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EUROPE

Un gel prometteur pour la prévention du sida chez la femme

Texte par Dépêche

Dernière modification : 20/07/2010

D'après une étude rendue publique lundi à Vienne, dans le cadre de la conférence internationale sur le sida, un gel microbicide composé d'un antirétroviral à hauteur de 1 % réduirait de plus de moitié le risque d'infection au VIH.

AFP - Un gel microbicide, contenant un antirétroviral à hauteur de 1%, réduit de moitié le risque d'infection au VIH par rapport à un gel qui ne contient rien, selon une étude rendue publique lundi à Vienne, à l'occasion de la conférence internationale sur le sida.

L'étude, intitulée CAPRISA 004 et commencée le 27 février 2007, a été publiée dans la revue Science. Elle visait à établir l'efficacité et la sûreté d'un gel contenant 1% de Tenofovir, un inhibiteur de transcriptase inverse largement utilisé comme antirétroviral, pour la prévention du virus chez les femmes.

Le programme CAPRISA 004 a été conduit par Salim et Quarraisha Abdool Karim, un couple travaillant pour le Centre pour le programme de recherche sur le sida en Afrique du Sud (CAPRISA) à Durban.

Cet essai de phase 2 --qui vise à établir l'innocuité et l'efficacité d'un produit, sur un échantillon relativement réduit-- a été réalisé auprès de femmes d'Afrique du Sud de 18 à 40 ans séronégatives, sexuellement actives et à haut risque de devenir séropositives.

Parmi elles, 445 ont reçu du gel avec antirétroviral (ARV) et 444 un gel sans produit. Les femmes --qui devaient utiliser une dose de gel environ douze heures avant une relation sexuelle et une seconde dans les 12h après-- étaient suivies chaque mois pendant 30 mois sur leur utilisation du gel et du préservatif, et sur leur vie sexuelle.

L'incidence du VIH a été de 54% plus basse chez les femmes qui faisaient une bonne utilisation du gel, de 38% chez celles qui l'utilisaient moyennement et de 28% chez celles qui l'utilisaient mal. Soit en moyenne une réduction de l'incidence de 39%. Il n'y a pas eu d'effets négatifs ni, chez les femmes infectées, de signe de résistance au Tenofovir.

Cependant, ce gel semblait moins efficace au bout de 18 mois, et 40% des femmes utilisaient le gel moins d'une fois sur deux.

Ces résultats doivent être encore validés dans une troisième phase de l'étude, qui concerne plus de 4.000 femmes et a déjà été engagée.

Selon les responsables de l'étude, ce gel avec ARV pourrait "remplir un manque important dans la prévention contre le VIH, spécialement pour les femmes incapables de négocier avec succès une monogamie mutuelle ou l'usage du préservatif".

"Notre défi maintenant, c'est de comprendre sur quelle base biologique certaines femmes sont infectées en dépit du Tenofovir et surtout d'essayer d'améliorer le suivi du traitement", a déclaré Salim Abdool Karim lors d'une télé-conférence.

Les microbicides sont des produits qui peuvent être appliqués au vagin ou au rectum. Au cours de vingt années de recherche sur le produit, aucun des onze essais de six produits candidats n'a démontré une protection contre l'infection. Certains ont même fait apparaître une surinfection.

Si ce bon résultat se confirme, on peut imaginer que le gel microbicide pourra venir en complément de la circoncision qui protège les seuls hommes, à 60%. Les femmes représentent 60% des cas d'infection en Afrique, continent qui compte 70% des cas d'infection au VIH de la planète.

Première publication : 20/07/2010

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