Dernière modification : 16/07/2010 

- Barack Obama - États-Unis - Wall Street


Obama tient son ambitieuse réforme de Wall Street

Le Sénat a adopté cette nuit la plus vaste réforme du système financier américain depuis les années 1930. Une seconde victoire législative après la réforme de la santé et un bol d’air politique pour un Obama en délicatesse dans l’opinion.

Par Achren VERDIAN (vidéo)
FRANCE 24 avec dépêches (texte)
 

C’est un texte de plus de 2300 pages, au nom obscur - la loi Dodd-Franck, des noms de ses deux principaux rédacteurs - et aux dispositions techniques. C’est aussi la plus importante réforme de Wall Street depuis les années 1930 et un texte emblématique de la législature Obama.

En adoptant par 60 voix contre 39 la loi de régulation financière, le Sénat permet au président de tenir la promesse qu’il avait faite aux Américains au plus fort de la crise des "subprimes" : encadrer les pratiques boursières pour éviter que les irrégularités ne puissent mener à une crise de l’ampleur de celle qui agite la finance mondiale - et américaine - depuis 2008.

"Cette loi veut dire qu'on va finir de jouer à la roulette avec l'argent"

"La réforme va mettre fin aux affaires louches qui ont mené à cette crise", a ainsi déclaré Barack Obama. Une réforme qui consiste en une série de mesures qui parlent moins à l’Américain moyen qu’aux spécialistes de Wall Street : d’après un sondage Ipsos publié jeudi, 38% des Américains n’ont pas entendu parler de la réforme et 33% n’en comprennent pas le contenu. Il faut dire que le sujet est ardu... Voici les principaux  points:

• Limitation des activités de trading jugées risquées (réglementation des produits dérivés ; fonds spéculatifs ou hedge funds soumis à l’autorité de la SEC, l'autorité boursière américaine ; encadrement de la titrisation de prêts immobiliers).

• Création d’un Conseil de surveillance de la stabilité financière, chargé d’anticiper les risques financiers et de coordonner les actions.

• Meilleure protection des consommateurs, avec la création d’un bureau au sein de la Banque centrale chargé de gérer les produits financiers de consommation courante (prêts immobiliers, cartes de crédit…)

• Fin de la mise à contribution des contribuables en cas de sauvetage financier : ils ne pourront plus être sollicités pour sauver des entreprises financières en difficulté.

Il reste à présent au président Obama à promulguer ce texte, obtenu au prix d’une longue bataille dans les rangs du Sénat, car les républicains estiment que la loi Dodd-Franck étend la bureaucratie de l’État fédéral et le contrôle public sur un secteur privé. Trois élus républicains ont pourtant voté la réforme, offrant à Obama sa deuxième grande victoire législative cette année après celle de la réforme de la couverture maladie en mars.

Une victoire qui tombe à pic pour tirer le président américain d’une mauvaise passe : même si l’opinion publique, excédée par la crise, soutenait une réforme de Wall Street, la Maison Blanche s’englue dans un taux de chômage de 10% et une marée noire dans le golfe du Mexique dont Obama paye la gestion.

De quoi donner un peu d’espace à Obama en attendant la principale échéance politique de son quinquennat, les élections de mi-mandat (mid-term) qui se déroulent en novembre.

Commentaires (4)

Réforme financière Wall Street

Le résumé est correct mais quand je lis la presse européenne, je m'aperçois de ce que les opinions sont très réservées. En premier lieu, le fait de ne pas revenir sur la distinction entre banques d'investissement et banques de dépôt, laisse intact la structure de leur système. Certes, les manipulations des hedge-funds sont-elles limitées à un pourcentage étroit soumis à surveillance mais en deuxième lieu, le fait de créer deux nouvelles agences de "contrôle" permettra aux banques de choisir l'organisme qui leur parait le plus souple (du moins je le suppose).De ce côté ( seulement) c'est un point que les républicains ont fait valoir, non sans raison.
Quoi qu'il en soit, nous sommes très loin de l'esprit de la Glass-Stegall Act abrogée par le Pdt Démocrate Bill Clinton et rien ne nous met à l'abri de l'imagination des banquiers américains.
Quant à l'Europe, il me semblait que le tandem Franco-Allemand avait manifesté une certaine volonté d'action commune mais qui paraît avoir disparu avec le dernier G.20, machine coûteuse à grand spectacle.
Il y a probablement un certain progrès mais il sera très vite contourné par le système bancaire en attendant que les Américains ne se posent en champions de la démocratie et ne tentent de nous imposer une structure similaire.
Mais où va l'Europe ?
Gregor

Enfin une vrai réforme

la France ferait bien de prendre la leçon d'une réforme de fond menée à bien. Il ne s'agit, là, de réformettes menées à la va vite que nous connaissons depuis quelques années. Obama défend les intérêts de son Pays, lui. la loi Dodd-Franck évitera, sans aucun doute les dérives désastreuses pour l'économie réelle du capitalisme financier "roi" et dont nous subissons les outrages depuis 2008.

Sur la réforme de Wall Street

Bonsoir.Je pense que c'est une très promettante réforme que le président américain a adopté. Les points soulevés dans cette réforme sont en effet une étape vers une Amérique plus transparente dans la gestion financière de ses ressouces aussi bien publiques que privées. Et c'est ça même l'originalité de cette réforme.

question

quel est l'objectif de cette reforme et pourquoi cette reforme

Réagir à cet article
To prevent automated spam submissions leave this field empty.

Sur le même sujet

 
 
 
Fermer