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Afrique

Le président Bachar al-Assad célèbre une décennie au pouvoir

©

Vidéo par Sonia DRIDI

Texte par Dépêche

Dernière modification : 18/07/2010

Pour fêter ses dix années à la tête du pays, le président syrien al-Assad s'est engagé dans un processus de rapprochement avec l'Occident dont les rapports s'étaient refroidis en raison des liens que la Syrie a tissés avec L'Iran ou le Hamas.

AFP - Après des années de mise à l'écart marquées par de fortes pressions internationales, le président Bachar al-Assad s'est engagé dans un processus de rapprochement avec l'Occident dont les résultats restent cependant aléatoires.

Bachar al-Assad, qui fête le 17 juillet ses dix ans de pouvoir, a repris langue avec les pays occidentaux en faisant des concessions sur la question du Liban, un pays que la Syrie avait placé sous sa tutelle pendant trois décennies, selon les analystes.

Cela lui a permis de se replacer sur la scène internationale, comme le montre sa réception en 2008 à Paris par le président français Nicolas Sarkozy.

Les relations avec les Etats-Unis ont commencé à s'améliorer avec l'arrivée du président Barack Obama au pouvoir.

Le rapprochement se poursuit mais "la méfiance subsiste" en raison des liens étroits que la Syrie a tissés avec l'Iran et les mouvements libanais Hezbollah et palestinien Hamas, affirme Paul Salem, directeur du centre Carnegie pour le Moyen-Orient.

Ainsi, le président Obama, un démocrate, a renouvelé les sanctions visant la Syrie depuis 2004, en l'accusant de soutenir des organisations "terroristes". Le nouvel ambassadeur qu'il a nommé, Robert Ford, n'a toujours pas rejoint son poste à Damas car l'opposition républicaine bloque sa confirmation.



Le Liban reste la pierre de touche du dégel des relations entre la Syrie et les puissances occidentales. Ce pays "donne une profondeur régionale" à la Syrie qui continue d'y maintenir "une influence importante" à travers ses alliés libanais: le Hezbollah, le chrétien Michel Aoun et le parti Baas, juge M. Salem.

Mais, parallèlement, Bachar al-Assad a reçu à deux reprises à Damas depuis décembre le Premier ministre libanais Saad Hariri qui avait accusé Damas d'être le commanditaire de l'assassinat de son père, Rafic Hariri, en 2005.

Bachar al-Assad maintient également une coopération étroite avec l'Iran en ignorant les appels occidentaux pour s'en éloigner, et a entrepris de s'ouvrir à la Turquie.

Le président Assad mène "une politique médiane" qui n'est plus entièrement dans la "tranchée d'Ahmadinejad", le président iranien, estime toutefois Paul Salem.

Il a ainsi entamé en mai 2008 des pourparlers indirects avec Israël sur le plateau du Golan, par l'intermédiaire de la Turquie, et souhaite à terme des négociations directes.

Il reste beaucoup à faire pour conforter l'ouverture de la Syrie qui "n'est pas encore sortie de l'oeil du cyclone", juge cependant l'analyste Riad Qahwaji, basé à Dubaï.

L'éventualité d'une frappe aérienne (par les Etats-Unis ou Israël) contre l'Iran accusé de vouloir se doter d'un arsenal nucléaire militaire, "suscite des interrogations" sur la position de la Syrie.

"Est-ce qu'elle se placerait aux côtés de son allié iranien? Est-ce que ses dirigeants pourraient lui éviter une guerre?, s'interroge M. Qahwaji, directeur de l'Institut du Proche-Orient et du Golfe pour les analyses militaires (Inegma).

Les informations de sources américano-israéliennes sur l'installation par l'Iran d'un radar en Syrie afin de détecter une éventuelle attaque signifient que la Syrie serait "la première visée", explique-t-il.

Les dirigeants syriens affichent en outre leur déception quant aux chances de réaliser la paix au Proche-Orient sous l'égide américaine, compte tenu de l'enlisement des négociations.

"Quand on n'obtient pas de résultats, on est faible", a déclaré M. Assad début juillet lors d'une visite en Argentine. "Notre expérience avec les Etats-Unis est que ceux-ci ne sont pas capables de gérer un processus de paix du début à la fin."

Sur le plan intérieur, "les espoirs de réformes politiques et de démocratisation soulevés" à l'arrivée du jeune président, qui est né en 1965, se sont envolés, note M. Salem avec l'emprisonnement de plusieurs figures de l'opposition.
 

Première publication : 17/07/2010

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