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FRANCE

La CGT de l’ex-usine GM de Strasbourg dépose plainte pour menaces de mort

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 27/07/2010

La CGT, qui s’oppose au rachat du site par le nouveau GM alors que FO, la CFDT et la CFTC y sont favorables, a déposé plainte en fin de semaine dernière, après que des salariés en colère s’en sont pris à certains de ses membres.

Les tensions sont vives dans l’ex-usine GM de Strasbourg, qui joue actuellement son avenir. Neuf délégués syndicaux CGT ont confirmé, ce mardi, avoir déposé plainte pour violences physiques, séquestration et menaces de mort en fin de semaine dernière. "Il y a eu des coups, les délégués ont été retenus à l’intérieur du site sans possibilité de bouger", précise Menouba Arbouche, représentante syndicale de la CGT.

La centrale est accusée de vouloir bloquer un projet de reprise du site, spécialisé dans la construction de boîtes de vitesses automatiques, par General Motors. Le géant américain a, en effet, offert un euro symbolique pour acquérir à nouveau cette unité de production qu'il possédait avant de faire faillite à la suite de la crise économique et financière de 2008. Une opportunité que le liquidateur judiciaire de l'usine, Motors Liquidation Company, espère voir déboucher car jamais, ces deux dernières années, celui-ci n’a trouvé de repreneur sérieux.

L’offre de GM est considérée par une partie des 1150 employés du site strasbourgeois comme celle de la dernière chance, même si elle implique plusieurs concessions sociales comme la réduction du nombre de jours de RTT. Interrogés par référendum sur ce projet de reprise le 19 juillet, les salariés de l'usine l'avaient approuvé et l’affaire semblait entendue...

"La paix sociale"

La CGT, cependant, n'entend pas les choses de cette oreille et continue à s’opposer à l’accord signé par les trois autres centrales syndicales (CFDT, FO et CFTC). Celle-ci estime, en effet, que l’offre de GM ne donne aucune garantie sur le long terme. "La direction a poussé les salariés à s’en prendre directement à nous pour nous forcer à signer", accuse Menouba Arbouche.

"C’est vrai que 250 salariés environ ont acculé les représentants de la CGT contre les palissades et je comprends qu’ils se soient sentis en danger", rapporte Jean-Marc Rulhand, représentant de la CFDT, qui affirme cependant n'avoir pas entendu de menaces de mort alors qu’il était présent sur les lieux. Celui-ci affirme même s'être "interposé pour tenter de ramener le calme".

En théorie, General Motors peut passer outre l’avis de la CGT, mais personne n’y croit. "Ils nous ont clairement fait comprendre que le rachat ne se concrétiserait qu’en cas de paix sociale", explique encore Jean-Marc Rulhand. Le géant américain possède, en effet, une alternative en cas d’échec des négociations à Strasbourg. Il peut notamment augmenter la production de son site au Mexique, qui produit également des boîtes de vitesse. Pur chantage, affirme de son côté la CGT, qui estime que General Motors ne cherche qu'à aligner les conditions de travail en France sur celles du Mexique.

Première publication : 27/07/2010

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