, où nos cabinets respectifs ont bien travaillé. Il y a cette symbolique derrière qui, je pense, est insupportable à nos concitoyens tout simplement parce que c'est un symbole qui leur était renvoyé alors qu'on leur demande de faire des efforts. Joyandet, c'est autre chose. Je pense que c'était un peu plus compliqué pour Joyandet.
Roselyne FEBVRE.- Alors vous, on vous met un peu dans le même sac que Estrosi avec sa soupente. Donc vous, vous auriez eu une gestion un peu débonnaire, on va dire, de votre appartement de fonction. Vous y avez installé votre frère. Dans un 120 m2. Voilà ce qui vous est reproché.
Fadela AMARA.- Moi, j'habite dans mon logement que j'ai refusé de quitter quand je suis devenue ministre. Parce que ministre, c'est un CDD, cela ne dure pas longtemps et j'ai déjà eu assez de mal à avoir cet appartement à une certaine époque, quand je suis arrivée à Paris. Deuxièmement, c'est un 55 m2. Il se trouve que ma famille habite Clermont-Ferrand. J'ai du mal à descendre tous les week-ends. Je ne peux pas parce que je travaille beaucoup, y compris le week-end - je suis dans les quartiers. Donc, de temps en temps, ma famille vient me voir, notamment à l'occasion de mon anniversaire. Et donc il s'est trouvé que je les ai reçus quelques jours. Quelques jours en trois ans, bon. Je n'ai pas tout à fait compris la polémique. Je vous le dis très franchement, j'ai trouvé cela un peu dur quand même. Je ne partage pas, moi, ce microcosme parigo-parisien qui fait la pluie et le beau temps et qui passe son temps à être une sorte de tribunal. En revanche j'ai entendu les gens des quartiers quand je descends, qui ne comprenaient pas non plus la polémique et qui disaient : « Quand même, si tu ne peux pas recevoir ta famille quelque temps chez toi, il y a quelque chose qui ne va pas. » Mais je prends acte. C'est réglé et plus personne ne vient dans cet appartement. Ce que j'ai détesté, c'est la montée en puissance médiatique de ce type d'affaire. On a présenté la chose comme si j'avais mis à disposition mon cuisinier et mon maître d'hôtel spécifiquement pour mon frère qui était venu me voir quelques jours. J'ai trouvé cela un peu mesquin. Le maître d'hôtel et le cuisinier sont là tout le temps. Ils sont là pour l'ensemble de mon cabinet et ils sont là aussi quand je reçois les associations à dîner ou toutes les personnalités, notamment les ambassadeurs que je reçois aussi. Donc voilà.
Roselyne FEBVRE.- Comprenez-vous qu'en cette période où on demande des efforts aux Français, l'exemple doit effectivement venir d'en haut ?
Fadela AMARA.- Oui. Tout à fait. D'ailleurs je le dis très tranquillement. Max Gallo a fait une déclaration que je trouve très juste. Il a raison, même si cela peut faire mal et rendre triste d'être ainsi jeté en pâture. Il a dit cette phrase : « Il faut être terriblement exemplaire. Les hommes et les femmes politiques doivent être terriblement exemplaires. » Et je le dis : cela doit s'appliquer au président de la République, au Premier ministre, à l'ensemble des membres du gouvernement mais cela doit s'appliquer aussi à tous les élus. Parce que des notables avec des privilèges, eh bien je peux vous dire qu'il y en a un peu partout sur notre territoire.
Roselyne FEBVRE.- A gauche comme à droite ?
Fadela AMARA.- A gauche comme à droite. A gauche en particulier.
Roselyne FEBVRE.- C'est-à-dire ? Les privilèges ? Les appartements ? Les voitures de fonction ? Les notes de frais ?
Fadela AMARA.- Exactement. Ce que nous avons à notre niveau, en tant que ministres, est afférent à notre fonction. Il y a la grandeur de la France, il y a quand même des choses à préserver. Il ne s'agit pas de privilèges. C'est aussi, je dirais, l'aura de la France. Avec cette République de l'inquisition, je ne voudrais tout de même pas qu'on me dise un jour, qu'on pense... Je ne voudrais pas qu'on arrive tous un jour en trottinette au Conseil des ministres, par exemple. Il faut garder un juste milieu.
Roselyne FEBVRE.- Aujourd'hui, être ministre en France veut dire quelque chose. On a envie d'être ministre un peu pour cela. Parce qu'il y a des voitures et des machins.
Fadela AMARA.- Non. Franchement. Je vous le dis très franchement.
Roselyne FEBVRE.- Franchement ?
Fadela AMARA.- Honnêtement. Franchement. D'ailleurs, ceux qui me connaissent savent que ce n'est pas mon truc. Très franchement, y compris pour l'ensemble des membres du gouvernement. Ils sont là pour les missions qui leur ont été confiées, pour les réformes qui doivent être portées pour transformer ce pays et le sortir de la crise dans laquelle nous nous trouvons aujourd'hui. Moi, je peux vous dire que ce n'est pas une mince affaire en termes de pressions que nous vivons tous les jours. Je ne suis pas en train de me plaindre. J'ai accepté, évidemment, comme mes collègues du gouvernement. Mais je voudrais aussi qu'on tienne compte un petit peu de la situation. Il est parfois un peu compliqué d'être sans cesse jeté en pâture.
Roselyne FEBVRE.- Vous allez rester à ce ministère ? Parce que Nicolas Sarkozy a parlé d'un gouvernement resserré.
Fadela AMARA.- C'est lui qui décide.
Roselyne FEBVRE.- Vous étiez toujours en train de râler contre l'administration qui ne suivait pas.
Fadela AMARA.- Oui. Je continue. Il existe encore des inerties. Je continue. Vous savez, moi, je suis une femme qui a accepté une mission au sein du gouvernement qui concerne la politique de la ville pour réduire les écarts territoriaux, donc les inégalités sociales sur les territoires prioritaires et leurs habitants. Nous avons mis en place un gros programme avec des moyens. Peut-être pas suffisants pour quelques-uns mais ils existent. Je vous rappelle que je m'occupe de la politique de la ville sur le bateau France. Or le bateau France a des difficultés aussi.
Roselyne FEBVRE.- C'est une politique qui a toujours échoué, à gauche comme à droite.
Fadela AMARA.- Non, on ne peut pas dire qu'elle ait échoué. Je le dis très honnêtement. On ne peut pas le dire.
Roselyne FEBVRE.- Franchement, on a les manettes, on y arrive ?
Fadela AMARA.- Même à gauche, quand il y avait des choses qui étaient menées dans le cadre de la politique de la ville, la politique de la ville nécessité de la pérennité pour avoir des résultats. C'est valable aussi pour ce que je suis en train de faire aujourd'hui. Mais ce que je voudrais dire aussi, encore une fois, c'est que ces territoires, il faut bien comprendre, ce n'est pas qu'une question de moyens. Il en faut évidemment mais ces territoires ne sont pas en dehors de la République, ils existent, ils appartiennent au Département, à la Région, à la Ville évidemment et puis tout le reste. Cela signifie que c'est ensemble, tous mobilisés sur ces territoires que nous savons et que nous avons définis comme étant des territoires en difficulté, dans lesquels vivent huit millions de personnes, c'est sur ces territoires que nous devons concentrer la force publique, mais y compris la Région et le Département dans leur domaine de compétence.
Roselyne FEBVRE.- Notre prochain invité, juste après vous, est Marine Le Pen. Le Front national prospère.
Fadela AMARA.- Je ne m'en réjouis pas du tout.
Roselyne FEBVRE.- La gauche accuse l'UMP de faire du populisme et donc de réveiller le Front national. Quel est votre avis là-dessus ?
Fadela AMARA.- Il y a deux choses dans la vie. Soit on fait des polémiques stériles parce qu'on n'a rien à dire et qu'on n'avance pas, et là on fait le nid du Front national, soit on fait de la politique. Moi, j'ai choisi.
Roselyne FEBVRE.- La réalité, c'est que le Front national prospère.
Fadela AMARA.- Oui mais j'ai choisi de faire de la politique. C'est pour cela que vous ne m'avez pas entendue entrer dans les polémiques de ces derniers mois, toutes ces affaires etc. Je trouve que c'est catastrophique pour la démocratie et pour notre pays.
Roselyne FEBVRE.- Oui mais c'est qu'il y a un truc qui ne va pas au sommet.
Fadela AMARA.- Oui mais c'est trop facile à un moment donné.
Roselyne FEBVRE.- Les gens se tournent vers le Front national.
Fadela AMARA.- Oui. Pourquoi ? Il y a une ambiance qui a été construite. Les médias aussi - certains médias - portent une responsabilité. Quand vous êtes systématiquement...
Roselyne FEBVRE.- Voilà. C'est de notre faute.
Fadela AMARA.- Mais non. Ecoutez, vous organisez, vous faites aussi l'opinion publique. Si tous les jours, systématiquement, on sort des affaires qui ne sont pas vérifiées, souvent des rumeurs où il n'y a aucun fait réel, juridique, monté, au bout d'un moment on se retrouve dans une situation où, que vous le vouliez ou non, on met le doute dans la tête des Français. A partir de là, ils se disent : « Mais qu'est-ce qu'il se passe ? Pourtant il m'avait l'air bien, celui-là. Ah mais il a fait ça ? » Comme si c'était une preuve.
Roselyne FEBVRE.- Tous pourris ?
Fadela AMARA.- Du coup, on construit le « tous pourris ». Et ça me rappelle - vous allez vous en souvenir - parfaitement...
Roselyne FEBVRE.- Le septennat de Mitterrand.
Fadela AMARA.- Non. C'était valable aussi à gauche. Il y a eu des affaires à gauche. Peu importe. Ça me rappelle le slogan du Front national à une certaine...
Roselyne FEBVRE.- « Tête haute, mains propres ».
Fadela AMARA.- Exactement. Voilà. Cela veut dire que l'on porte cette responsabilité de construire justement l'autoroute. Ils n'ont plus rien à faire. Ils n'ont aucun programme ni rien. Ils ont juste à ramasser.
Roselyne FEBVRE.- Mais ce n'est pas la responsabilité des médias, Madame Amara.
Fadela AMARA.- La responsabilité des médias est engagée à partir du moment où on ne vérifie pas les dires. Il faut avoir une éthique et une déontologie dans la vie. Moi, je suis attachée à la liberté d'expression. Je défendrai toujours les journalistes sur leur capacité à s'exprimer. Mais il faut qu'il y ait de la déontologie, de l'éthique et qu'ils vérifient les faits.
Roselyne FEBVRE.- Merci Fadela Amara.
Fadela AMARA.- Merci à vous.
Roselyne FEBVRE.- Bon courage et bonnes vacances.
Fadela AMARA.- Oui. J'espère !
Roselyne FEBVRE.- Vous partez où ?
Fadela AMARA.- Je vais peut-être aller une petite semaine en Algérie voir ma famille.
Roselyne FEBVRE.- Merci. A bientôt. Dans quelques instants Marine Le Pen. A tout de suite dans « Politique ».


























Commentaires (1)
TIENT..
BON VOYAGE...VOIR SI TU RETROUVES LE CHEMIN...
FADELA...
AL RAITA
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