Rendez-vous

Rejouer


LES DERNIÈRES ÉMISSIONS

À L’AFFICHE !

Huppert et Depardieu dans "Valley of love"

En savoir plus

UN ŒIL SUR LES MÉDIAS

L'Irlande prête à dire "Oui" au mariage gay ?

En savoir plus

JOURNAL DE L’AFRIQUE

Crise au Burundi : Explosion de grenades à Bujumbura

En savoir plus

À L’AFFICHE !

Les 1001 vies d'Abderrahmane Sissako

En savoir plus

UNE SEMAINE DANS LE MONDE

Organisation de l'État Islamique, Ramadi, Palmyre, les jihadistes consolident leur position

En savoir plus

LA SEMAINE DE L'ECO

La croissance verte : une chance pour les entreprises ?

En savoir plus

7 JOURS EN FRANCE

Les coulisses de la gastronomie française

En savoir plus

#ActuElles

Les Méditerranéennes en mouvement

En savoir plus

À L’AFFICHE !

Isabelle Huppert, Gérard Depardieu et "Le Petit Prince" sur la Croisette!

En savoir plus

Asie - pacifique

Un peu de sexe dans un monde de censure numérique

Texte par Sébastian SEIBT , Yi SONG

Dernière modification : 23/07/2010

Depuis début juin, les Chinois ont accès à de plus en plus de sites pornographiques. Un phénomène surprenant tant les autorités ont l'habitude de brandir l'excuse du sexe pour censurer à tout-va.

Depuis début juin, les Chinois ont accès à un nouveau monde sur l’Internet : celui des sites pornographiques. De manière progressive, de plus en plus de sites proposant des vidéos explicites et des images pornographiques échappent à la fameuse grande muraille de la censure internet.

"Début juin, j’ai testé une vingtaine de sites pornographiques et la moitié était accessible. Depuis lors, il y en a encore plus sur lesquels on peut surfer", confirme à France24.com Wen Yunchao, un chef de projet internet basé à Guangzhou. Un autre internaute à Pékin a pu visiter sans problème trois sites, les Américains YouPorn et PornHub, ainsi que le Chinois Xingba ("Bar à sexe").

Feuille de vigne

Cette plongée dans un univers classé X peut sembler trivial pour un internaute occidental. Mais pour les Chinois, c’est une petite révolution numérique. En effet, Pékin a toujours brandi l’excuse du contenu pornographique pour censurer des sites. C’est d’ailleurs officiellement la raison pour laquelle Google est souvent bloqué en Chine : le célèbre moteur de recherche permettrait d’atteindre facilement des contenus "offensant".

L’argument du pornographiquement incorrect a toujours été dénoncé par les organisations de défense des droits de l’Homme. Pour elles, il s’agit d’une feuille de vigne sur des motivations purement politiques. Ce nouvel accès libre à des sites pornographiques apporte de l’eau au moulin de cette thèse. En effet, "Twitter, Facebook, YouTube et Voice of America sont toujours bloqués", rappelle Brendan O’Kane, un traducteur franco-chinois installé à Pékin.

"Se concentrer sur les sites vraiment sensibles"

Pour certains, le timing de cette nouvelle liberté rose pour internautes chinois pourrait ne pas être anodin. "La première fois que j’ai entendu que YouPorn était accessible, c’était le 4 juin, jour de la commémoration du massacre de Tienanmen", raconte Brendan O’Kane. Une coïncidence ? Peut-être. "On disait, en rigolant sur Twitter, que Pékin espérait ainsi acheter la paix sociale."

Une supputation qui en vaut bien une autre, tant la fin de la censure sur bon nombre de sites X paraît difficilement explicable. "La seule raison que je vois, c’est que les autorités veulent libérer des ressources techniques et humaines pour pouvoir se concentrer sur des sites politiquement sensibles", estime Wen Yunchao. Pourtant, bloquer une url sur l’Internet ne demande pas un grand effort technique… Et s’il s’agissait juste d’un problème technique ? "C’est possible, mais ce serait étonnant qu’après autant de temps les autorités n’aient pas réussi à régler le souci", conclut Brendan O’Kane. Pour l’instant, Pékin n’a officiellement fait aucun commentaire sur cette libération sexuelle numérique.

Première publication : 23/07/2010

  • TECHNOLOGIES

    Google contre la Chine, grands principes contre gros sous

    En savoir plus

  • INTERNET

    La Chine annonce 5 000 arrestations en 2009 pour "pornographie" sur le Web

    En savoir plus

COMMENTAIRE(S)