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Amériques

Le Pentagone recherche le responsable de la fuite sur le site WikiLeaks

Vidéo par Axelle SIMON

Texte par Dépêche

Dernière modification : 27/07/2010

Le Pentagone a annoncé lundi qu'il enquêterait sur les fuites qui ont conduit à la publication dimanche, par le site internet WikiLeaks, de milliers d'archives secrètes jetant une lumière crue sur la guerre en Afghanistan.

REUTERS - Le Pentagone a annoncé lundi qu'il lançait une enquête afin d'identifier l'origine des fuites ayant permis au site WikiLeaks de diffuser des dizaines de milliers de documents concernant la guerre en Afghanistan.

Cette fuite représente l'une des plus importantes failles jamais constatées dans la sécurité des données militaires américaines.

Des responsables de la défense ont indiqué que la personne à l'origine de la diffusion des quelque 91.000 documents confidentiels semblait bénéficier d'un accès de niveau "secret", et que d'autres fuites restaient possibles.

"Nous ferons le nécessaire pour tenter de déterminer qui est responsable de cette fuite d'informations", a déclaré Geoff Morrell, responsable des relations du Pentagone avec la presse.

"Tant que nous ignorons qui est responsable, il faut être conscient que d'autres informations peuvent encore être diffusées, ce qui de toute évidence est une source d'inquiétude."

Le département de la Défense a indiqué que l'examen des documents rendus publics par WikiLeaks pourrait prendre "des jours, si ce n'est des semaines", et qu'il était encore trop tôt pour mesurer les dommages subis par la sécurité nationale.

QUEL RISQUE POUR WIKILEAKS ?

Des responsables de l'armée américaine ont toutefois minimisé la portée des révélations apportées par les fuites, et estimé que ces documents étaient surtout des évaluations sommaires reflétant pour l'essentiel les préoccupations officielles du Pentagone sur la conduite de la guerre en Afghanistan.

"L'ampleur (de la fuite), sa portée, sont évidemment alarmantes. Je ne pense pas que son contenu soit très révélateur", a également dit Morrell.

Le Pentagone a refusé de citer les noms de suspects, mais n'a pas voulu écarter une possible implication d'un soldat déjà inculpé pour avoir transmis à WikiLeaks des informations sur la guerre en Irak.

Le "spécialiste" (NDLR: grade de l'armée américaine situé juste au-dessus de celui de soldat de première classe) Bradley Manning a été inculpé ce mois-ci pour avoir relayé une vidéo filmée depuis un hélicoptère lors d'une attaque ayant causé la mort d'une dizaine de civils en Irak, dont deux journalistes de Reuters.

Prié de dire si le site WikiLeaks lui-même pourrait être poursuivi, des responsables du Pentagone ont souligné qu'il était d'usage de poursuivre les personnes ayant provoqué la fuite, mais pas celle s'étant contenté de publier les documents.

"Je ne sais pas ce qui va se passer. Nous arrivons dans un monde tout à fait nouveau, où une organisation dépourvue de jugement éditorial, qui n'est redevable de personne, peut demander des informations confidentielles à n'importe qui dans le monde avant de les publier", a déclaré Morrell.

"Je ne suis pas avocat, mais il va falloir décider s'il doit y avoir un lien légal avec le fait d'encourager un acte criminel", a-t-il ajouté.

L'organisation WikiLeaks se donne pour objectif de dévoiler au grand jour l'existence de comportements immoraux dans le monde politique ou des affaires, un rôle désigné aux Etats-Unis sous le terme de "whistleblower" (donneur d'alerte).

Première publication : 27/07/2010

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